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« C’est sur les épaules de l’évêque que repose l’unité de l’Église »

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Vicaire général du diocèse de Nice, nommé évêque de Viviers, Mgr Jean-Louis Balsa répond aux questions de Nice Matin. Il y fait quelques imprécisions, pour rester dans le moule de la grisaille épiscopale… En effet, cela faisait 10 ans qu’il cherchait à devenir évêque. Ordonné prêtre en 1984, on peut comprendre qu’au bout de 20 années de sacerdoce, il ait eu envie de prendre quelques responsabilités. Mgr Barsi évêque de Monaco, a dû pousser son nom auprès du nonce. Mgr Marceau, installé à Nice depuis mai 2014, a dû le placer pour se débarrasser de ce vicaire général. Moderniste de bon ton, Mgr Balsa a été formé à la Catho de Paris où il a acquis une habilitation au doctorat en théologie.

« Vous êtres le quatrième prêtre du diocèse de Nice nommé évêque ces trente dernières années. C’est une consécration, un moment rare…

Dans une vie quand on devient prêtre, on n’imagine pas devenir évêque. Il y a un mois et demi, j’ai été convoqué à Paris par le nonce apostolique. Il m’a dit : « Le pape vous a nommé évêque de Viviers, il faut me donner votre réponse ». J’ai dit : « Oui ».Toute ma vie, j’ai dit « oui » à ce que l’on me proposait et je ne l’ai jamais regretté.

C’est aussi une lourde charge…

Devenir évêque, c’est un changement de vie, de mission. C’est sur les épaules de l’évêque que repose l’unité de l’Église. Il a pour charge de tenir l’unité des prêtres, celle des paroissiens, qu’il n’y ait qu’une seule et même Eglise. Tenir cette unité et tenir la différence aussi : l’Église n’est pas un monolithe, une pensée unique… L’évêque permet la vie de l’Église à travers les sacrements.

Vous êtes nommé en Ardèche…

L’évêque actuel – François Blondel – a 75 ans et prend sa retraite. Je suis nommé à Viviers. Je n’y ai jamais mis les pieds. Depuis que je le sais, je me suis acheté une carte de l’Ardèche en relief et je rêve, je touche du doigt les reliefs, les vallées, le Rhône… Je rentre dans une histoire, les gens ne m’attendaient pas. Je vais écouter, découvrir. À moi de rentrer dans leur histoire.

Avez-vous un évêque modèle ?

À Nice, j’ai connu cinq évêques très différents. Mgr Marceau est celui qui me montre comment on arrive dans un diocèse. C’est une chance qu’il soit arrivé il y a un an. Il est une espèce de grand frère. À travers ce qu’il fait, il me montre la voie, l’écoute, la fermeté, la prudence. A moi d’en faire quelque chose.

Avez-vous déjà rencontré le pape ?

Jamais. Je le ferai lors de la prochaine session d’évêques à Rome à la rentrée. Il est l’homme qu’il fallait pour aujourd’hui, un homme qui va à l’essentiel, qui ne s’entoure pas de fioritures, qui aime à rencontrer les marges. Le pape François ne brade pas l’Evangile. Il va ouvrir une année sur la Miséricorde et le Pardon.

Comment avez-vous découvert la foi ?

Mes parents étaient catholiques, pas forcément très pratiquants. Ils venaient du Maroc, ils se sont installés à Nice en 1955, l’année de ma naissance, et ont monté un shipchandler [commerce d’articles de marine, ndlr ] en 1960 à Antibes. Mon enfance c’était l’eau, la mer, la plongée avec les copains. Et Dieu. Dieu est une évidence. Je l’ai découvert grâce à Jacques Loussier, un musicien qui interprétait Jean-Sébastien Bach en jazz. Mon père avait des disques à la maison. Et en écoutant cela tout petit, j’ai eu le sentiment de Dieu. Je suis allé à la cathédrale pour apprendre à jouer de l’orgue. Et en fait d’orgue, j’ai découvert le Christ.

Et l’engagement ?

Au lycée, j’ai été très frappé par le sort de certains de mes amis devenus délinquants. Cela a été très loin. La plupart sont morts aujourd’hui. Moi qui avais découvert le Christ, je me disais : « Il faut qu’ils le découvrent aussi pour ne pas rater leur vie. » Le Christ ne permet pas forcément de ne pas tomber mais de se relever… Alors, je leur parlais du Christ. Mais au « Whisky à Gogo »entre deux vodkas orange, cela ne suffisait pas. Il fallait une église. Et puis il y a deux films qui m’avaient marqué enfant : Lawrence d’Arabie, ce type qui bouge seul toutes ces tribus et Jacquou le Croquant avec ce personnage de prêtre formidable. C’est tout cela connecté qui a fait ce choix de vie, un choix de vie positif. J’avais 27 ans. Mes parents m’ont dit : « Est-ce que tu es heureux ? »et ont respecté mon choix.

Vous avez conduit le synode pour les Alpes-Maritimes ?

Cela reste un gros travail intérieur à faire pour l’Église. Bien sûr qu’on n’est pas pour l’avortement ni pour le mariage gay. Mais il ne suffit pas de dire que l’on n’est pas d’accord. Il faut savoir comment on accompagne la souffrance et des états de vie que les gens n’ont pas forcément choisis. Comment le Christ aurait fait cela s’il était là, lui qui n’a accueilli que des gens comme cela. L’Eglise a toujours répondu, a toujours été sur les problèmes de société. »

10 comments

  1. chui Zemmour

    C’est marrant quelqu’un qui cherche à devenir évêque, je lis tous les matins des vies de saints et chacun à qui l’on propose de devenir évêque trouve la charge trop lourde parce qu’il ne s’en trouve pas capable. Ils font preuve d’une très grande humilité. Quant à « c’est sur ses épaules que repose l’unité de l’Eglise » on aimerait que ce soit vrai partout et j’aimerai qu’on me dise à part quelques rares diocèses où certains catholiques parce qu’ils sont plus proche de la tradition ne sont-ils pas traités comme des parias et le mot est faible. Certains évêques et trop de prêtres préfèrent les protestants quand chenets pas pour certains autres les musulmans. Tel évêque qui donne l’accolade à l’imam du coin mais qui se garde bien d’aller visiter les cathos de la messe tridentintine. Alors au boulot mon cher Mgr!

  2. Courivaud

    Oh, quelle insolence dans le commentaire introductif !
    On ne vous en demandait pas tant, mais on ne gâche pas son plaisir après plusieurs mois de commentaires dignes du journal « La Croix », vous savez, ce quotidien ‘classique’ qui a pour mission de ne jamais critiquer les évêques, même si leur magistère déraille franchement et aussi après plusieurs mois de commentaires papolâtres dans votre revue en ligne..

    Heureusement, le synode des évêques à Rome, a libéré la parole et pour parler de votre sujet, on voit bien que le nonce apostolique a bien du souci à se faire (à supposer qu’il se détache de la « ligne du parti conciliaire ») parce qu’en France, la nomination est de plus plus en plus difficile en raison :
    – d’une pénurie de prêtres de moins de 60 et ceux qui « restent » sont encore majoritairement post-soixante-huitards, détestent la culture, détestent le droit, détestent la liturgie et le latin et une théologie magistérielle ;
    – d’un gouvernement qui redevient anti-clérical ; sous peu, nous reviendrons au temps du « discordat » tant vanté par Clemenceau ;
    – d’une bureaucratie envahissante, symbolisée par le CEF, qui coûte cher et ne sert à rien, dans laquelle des « permanents » font carrière et peuvent devenir ainsi évêques.

    Il faudra bien un jour que cette situation explose…..
    Les fidèles peuvent y contribuer, à condition de quitter leurs habitudes (lire « le Figaro », quitter le cocon paroissial, voter Sarkozy, conseiller à leurs enfants de réussir des formations « qui donnent du travail », qui « payent bien » et qui garantissent la réussite d’un mariage, s’il en reste quelque chose, etc.).

    Après l’explosion, on verra, car le Saint-Esprit, comme la nature, a horreur du vide.

  3. Belot

    Je suis fidèle pratiquant du diocèse de Nice. Je ne connais pas le Père Balsa. Je lui souhaite une pleine réussite dans la voie tracée par le Christ.
    Je trouve que Nice Matin à la dent dure. Ce n’est pas de la langue de bois, d’autant que ce qu’ils écrivent semble s’approcher de la vérité.
    Je veux réagir sur la fin de l’interview du Père Balsa lorsque qu’il parle des divorcés et des gays…. des gens comme cela !!!
    Sachez mon père qu’il y a des divorcés et des gays heureux et qui ne souffrent pas de leur condition. Sachez aussi que beaucoup ont leur conscience en paix et se sentent très bien dans leur Église, corps mystique du Christ, et dans leur foi.
    Regardez aussi vers les souffrances que rencontrent beaucoup de couples mariés et tout simplement vers les personnes qui ne sont pas « comme cela » (oui la formule n’est pas très heureuse)…. et par pitié cessez de vous référer sans cesse au Christ. Vous prêtres, évêques, papes et nous fidèles, nous n’en n’avons en rien le monopole.

    Que l’Esprit Saint vous conduise à bon port tout au long de ce ministère qui débute !

    Eric

  4. « Cessez de vous référer sans cesse au Christ »
    Curieux façon de dire pour un chrétien, catholique pratiquant. Si nous ne nous référons pas au Christ à qui devrions nous référer ? Au monde, aux affaires du monde, à Satan, peut-être ? « A qui ririons, Seigneur, tu as les paroles de vie éternelle » ? (Jn 6, 28)

    • Eric

      Ma formule je vous l’accorde était malheureuse ! Je voulais dire qu’il n’avait pas le monopole de la référence au Christ qui est venu pourleSalut de toute l’humanité sans exclusive.

  5. Féru

    Les enseignements du Christ ne sont pas ce à quoi il faut se référer ? Pourquoi ? Pour faire accepter des perversions, des pratiques sexuelles contre nature ?
    Saint Paul dans l’Épitre aux Romains : dans les derniers temps, les hommes délaisseront leurs femmes pour se livrer à des pratiques abominables avec d’autres hommes … ».
    Certains fidèles catholiques ont perdu la raison semble-t-il, ils préfèrent se référer à un humanisme new age qu’aux paroles de Jésus.

  6. Pauvre pécheur que je suis

    Les pharisiens du temps se plaignaient que le Christ mangeait et buvait avec les pécheurs…
    Ils le traitaient de glouton…

    L’Église se doit d’aller vers les pécheurs comme le Christ sans pour autant accepter le mal comme bien et d’en faire la différence…

    il faut aussi garder notre foi de Catholique en rapport aux autres églises + + +

  7. Hervé Soulié

    À lire l’interview de Mgr Balsa, hum… hum…
    Enfin, ne faisons pas de procès d’intention.
    À Viviers, vu le nombre de prêtres et le nombre de fidèles, les deux en dégringolade, il va lui falloir de larges épaules pour promouvoir l’Eglise et son unité.
    Mais on ne peut pas savoir après tout.
    Moi, je lui conseillerais de prendre contact avec la Fraternité Saint-Pierre, ou s’il préfère, avec la Communauté Saint-Martin : bon prêtres, bien formés, courageux, esprit pastoral catholique…
    L’arbre qui repousse à partir de la racine, quoi….
    Surtout pas avec un séminaire diocésain ou interdiocésain, d’ailleurs, il n’y en a plus.

  8. Ardéchoise

     » C’est sur les épaules de l’évêque que repose l’unité de l’Église »
    Alors force et courage pour refaire l’unité dans un diocèse où les laïcs ont pris le pouvoir , poussés par certains prêtres soixante huitard , progressistes, rejetant au passage une bonne partie des fidèles pratiquants .Ces derniers , dans la tradition de l’Eglise, refusant l’interprétation libertaire de Vatican 2, ne supportant plus les messes de style  » kermesse populaire  » , considérés comme rétrogrades , ennuyeux, bornés , pestiférés ne fréquentent plus les messes dominicales .Ils vont chercher ailleurs ce que leurs paroisses ne sont pas capables de leur offrir, car soumises à la dictature de quelques laïcs et prêtres qui détiennent LA VERITE, et qui ne prennent pas la peine de les entendre .
    Heureusement il existe encore des  » bons prêtres » et des lieux de ressourcement !
    Mgr Balsa découvrira ce diocèse où l’unité reste à faire
    Quant à notre évêque émérite , bonne retraite et bon vent !

  9. gégé

    « L’unité de l’Eglise » formule creuse qui n’a aucun sens tant que des évêques et des prêtres ne font rien pour se réconcilier avec les prêtres de la Fraternité saint Pie X.

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