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Comment prêcher sur les divorcés-remariés ?

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Interrogé par La Vie, Mgr Dognin, évêque auxiliaire de Bordeaux, avoue que le passage de l’Evangile qu’il a le plus de mal à commenter est celui-ci :

« Jésus leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle. Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. » » (Mc 10, 11-12)

 Effectivement : comment prêcher sur ce passage quand par ailleurs, un certain nombre de prélats militent pour donner la communion aux adultères ? Ce n’est pas si simple…

15 comments

  1. Hilda

    Bien sur mais Matthieu, en 19,9, rajoute au texte de Marc que Jésus aurait dit « sauf en cas de mariage illégitime ».

    Il me semble qu’il y a là un chemin clairement tracé par l’évangile et organisé dans sa pratique par l’Église tout au long des siècles.
    Dans l’Église l’appréciation de cette « illégitimité » est, sous la présidence de l’Evêque, du ressort de l’Officialité (diocésaine ou inter-diocésaine). Cela doit facilement pouvoir se prêcher je crois.

  2. jejomau

    moi comprendre Mgr… Expliqué à toi :

    Si moi, marié… moi reste fidèle parce que moi et elle faire tout ce qui est possible pour nous aimer… Malgré la vaisselle cassée et turpitudes… SI moi fais kékette avec une paroissienne lambda rencontrée lors d’un « baiser de la paix »… moi avouer que c’est pas bien dans mon cœur parce que ma popone à moi triste… moi gros vilain : Dieu aussi SAIT….Oui , c’est très mal… Mes enfants aussi pleurer beaucoup parce maman eux pleurer… Si moi demander pardon alors toute famille moi joyeuse et faire un grand repas avec plein de fleurs partout… Si moi fais pas çà : c’est grand malheur pour tous !

    Voilà, moi, marié, ai essayé de vous expliquer aujourd’hui l’Evangile de la Vie … C’est bon j’espère .. (?)

    • raoul

      Pourquoi demander aux autres ce que vous voulez faire, adhérer à l’Evangile ou au prince de ce monde: même si on vous le dit vous ferez le contraire; Vous avez une conscience, alors faîtes votre choix selon votre conscience pour le meilleur ou pour le pire.

  3. La doctrine de l’Église est claire, se référant à l’évangile reprenant paroles du Christ Lui-même.
    On comprend assez mal le double langage de certains évêques, pour ne pas dire de nombreux évêques. IL est vrai qu’il s’agit essentiellement de « l’ancienne génération » pour le grand nombre.
    Le Christ en effet est clair chez Mathieu 19/9 « se remarier est adultère ». Mais Il aime et pardonne par amour. Chez Luc 7/48-50, face à la femme pécheresse en pleure (donc repentance); « tes péchés sont remis »  » ta foi t’a sauvé, va en paix ». Un pardon avec absolution que le Christ confirme chez Jean 8/11 : Je ne te condamne pas ( c’est le pardon). Va et NE PÈCHE PLUS » C’est clair, le « ne pèche plus » est tout de même la CONDITION. Le pardon, l’absolution sont étroitement subordonnés à la repentance qui par nature interdit tout adultère, consenti et permanent. Ceux des évêques qui disent ne pas comprendre, sont-ils donc en défaut de repentance pour eux-mêmes?

  4. sygiranus

    De toute façon, c’est AVANT qu’il faut prêcher ! APRÈS, on ne peut qu’expliquer que la vaisselle cassée ne se recolle pas et qu’un mariage en bonne et due forme engage « ad vitam aeternam ». De la forme, on peut juger, du mariage, non ! Il vaut mieux prévenir avant.

  5. Sygiramus a tout à fait raison dans le principe.
    Aussi il faut différencier une faiblesse d’exception pardonnable et un état permanent niant la repentance tel que l’adultère, sujet présent. Dans les conditions actuelles des législations, où la séparation se termine par le divorce, il est aisé de distinguer divorce et remariage-adultère. S’agissant des simples divorcés (si on peut le dire ainsi) la principale interprétation appartient alors au jugement de valeur en fonction de la mesure du scandale local puisqu’il s’agit, in fine, dans ce débat de la communion des remariés que l’on ne peut confondre avec les séparés.

    • sygiranus

      Notons que dans la discipline normale de l’Église, la permission de séparation « de corps » est accordée par l’évêque après étude soigneuse du cas et prise en compte au premier chef du bien des enfants. Le caprice des mariés n’intervient en aucun cas. Maintenant, reconnaissons que ce sont des hommes qui jugent et que la perfection n’est pas de ce monde. Si elle l’était, du reste, ces cas ne se poseraient pas !

  6. Melmiesse

    ,Il suffit de suivre le quotidien des divorcés de son diocèse, ce que j’ai fait par la force des choses ,étant dans l’enseignement dans les années 1970, lorsque les divorces se sont multipliés. On voit des enfants apparemment heureux mais en réalité avec angoisses frustrations révoltes refoulées . Des familles monoparentales sans ressources (mais ou est le père?); des mères qui se remarient pour assurer la subsistance du foyer, mais sans élan (c’est de la prostitution déguisée); des enfants ballotés de la mère au père selon le droit de visite, des enfants avec des préoccupations d’adulte à qui on vole leur enfance; Il me semble que les paroles du Christ sont nettes et claires ; On reconnait un arbre à ses fruits , le divorce est toujours causé par un manque d’amour, quelqu’un en a souffert. Dans les années 70, je n’ai pas entendu protester les évêques , ils n’ont toujours pas compris

    • sygiranus

      Oui, ils ne semblent pas avoir compris que les grâces du mariage sont à enseigner AVANT de façon à en profiter PENDANT et que l’amour sans sacrifice n’en est pas un véritable. C’est ainsi que l’arbre peut porter des fruits nombreux et sains !

  7. Courivaud

    Est-ce franchement une priorité lorsque manque un enseignement doctrinal qui défend et illustre la famille aujourd’hui et son fondement, le mariage ?

    • sygiranus

      Ce n’est une priorité qu’autant que la question se pose (hélas, de plus en plus) mais c’est surtout le manquement volontaire à un enseignement du Christ « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ! » et donc une désunion avec son Corps Mystique, ce qui entraîne la perte de l’état de grâce.

  8. Lemonnier Jean

    Le commentaire mélange la problématique du prêche sur les divorcés – remariés avec celle de la communion.
    Communier au corps du Christ est le Don de Dieu pour tous les hommes pécheurs. Ce qui est certain c’est que tous les hommes sont pécheurs sauf Marie mère de Dieu. Il ne faudrait pas que le Don de Dieu soit réservé au club très fermé des catholiques contents d’eux. Il serait alors confisqué. Nous sommes tous des éclopés de la vie et certains qui ont pu hélas mal préparer leur mariage ne doivent pas être rejetés plus que d’autres.

    • sygiranus

      Pour l’accueil des éclopés de la vie, il y a d’abord le sacrement de Pénitence qui restaure leur dignité d’enfant de Dieu et les réintègre dans son Corps Mystique en leur rendant l’état de grâce, pour autant que leur repentir soit sincère et leur volonté d’écarter le péché, manifeste. Alors seulement, ayant revêtu la robe d’innocence, le pénitent pourra participer au banquet du Seigneur, comme dans la parabole de l’Évangile. L’enfant prodigue, avant de jouir des festivités des retrouvailles, manifeste son repentir avec ferveur : « J’ai péché contre Toi, mon Père ! ». Il peut enfin retrouver sa dignité de fils. A la samaritaine, le Christ dit « Va et ne pèche plus ! »
      Remarque annexe : l’amour ne fait pas le mariage, mais la volonté des parties. !

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