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Communiqué de l’abbé Bouchacourt sur les dominicains d’Avrillé

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Les dominicains d’Avrillé constituent une communauté « dure » dans l’espace du monde catholique traditionnel, et ce depuis plusieurs années. Pour cette raison, l’abbé Bouchacourt, supérieur du district de France de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), a publié un communiqué de mise au point. Outre la mise en cause systématique et violente de Rome, les dominicains d’Avrillé ont plus récemment tiré à boulets rouges sur la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, dont ils dénoncent les compromissions. On sait que les dominicains d’Avrillé n’ont pas hésité à attaquer tout rapprochement entre la FSSPX et Rome, ne se privant pas de reproduire des correspondances confidentielles. Ce reproche de publier aussi librement des textes, sans l’autorisation des intéressés, n’est pas nouveau. Il y a quelques années, ils avaient déjà publié dans leur revue des lettres de l’abbé Berto… Mais c’est surtout sur le fond que les dominicains d’Avrillé suscitaient une véritable réticence. L’aigreur récurrente des publications d’Avrillé a fini par créer un malaise qui n’a cessé de croître dans les milieux proches de la FSSPX. Des prêtres et fidèles ont même pris leur distance avec une communauté qui semble s’enfermer dans un combat purement idéologique. On sentait le malaise, mais on n’osait pas encore en parler pour ne pas écorner l’unité autour de la FSSPX… Cependant, la violente crise de 2012, les attaques contre Mgr Fellay, les départs de certains prêtres au profit de la « résistance », puis le sacre de Mgr Faure ont créé une situation nouvelle où les langues se délient. Les dominicains d’Avrillé ont romu avec Menzingen depuis le début de l’année 2014. Cette aile dure étant désormais en-dehors de la FSSPX, il est donc plus facile de dénoncer les errements de ces groupes, dont on peut se demander s’ils ne finiront pas dans le schisme et dans la secte… En revanche, on ne peut être que rassuré par le ton prudent et les refus des vaines polémiques de la part des responsables de la FSSPX. Deo gratias !

Nous reproduisons le communiqué de l’abbé Bouchacourt:

Communiqué de M. l’abbé Bouchacourt

1. Depuis plus d’un an, les pères dominicains du Couvent d’Avrillé propagent et entretiennent la défiance vis-à-vis des autorités de laFraternité Saint-Pie X, spécialement à l’égard de Mgr Fellay et de la Maison Générale. Au cours de conférences, dans des publications et sur leur site internet, ils accusent les supérieurs de la Fraternité Saint-Pie X d’abandonner le bon combat de la foi pour entraîner cette dernière vers un accord à tout prix avec les autorités romaines. Nous avons essayé, en vain, lors de diverses rencontres, de leur prouver le contraire et de leur montrer combien leur attitude mettait en péril l’unité de la Tradition, en semant le doute et la division. Ce communiqué veut rétablir la vérité afin de défendre l’honneur de nos Supérieurs et celui de notre famille sacerdotale.

2. Les faits marquants de cette opposition de plus en plus ouverte ont été les suivants :

– le dimanche 19 janvier 2014, les pères dominicains distribuent aux personnes venues assister à la messe au Couvent d’Avrillé, l’ « Adresse aux fidèles », un texte rendu public le 7 janvier précédent et accusant la Maison Générale de Menzingen de faire « le chemin inverse » de celui accompli jusqu’ici par Mgr Lefebvre, « en se rapprochant de la Rome moderniste » et de s’obstiner « dans cette voie qui conduit à la mort » ; les pères d’Avrillé figurent parmi les signataires de ce texte ;

– le même jour, le père Pierre-Marie donne une conférence aux fidèles venus à Avrillé, afin d’expliquer et de justifier le bien fondé de cette « Adresse aux fidèles » ;

– le texte de cette « Adresse aux fidèles », accompagné d’une introduction justificative, est publié dans Le Sel de la terre, n° 88 (printemps 2014), p. 138-139 ;

– la correspondance confidentielle échangée avec Mgr Fellay, suite à la publication de l’ « Adresse aux fidèles », est publiée dans Le Sel de la terre, n° 89 (été 2014), p. 215-220 ;

– les pères dominicains prennent position en faveur de la consécration épiscopale de Mgr Faure le 19 mars 2015 et publient un long dossier justifiant cet acte dans Le Sel de la terre, n° 92 (printemps 2015), p. 139-169.

3. Comme tous les signataires de l’ « Adresse aux fidèles », les pères dominicains d’Avrillé ont estimé devoir présenter « non une déclaration de rupture avec la Fraternité Saint-Pie X mais au contraire le témoignage public de leur attachement ferme et fidèle aux principes qui ont toujours guidé Mgr Lefebvre dans le combat de la foi ». Mais ils sont ainsi dans une illusion totale et y entraînent tous ceux qui les suivent. Car ce combat de la foi, Mgr Lefebvre l’a toujours mené non seulement dans la fidélité doctrinale à la Tradition, mais aussi dans l’ordre, dans l’unité et dans la paix, dans l’esprit d’obéissance. Les pères d’Avrillé ne sont pas fidèles à ces principes, car ils dénigrent l’autorité du successeur de Mgr Lefebvre et jettent la suspicion sur les actes de son gouvernement, pour créer une dialectique entre les membres de la Fraternité et leurs supérieurs, opposant même les prêtres entre eux. Pour se détacher d’une autorité, il faut que celle-ci pousse effectivement à pécher contre la foi ou les mœurs. Or les dominicains d’Avrillé sont incapables de montrer quels sont les actes posés par le Supérieur Général qui manifestent que « Menzingen est en train de trahir le combat de la foi». Ce n’est donc pas la Maison Générale qui est en train de trahir ce combat de la foi, ce sont ceux qui  s’intitulent « résistants » qui l’affaiblissent par leurs manœuvres subversives.

4. La consécration d’un évêque par Mgr Williamson ne se justifie nullement. Quels que soient les mauvais prétextes par lesquels on essaye de la rendre plausible, elle ne fait qu’aggraver cet esprit d’indépendance et de division. Mgr Lefebvre s’est toujours exprimé très clairement pour nous mettre en garde contre un pareil état d’esprit. « C’est le Supérieur Général », disait-il lors d’une réunion tenue à Ecône, le 4 juillet 1988, « qui entretient les liens avec Rome et, en un mot,prend la responsabilité de la Tradition, car c’est la structure de la Fraternité qui existe aux yeux de l’Eglise. Nous n’avons jamais voulu d’une organisation de la Tradition ni d’une présidence d’une telle association ;mais il n’en reste pas moins que de facto la Fraternité est la colonne vertébrale de la Tradition, son instrument providentiel, sur lequel doivent s’appuyer toutes les initiatives de Tradition ». En cautionnant le sacre épiscopal de Mgr Faure, les pères dominicains d’Avrillé se font les complices d’une œuvre néfaste et portent un préjudice grave au bien commun de la Tradition, d’autant que la seule raison invoquée pour justifier cet acte repose sur l’accusation sans preuve que la Fraternité Saint-Pie X aurait abandonné le combat de la foi.

5. Il est évident qu’aucun Supérieur, responsable devant Dieu du bien de son district, ne peut rester sans réagir devant ces prises de position répétées. Nous ne pouvons laisser s’installer dans nos rangs la méfiance, la division, l’esprit de parti et de dénigrement. Il y va du bien commun du troupeau et le premier devoir d’un pasteur est de préserver son unité et sa cohésion, en le mettant hors d’atteinte de ces fauteurs de trouble.

6. Par conséquent, en présence de tant d’accusations mensongères, le District de France ne peut plus soutenir la communauté des dominicains d’Avrillé qui, par ses menées subversives, sème le doute et la division dans les rangs de la Tradition et affaiblit ses forces.

7. Cette situation est bien regrettable. Que le Saint-Esprit éclaire le Supérieur de la communauté des dominicains d’Avrillé et que Notre-Seigneur et Notre-Dame nous gardent dans l’unité de la vérité et de la charité, fidèles au bon combat de la foi mené par Mgr Lefebvre, pour l’honneur du Christ Roi, celui de la sainte Eglise et le bien de nos âmes.

Abbé Christian BOUCHACOURT, Supérieur du District de France de la FSSPX,

le 1er juillet 2015 en la fête du Très Précieux Sang de Notre Seigneur

9 comments

  1. Yves

    A intégriste, intégriste et demi.
    A groupuscule, groupusculet…
    Et les messages entre intégristes et super-intégristes ne sont pas plus tendres que ceux entre conciliaire et traditionalistes… Masquez les noms propres, et vous pouvez pas croire qu’il s’agit d’un texte de Rome au moment des consécrations de 1988.

    L’unité n’est pas encore à portée de main. Toutes nos prières ne seront pas de trop pour y parvenir…

    • Pio

      Tout à fait d’accord, ce seul communiqué peut contribuer donner raison aux Dominicains d’A. c’est fou ce que ça ressemble aux mises au point de 1988 au moments des sacres.

  2. Laurent

    Pas du tout d’accord. L’oubli du danger qu’aurait représenté l’absence d’évêques pour la tradition est passé par là. Aujourd’hui… tout va bien, la FSSPX et l’ensemble des communautés Ecclesia Dei sont toujours là et même reconnues comme telles par Rome. Merci les sacres de 1988 !
    Aujourd’hui, ce que font ou vont faire les Dominicains et leurs amis de la « résistance » ne possèdent pas la portée universelle de 1988 et reste assez… individuel.

  3. DUFIT THIERRY

    Il est tout à fait déplorable que les « ultra intégristes » cherchent à semer la division dans la Tradition mais ce n’est pas nouveau.
    Déjà dans les années 80 les sédévacantistes -proclamant urbi et orbi sous peine d’être schismatiques que le pape était un imposteur – avaient fait beaucoup de dégâts dans la Fraterenité St Pie X (surtout aux USA).
    En 2009 nous avons eu Mgr Williamson qui dans le but de démolir la Fraternité St Pie X et tout rapprochement avec Rome a fait des déclarations devant les caméras de télévision qui ont provoqué un énorme scandale.
    Le fait que les dominicains d’Avrille se mettent sous l’autorité de cet évêque extravagant et très marginal prouve un manque de jugement de leur part.
    Malheureusement les hommes restent des hommes et les meilleurs -on sait tout le bien qu’ont fait les dominicains d’Avrillé dans le passé- peuvent tomber par orgueil.

  4. Christian

    Cette décision de la part de la FSSPX était attendue depuis des années !
    Même avant ces histoires de 2012, les dominicains jouaient bande à part.
    Ce communiqué était inévitable.

    • Luc

      Christian, il ne vous est jamais venu à l’esprit que la FSSPX n’a justement rien à « décider » concernant des dominicains? Elle n’a absolument aucune juridiction, aucun pouvoir sur eux. Vous dites qu’ils « faisaient bande à part »? Eh bien oui, c’est exactement ça: ils ne sont soumis en rien à la FSSPX et celle-ci a commis ces dernières années de nombreux actes totalement arbitraires s’attribuant un pouvoir à leur égard. C’est comme si un supérieur dominicain décidait d’intervenir dans un couvent franciscain. On croit rêver!
      Je suis très loin d’apprécier ces dominicoquins de la Haye aux Vipères mais la FSSPX est largement dans son tort elle aussi.

  5. i
    la cause fondamentale de tous ces conflits d’autorité est qu’il n’y a plus d’Autorité. Le couple Liberté/Autorité, sous-tendu par la VÉRITÉ, ne fait plus sens pour nos contemporains depuis notre défaite de la guerre civile de 1789.
    (les hommes d’Eglise ne sont pas de création « ex-nihilo », ils ont grandi dans une société française laïcisée à l’extrême depuis la période post-conciliaire singulièrement).

    Rome ne nomme quasiment plus d’évêques exerçant une fonction d’Autorité au service de la VÉRITÉ, ceci depuis fort longtemps, …depuis le concordat napoléonien (1801) qui obligeait Rome à obtenir l’aval du pouvoir politique pour la nomination des évêques de France.

    Depuis Vatican II, qui a scellé (durablement et au moins jusqu’à ce jour) l’alliance putative des hommes d’Eglise avec « le siècle », avec la souveraineté de la Nation négatrice de la souveraineté de Dieu dans les cœurs et la cité, avec la République laïque qui veut l’Homme autonome, rien ne s’oppose plus à la fabrication d’une société débarrassée de la religion, …sauf que l’homme reste un « animal religieux ». (…)

    Les évêques sont devenus des « suiveurs » d’un peuple, peu ou prou formaté par la « pensée unique », autonome du décalogue et de l’Eglise, qui imbibe tant et plus la société française… y compris eux-mêmes !
    l’Eglise est sociologiquement en voie de disparition, corollaire : rien ne semble devoir arrêter la marche triomphale et triomphante de la république, vitrine politique de la Révolution (sans Dieu ni Maître).

    Aussi longtemps que ce diagnostic ne sera pas pris en compte, les « guéguerres », des hommes d’Eglise entre eux, resteront pitoyables et sans influence sur le tsunami laïciste qui nie les promesses du baptême de Clovis et la civilisation française à son apogée au XVIIs.

    LEON XIII, qui a commis l’erreur du ralliement en 1892, a eu cette parole prophétique le 21 avril 1903 :  » la France reviendra aux traditions de Saint Louis ou elle périra dans la honte et la ruine » : nous y sommes !

  6. hermeneias

    Bref « Dieu reconnaitra les siens » …..

    Y compris chez les « conciliaires » qui ont aussi leurs « intégristes »…. Cela se complique !

  7. Pingback: Divisions chez les "lefebvristes" ? - Riposte-catholiqueRiposte-catholique

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