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Confessionnal, un monde de souffrance se déverse

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La mission de Padre Pio et de Léopold Mandic était « un vrai martyre et je crois que ces deux saints ont été spirituellement deux martyrs de la confession », déclare le père Raniero Cantalamessa.

À l’occasion de l’exposition des dépouilles des saints Pio de Pietrelcina et Léopold Mandic à Saint-Pierre de Rome, le prédicateur de la Maison pontificale et capucin a parlé de ses célèbres confrères à l’antenne de Radio Vatican. Les reliques sont aujourd’hui reparties à Pietrelcina et San Giovanni Rotondo pour Padre Pio et à Padoue pour Léopold Mandic.

« Padre Pio est un martyr de la confession, a affirmé le père Cantalamessa, car contrairement à ce que disent les gens – qui pensent qu’écouter les péchés des autres est un plaisir –, pour un prêtre, la confession est un ministère des plus lourds, des plus écrasants. » Être dans un confessionnal « ne signifie pas simplement écouter les péchés des personnes, a-t-il ajouté, c’est tout un monde de souffrance qui se déverse sur le prêtre ».

En tant que confesseurs, « le père Léopold et Padre Pio étaient effectivement différents, a continué le prédicateur de la Maison pontificale, mais ils se rejoignaient en ce sens que le Seigneur utilisait le caractère de chacun pour obtenir les résultats qu’il voulait : le père Léopold était un homme généreux, bon, accueillant avec tout le monde, tellement généreux que certains lui reprochaient même d’en faire trop. Padre Pio, lui, au contraire, on sait qu’il lui arrivait d’accueillir les pénitents de manière un peu brusque, qu’il les renvoyait parfois de façon désagréable et sans absolution ».

Le père Cantalamessa a expliqué cette différence par « un don mystique » de Padre Pio : « Il savait scruter les cœurs. » « Il lisait dans les cœurs, savait qu’en traitant les personnes de cette façon, il les ferait mieux réfléchir et les inciterait à être moins superficiels », a-t-il souligné.

Selon le père Cantalamessa, les prêtres doivent « imiter Padre Pio ». « Surtout dans son héroïque dévotion au Saint-Sacrement, a-t-il ajouté, mais en laissant ces manières brusques aux saints mystiques qui savent comment s’en servir. »

L’exposition des reliques de saints Pio de Pietrelcina et Léopold Mandic à Rome est « un grand événement, une grande joie pour tout l’Ordre », a dit le capucin italien. « Sans tomber dans le triomphalisme (…) nous sommes heureux d’avoir donné à l’Église – surtout en cette Année de la miséricorde – deux personnes qui sont de vrais modèles de confesseurs miséricordieux. »

En ce qui concerne la réaction de certains médias qui considèrent l’accueil des dépouilles des deux saints comme un retour au Moyen Âge, le père Cantalamessa lance avec humour : « Cela pourrait vouloir dire aussi que saint François est de retour ! Le grand saint François était de cette époque… Parler de Moyen Âge est donc très ambigu, car c’est peut-être une très bonne chose aussi, une chose positive. »

« Certes, la piété populaire a des caractéristiques qui ne sont pas faites pour satisfaire les fines bouches, les bouches dites “cultivées”, voire sécularisées de notre monde, a-t-il continué. Mais mépriser ce que le peuple aime est, à mon avis, une insulte contre lui. » « Je voudrais avoir suffisamment de simplicité pour pouvoir imiter ces gens qui ont confiance en Dieu et croient en l’intercession des saints », a ajouté le père Cantalamessa.

Il a encore une fois averti contre la réaction des médias en parlant de la figure du pape François. Les médias « ne parlent pas de la foi profonde du pape et cela change tout, a-t-il déclaré. C’est évident, tout ce qu’ils captent est faussé dès le départ, parce qu’ils ne partagent pas les motivations du pape. Donc, au lieu de s’en tenir à ce que rapportent les journaux, les gens devraient plutôt aller voir ce que le pape fait et dit réellement ». Le pape « a la force et le courage d’écourter les délais et de réaliser ce que tout le monde, depuis longtemps, savait qu’il y avait à faire », a affirmé le père Cantalamessa.

« J’avais connu le pape avant qu’il ne soit élu, a-t-il raconté, et j’avais été très impressionné par son humilité, sa simplicité, mais à présent je sais ce qu’il y a derrière : il y a un homme de Dieu qui est à mon avis, un don immense pour l’Église. Qu’il nous entraîne sur les traces de l’Évangile, c’est indiscutable ! »

 

Source Zénith

1 comment

  1. Le confesseur qui vous rabroue et vous menace de ne pas donner l’absolution faute de vrai repentir… C’est une arme à double tranchant. J’ai connu le cas très ancien d’une jeune fille qui n’allait pas à la messe le dimanche. Elle s’en accuse en confession. Le prêtre lui refuse l’absolution et lui demande de revenir quand elle sera allée à la messe le dimanche quelques fois. C’était une époque où il y avait un jeûne eucharistique sérieux, donc elle pouvait assister à la messe sans communier et sans pour autant apparaître comme une bête curieuse.

    Devant ce refus, la personne peu instruite, se cabra et ne pratiqua plus jamais de sa vie. Il est vrai que son péché était douteux puisqu’elle était très jeune et appartenait à un foyer non-pratiquant. Il lui aurait fallu partir seule à la messe et laisser tout le monde sur place… Alors que ceux qui remplaçaient ses parents décédés, auraient ouvert de grands yeux… voire auraient fait des réflexions désagréables…

    Peut-être faudrait-il que devant des personnes timorées ou souffrant de situations inconnues du prêtre, il serait bon que le prêtre se mette à interroger le (la) pénitent(e) sur son environnement, sur ses antécédents et juge en conséquence de l’existence du péché dont le pénitent peut s’accuser à tort. Très délicat tout ça ! Je ne mésestime cependant pas la difficulté des confessions pour les prêtres confessant et je les remercie. Ils m’ont déjà rendu d’immenses services que je ne pourrais jamais leur rendre. En remerciement je prie pour eux.

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