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Conflit entre le diocèse et l’organiste de la cathédrale d’Angers

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Henri-Franck Beaupérin, titulaire du grand orgue de la cathédrale de Saint-Maurice d’Angers, a reçu sa lettre de licenciement de  l’association diocésaine. Il a passé un entretien préalable au licenciement le 26 juillet. Sur le site des grandes orgues de la cathédrale, Henri-Franck Beaupérin présente :

Le visiteur qui, entrant dans la cathédrale, se retourne et contemple le grand buffet d’orgue est saisi par son exubérance baroque, qui contraste tant avec la rigueur romane du porche qu’il vient de franchir.

Il faut s’attarder pour en discerner les détails d’ornementation : au-delà des quatre atlantes hiératiques qui portent la tribune, et des chérubins qui semblent soutenir les grandes tourelles du corps principal — deux autres, invisibles d’en bas, paraissent veiller sur l’organiste au-dessous de la tourelle centrale — l’œil met du temps avant de discerner les grappes fleuries qui descendent le long des montants, les angelots musiciens qui peuplent l’entablement sous les grandes plates-faces, ou ces autres qui, dans les claires-voies supérieures, semblent menacés par deux dragons descendant des proches tourelles, le grand ange musicien qui tout au sommet, embouche triomphalement l’une de ses deux trompettes, les trophées d’instruments de musique qui couronnent les tourelles latérales, ou encore ces plantureux troncs de palmiers qui encadrent les portes d’accès à la tribune…

L’histoire est longue de ces orgues, depuis celui que touchait déjà Pierre Cholet en 1369, en passant par celui qu’édifia Jean Chabencel en 1418, celui qui, un siècle plus tard, fut offert par la reine Anne de Bretagne, instrument tant admiré, tant de fois sinistré, tant de fois rené de ses cendres, et dont le chroniqueur nous a laissé une estampe évocatrice… jusqu’à celui-ci, sculpté en 1748 par Pierre-Etienne Surugue, entièrement reconstruit au XIXe siècle par Aristide Cavaillé-Coll, agrandi encore après la dernière guerre…

L’organiste qui emprunte l’escalier de la tour sud, celui-là même qui, au-delà, conduit aux tours des cloches et aux charpentes, parvient devant la console aux trois claviers, dont les lignes modernes contrastent étrangement avec les boiseries séculaires du buffet. Là, il donnera vie aux 4700 tuyaux qui peuplent le corps de l’instrument : limpidité des flûtes harmoniques, chaleur du chœur des fonds, lumière tamisée ou rayonnante des pleins-jeux, majesté du grand-chœur, fierté des chamades… Synthèse de sept siècles d’un artisanat d’art au service d’une musique qui parle autant au cœur qu’à l’âme.

Il y aurait une mésentente entre l’organiste et le curé de la cathédrale. Du côté de l’évêché, on tient à en rester aux faits, sans entrer dans les détails.

Mais les paroissiens ne sont pas de cet avis et préparent une pétition qu’ils envisagent de faire signer,  dimanche, à la sortie de la messe.

« Cette mesure prise abruptement, sans que les paroissiens aient été consultés, prive la cathédrale d’un artiste éminent dont la notoriété internationale fait la fierté d’Angers depuis 18 ans ».

L’organiste, né à Nantes voici 48 ans, lauréat de plusieurs concours internationaux, joue régulièrement dans des festivals en Europe, Asie et Amérique. C’est en 1998 qu’il avait été nommé titulaire du grand orgue Cavaillé-Col de la cathédrale.

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