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Un curé du diocèse de Verdun défend la fête de l’enfer

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Sur Aleteia, l’abbé Monnier, curé du diocèse de Verdun, encourage à aller au Hellfest !

Heavy metal : synonyme de drogue, dépravation morale, en un mot : satanisme… de quoi faire réagir les milieux catholiques, non ? D’autant plus que (soyons honnêtes !) cela redonne un motif de croisade à certains idéalistes en manque. Mais la croisade religieuse contre le metal n’est certainement pas une bonne réaction.

De quoi s’agit-il ?

La bonne question est celle-ci : devons-nous nous engoncer dans la réaction épidermique ou viscérale, signer des pétitions et écrire des articles sans rien connaître de ce dont on parle ? Ne pourrions-nous pas plutôt profiter de cette engouement pour le metal pour réfléchir à l’évolution de notre société ?

Pour ma part, j’opte pour la seconde solution. Alors j’observe. La musique metal est une musique riche et complexe. Et surtout, c’est une musique contemporaine. Or, le principe de l’art contemporain n’est pas de rechercher ce qui est beau, mais de s’exprimer. Le « satanisme » déployé dans le metal n’est pas antireligieux, mais anti-convenances. Le milieu metal est un milieu athée, mais paradoxalement pourvu d’une grande culture religieuse. Dans le metal, Satan est perçu comme un diable anti-Nabilla, et non l’adversaire de Jésus. Pour la simple raison que nous vivons dans un monde qui connaît beaucoup mieux Nabilla (starlette pailletée de la téléréalité) que Jésus-Christ. Le diable devient alors une bannière, un registre iconographique déployé pour exprimer un mal-être, et dénoncer les niaiseries manipulatrices diffusées par la télévision.

« Trois décennies de catéchèse « rose bonbon » ont contribué au fait que j’écoute du metal tous les jours

La première chose à faire, c’est certainement de prier. Prier pour cette jeunesse qui trouve dans la musique metal une manière d’exprimer son mal-être. Mais prier aussi pour des générations dépourvues de culture religieuse, ce qui inclut des générations plus anciennes, d’ailleurs. La seconde chose à faire, c’est de réfléchir : comment en est-on arrivé là ? Et pourquoi pas nous remettre en question : les chrétiens ont-ils une responsabilité dans les multiples causes qui ont engendré ce mouvement musical et culturel ? Si oui, force est de reconnaître une certaine hypocrisie de la part de ceux qui hurlent au scandale… Personnellement, je dirais que trois décennies de catéchèse « rose bonbon » ont bel et bien contribué au fait que j’écoute du metal tous les jours. Mais surtout, avant de prier et de réfléchir, il est urgent de décrisper ! Décrisper pour prier paisiblement, et décrisper pour réfléchir efficacement.

Nous avons le devoir, en tant que chrétiens, de prendre du recul et d’essayer de comprendre la société actuelle. La musique metal fait partie des phénomènes de société à comprendre, pour faire avancer les choses. Et à contrario, je constate trop souvent combien les chrétiens sont vivement réactifs vis-à-vis de beaucoup phénomènes actuels, réactivité due à la peur, peur due à la méconnaissance quasi-totale de la culture contemporaine.

Il faut donc prendre conscience que, dans la musique metal, satan est une bannière, un mode d’expression. Le père Robert Culat, du diocèse d’Avigon, a écrit un essai sociologique sur le metal. Il y dit très clairement : « Dans nos sociétés occidentales postmodernes, c’est le satanisme implicite qui est roi. Ce qui signifie que dans les choix de vie quotidiens, dans les actes, beaucoup de nos contemporains, indifférents ou athées, adoptent des « valeurs » sataniques sans même le savoir : individualisme, égoïsme, esprit de compétition, consumérisme, hédonisme, orgueil, avarice, mensonge et tromperies, etc. La liste serait trop longue ! Bref, entre un jeune métalleux qui se dit et s’affiche « sataniste » et un citoyen « normal » qui agit de manière égocentrique et hédoniste, nous avons à opérer un discernement. Le plus sataniste n’est peut-être pas celui auquel nous pensons spontanément… »  Alors décrispons, prions et réfléchissons, bref, agissons en chrétiens, et non en pantins articulés par la société actuelle.

Une enquête poussée de Guilhem Dargnies pour Famille Chrétienne montre que « six groupes programmés seraient ouvertement « antichrétiens » », et aussi qu’un grand nombre de spectateurs mineurs du Hellfest sont parfaitement ignorants sur le réel contenu du festival, tout comme ce prêtre d’une grande naïveté.

12 comments

  1. Guillaume

    Invoquer le nom du démon n’est jamais innocent, fût-ce pour exprimer un mal-être…

    La musique heavy metal joue sur les passions humaines les plus basses, surcharge l’irascible et détourne visiblement de l’accès paisible à l’intellect, à l’intériorité, à la vie profonde de l’âme. La musique heavy metal ne cherche pas à élever l’âme vers Dieu mais, bien au contraire, à l’abaisser en lui offrant un exutoire faux dans le monde des passions, de l’éclate, de l’autoglorification du moi. La mise-en-scène sataniste sature l’imagination d’images dures et violentes, diaboliques qui l’empêchent de garder en elle le souvenir de la douce présence de Dieu. Je ne vois pas comment on pourrait prier paisiblement après avoir écouté les éructations sonores, soi-disant riches et complexes, de ce genre musical, ou regardé la laideur de ces spectacles.
    Un point intéressant : « le principe de l’art contemporain n’est pas de rechercher ce qui est beau, mais de s’exprimer ». Autrement dit, on érige le moi, la subjectivité en finalité de l’art qui, dès lors, n’est plus tourné vers Dieu. Le beau est l’un des visage de Dieu. Refuser de chercher le beau, n’est-ce pas refuser de chercher Dieu.
    Enfin, l’alternative entre « le jeune métalleux qui s’affiche sataniste » et « le citoyen normal hédoniste » est erronée : il s’agit souvent de la même personne. Le jeune métalleux est en effet un citoyen normal hédoniste qui cherche à jouir sans entrave de sa musique.

    Je suis assez inquiet pour la santé spirituelle de l’abbé Monnier.

  2. Ce n’est pas une surprise: 3/4 des prêtres occidentaux ne croient ni en Dieu, ni en Jésus, ni au Paradis et ni à la résurrection….il suffit pour s’en convaincre d’évaluer l’ampleur de l’immoralité au sein du clergé de France…nombreux sont les clercs qui s’en défendent au lieu d’en pleurer et de démissionner…le sacerdoce est pour eux un métier comme tous les autres: il n’y a rien après la mort… »Mangeons, buvons, car demain nous mourons ».

    • Benouze

      Et oui Observateur, je partage vos dires et je le voie et constate cet état de fait ici sur l’île de La Réunion envers les religieux de la communauté des Carmes en provenance de Madagascar, pays pauvre et dont certains veulent devenir prêtres de cette communauté seulement pour pouvoir manger, et se faire une place dans l’église.

  3. Oh!

    le même à Carthage aurait sans doute eu des propos aussi lénifiants et sots à l’égard des adorateurs de Moclocks ou des astartés ! leur musique, leurs danses, leurs transes, tout cela étant l’expression d’une vitalité créative, surtout que les enfants concernés et leurs parents ne pouvaient et pour cause accéder à un quelconque « chemin catéchuménal »

    nous n’avons pas les évêques que nous méritons, car cette moraline de l’épanouissement par l’inculturation de niaiserie, est avant tout de la responsabilité de l’evêque et vue l’énormité du scandale c’est un péché criant !

    vous qui lisez ce commentaire, faite une prière maintenant pour ces malheureux qui ne discerne même plus le culte de l’ennemi des hommes, de leurs propres abstractions ineptes.

    Merci.

  4. fg

    Le heavy metal, ça défoule.
    Mais il ne faut pas que ça aille plus loin.
    Quant à Satan, l’abbé Monnier a raison de rappeler qu’il avance masqué, aimable et enjôleur.

  5. Emilie

    Ce prêtre devrait rencontrer des exorcistes et les prêtres qui sont spécialistes du démon. Il devrait aussi aller voir dans certains monastères pour assister aux exorcismes, là il verrait que le diable n’est pas un mythe.
    Quant au Hellfest, encourager les jeunes à aller dans ce genre d’endroit autant les envoyer directement en enfer. A t-il entendu parlé du Bataclan de Paris ? De ce qui est arrivé ?
    Malheureusement on s’aperçoit que de nombreux membres du clergé ne croient plus ni au diable ni à la présence réelle. C’est un peu curieux pour des guides spirituels ? Et que vont devenir les âmes ?

    • jean

      Et justement les massacres du bataclan de qui viennent-ils? oh surprise de gens qui croient en Dieu (enfin Allah mais Allah, Jesus etc ca reste la même personne) et non à Satan.
      Je suis metalleux depuis 17 ans et je le dis bien haut: de nos jours il vaut mieux envoyer notre jeunesse au Hellfest plutôt que dans les églises! Dans le meilleur des cas ils rencontrent des gens sociables, amicaux, humains qui ont compris que l’imagerie de Satan, de l’enfer etc…est à prendre au 36ème degré et à travers une musique excitée partage ces valeurs dans la tolérance et la fraternité.

      dans le pire des cas il finira avec la pluie sur le râble, de la boue aux chaussures et selon ses affinités un peu de bière dans le foie (mais si je ne m’abuse l’alcool n’est pas un problème puisque le vin est très présent dans la religion catholique, tout les dimanches d’ailleurs et si je crois mes yeux je n’ai jamais vu un chrétien cracher sur un verre ou plus de vin, de bière ou de whisky).
      bref il devient aussi profondément stupide que fatiguant ce procès d’intention incessant et systématique du Metal en général et du hellfest en particulier.

      Et pour couper court à l’éventuel procès d’intention dans lequel je serais l’accusé: je ne bois pour ma part pas d’alcool (0 depuis ma naissance), j’ai suivi un cursus universitaire durant 7 ans, je fais traverser les personnes âgées et les saluent et leurs parlent avec beaucoup de respect et de gentillesse, je ne suis pas isolé, je n’ai pas eu des milliers de conquêtes ou rapports, mon casier est vierge, je donne ce que je peux à des assos pour la protection des animaux, je parle et donne à manger à des SDF donc oui je suis un être humain avec une conscience, un coeur, une âme seuls mes affinités musicales, ma passion pour la musique Metal et les riffs de guitare sont différents de la votre.

      Bref histoire de finir mon plaidoyer je finirais par défendre ce prêtre en disant que j’apprécie beaucoup ce monsieur pour son ouverture d’esprit, car au lieu de parler, juger sans connaître il a su faire preuve de bonne volonté en faisant la démarche de découvrir notre musique, notre façon de penser (chose que vous ne faîtes et ne ferez jamais engoncer dans votre vanité et certitude d’avoir raison et d’être mieux que les autres).
      Et surtout je préfère un prêtre comme lui qui écoute du Metal (et qui ne font donc de mal qu’à ses oreilles) que des représentants de l’église comme Preynat et Barbarin qui ont pris plaisir à agresser sexuellement des mineurs pour l’un et dissimuler les faits pour l’autre.

      Je vous invite à vivre votre foi de votre côté, campant sur vos certitudes et à nous laisser vivre la notre dans l’amour de la musique
      Puisse votre seigneur,un jour, vous enseignez de nouveau le principe de tolérance et d’amour

  6. Marine

    Etudier la sociologie aujourd’hui n’est pas sans conséquences …
    Bien de connaître la contre-culture pour mieux agir, mais pas faire de l’apologie.
    Un prêtre connaisseur de ce genre de « musique » pourrait mieux dialoguer avec ces rebelles pour les aider.

  7. La catéchèse n’était pas rose bonbon mais rose socialiste et anti catholique.
    Évacuation des notions de Salut, de péché, de Croix etc….pour une mixture gnangnan de partage et autres bons sentiments. Peut être est-ce ce que ce prêtre appelle le rose bonbon.
    Mais c’est plutôt une destruction de l’Eglise par un détournement de son enseignement millénaire.
    Que faire devant une société non seulement déchristianisée mais furieusement anti chrétienne ?
    Comment annoncer le Christ ?
    Les prochaines années sous le joug de l’Islam nous feront revenir au Christ !

  8. toto

    L’abbé Monnier va bientôt nous encourager à la pédophilie, puisque c’est l’expression moderne d’un mal être.
    Il va nous encourager au mariage homosexuel puisque le monde nous y invite et c’est de plus en plus « in ».
    Je crains avoir peu de risques de me tromper si j’imagine que pour lui l’avortement est une chance pour la femme et qu’il faut arrêter de se crisper sur le sort des enfants à naître.
    Merci Monsieur l’abbé!

  9. Guilhem Dargnies

    Quelques précisions à propos de l’enquête que vous citez en référence, puisque j’en suis l’auteur.
    Ce travail s’adresse à un lectorat peu friand de musiques extrêmes ou satanistes, et potentiellement plein d’a priori à leur sujet.
    Contrairement à ce que vous laissez entendre, elle ne montre pas que « six groupes programmés seraient ouvertement « antichrétiens » », ni « qu’un grand nombre de spectateurs mineurs du Hellfest sont parfaitement ignorants sur le réel contenu du festival » (même si le titre accrocheur le laisse paraître). Elle montre, en revanche, qu’un collectif de chrétiens tient en effet ce langage. Ce qui est très différent !
    Mon travail a consisté à passer les arguments de ce collectif au fil du rasoir et à permettre à mon lecteur de s’en faire une idée. Notamment il est indiqué en toutes lettres dans l’enquête, à titre d’exemple, que les paroles du groupe Ghost « n’appellent pas à proprement parler à la haine contre les chrétiens », ce qui répond au principal grief de cette association contre le Hellfest.
    Une faiblesse de mon travail est qu’il ne s’interroge pas sur ce que recouvre précisément le satanisme supposé ou réel de ces groupes. De fait, ce n’était pas mon angle. Il me semble pourtant essentiel de porter à la connaissance de vos lecteurs comme des miens le regard du Père Monnier sur les musiques extrêmes et sur ceux de nos contemporains que ces musiques rejoignent. N’est-ce pas en allant vers eux (et en jetant l’anathème avant tout sur notre propre péché) que, petit à petit, nous deviendrons des artisans de paix ? À ce titre, merci. Mille fois merci d’avoir reproduit les propos du Père Monnier.
    Bien à vous,

    Guilhem Dargnies

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