05 novembre 2007: Mgr Bernard GINOUX, évêque de Montauban, CEF, Lourdes (65), France.

Au-delà de la peur, l’espérance chrétienne

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Réflexion de Mgr Ginoux, évêque de Montauban, suite à l’attentat de Nice :

Jeudi soir, 14 juillet, à la fin des feux d’artifice qui avaient dessiné dans le ciel les bouquets de lumière les plus éclatants, une nouvelle tragique et bouleversante parcourait les médias. Sur la mythique Promenade des Anglais à Nice un poids lourd avait écrasé tout ce qu’il trouvait en traçant son chemin sur deux kilomètres dans une foule paisible et bon enfant. Saisie dans cette ambiance la foule ne comprenait pas. Un tueur ivre de sang pilotait en aveugle ce véhicule meurtrier. Plus de dix enfants morts, des hommes et des femmes projetés, broyés, désarticulés. En quelques instants surgissaient des orphelins, des parents affolés, une population anéantie et terrorisée. Des dizaines et des dizaines de morts : il faudra attendre ce vendredi pour savoir que c’est un chiffre proche de 90 dont dix enfants. A ces morts s’ajoutent des dizaines de blessés graves.

Là, nous nous arrêtons et nous considérons la douleur et la souffrance de tous ceux que touchent de telles horreurs. Jamais rien ne justifiera des actes pareils. Leurs auteurs sont à traiter comme des « ennemis publics » que rien ne peut excuser. Nous ne sommes pas seulement en « état d’urgence », nous subissons une véritable guerre. Le nier serait nier le réel. Face à la guerre nous devons nous unir et nous défendre. Pour cela il est nécessaire de se rassembler autour du « bien commun ».

Pour nous, fidèles du Christ, une « boussole » nous est donnée : la pensée sociale de l’Eglise qui nous renseigne sur les fondements de la société, les éléments incontournables que sont la liberté de penser, la liberté de culte, la sécurité, le respect des opinions et de la vie privée, etc. Mais ces fondements viennent de la loi morale que l’homme reçoit de l’auteur de la vie : « Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai fait sortir de la terre d’esclavage » (Exode 20, 2-17, Deutéronome 5,2-22). Dieu veut faire alliance avec l’homme et il lui indique le chemin de la vie, il lui donne les « dix paroles » (commandements) qui y conduisent. Mais Il ira plus loin encore en nous donnant sa propre vie par le sacrifice de Jésus son fils sur la Croix. L’amour a sauvé le monde pour toujours mais tant que l’humanité n’y consentira pas nous vivrons jusqu’à l’horreur la tyrannie des idées devenues folles. Notre unité demeure la foi en Jésus mort et ressuscité, le seul Sauveur du monde. Notre défense est notre confiance absolue et sans cesse renouvelée qu’il est vainqueur de tout mal. C’est notre consolation et notre espérance quand se déchaîne la haine.

Que cette période de l’été favorise l’approfondissement de notre foi ! Que notre prière présente sans cesse au Seigneur toutes les victimes des tragédies de l’humanité. Ce dimanche 17 juillet, nous aurons à cœur à chaque messe de prier pour ces victimes et pour que les cœurs endurcis s’ouvrent à la miséricorde divine.