Et qu’en est-il des femmes qu’on empêche d’avorter ?

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Eh bien, dans leur immense majorité, elles vont très bien. Une étude menée par le New York Times auprès de 200 femmes à qui l’avortement fut refusé aux Etats-Unis, généralement parce qu’elles étaient hors délais, affirme que 5 % d’entre elles seulement, une fois l’enfant né, « auraient souhaité ne pas l’avoir ». Les autres « s’adaptent », « s’ajustent » pour traduire plus littéralement le mot anglais. 

En mettant ainsi l’accent sur les 5 % – une toute petite minorité – les commentateurs de l’étude mettent bien en évidence leur propre avis. De fait, l’enquête a été menée par des chercheurs pro-avortement en vue de répertorier les effets négatifs d’une naissance non désirée au point que la mère a eu un projet d’avortement déjà bien engagé.

Ne voir qu’une forme d’« ajustement » à une situation à laquelle on ne peut rien chez l’immense majorité de ces femmes qui ne regrettent pas l’avortement qu’elles n’ont pas eu, c’est vraiment choisir la litote. Car elles parlent plutôt du bonheur qui est aujourd’hui le leur.

 Ainsi l’étude se voit obligée de rapporter le propos d’une jeune femme, S, qui ne faisait pas partie de l’étude originale mais dont l’expérience donne lieu à d’amples commentaires de la part des chercheurs. 

 Pour S., les choses sont simples : empêchée d’avorter parce qu’elle en était à 23 semaines de grossesse, elle commente, à propos de son bébé : « Elle est bien plus que ma meilleure amie, elle est plus que l’amour de ma vie. Elle est toute ma vie. »

 LifeSite rapporte comment les chercheurs ont tordu ce témoignage frappant : ils ont aligné les « conséquences négatives » auxquelles S. a dû faire face – les « sacrifices » inhérents à la maternité, tout simplement. S. a dû renoncer à son travail et à son appartement, souligne le chercheur Joshua Lang, et ses finances sont devenues plus précaires. Conclusion tirée par Lang : « L’étude (…) pose une question gênante : l’avortement est-il un bien social ? »

 Et tant pis si S. est bouleversée de bonheur…

Ce bonheur ne compte pas, aux yeux des chercheurs. Plutôt que de faire confiance aux « narrations » des femmes qui se sont adaptées à la présence de leur bébé – parce qu’il est « psychologiquement dans notre intérêt de raconter une histoire positive pour pouvoir avancer » comme le dit une bioéthicienne – il faudrait comparer le statut socio-économique des femmes qui ont eu accès à l’avortement à celui des femmes qui n’ont pas pu y avoir accès : « Voir si une femme qui a démarré à peu près au même niveau est aujourd’hui à l’école ou à l’université, si elle bâtit une relation stable ou une carrière ou si elle a eu plus tard un bébé pour lequel elle était prête… »

Quant à celles qui se disent heureuses de n’avoir pas avorté, et bien elles se mentent à elles-mêmes, et à la société, selon Joshua Lang.

Pour preuve, il avance le cas de J., 38 ans. Victime d’une grossesse-surprise, elle obtient un avortement, qui rate. Désormais hors délais, elle va aller de clinique en clinique pour essayer de trouver un médecin prêt à faire le travail comme il faut, quitte à subir un avortement tardif : à la quatrième, au terme d’un voyage à travers plusieurs Etats de l’ouest, la voilà débarrassée de son fardeau à 23 semaines de grossesse.

« J. a obtenu un emploi d’opératrice sur machinerie lourde dans une usine de fabrication à 15 $ de l’heure. Cela faisait 6 mois qu’elle essayait d’obtenir ce travail. Si elle avait eu le bébé, elle n’aurait pas pu accepter le poste. »

 Et ça, bien sur, c’est toujours mieux que d’avoir un bébé à aimer pour la vie !

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© leblogdejeannesmits 

4 comments

  1. Hélène

    On ne résoudra pas cette question en se fondant sur les réactions des femmes en question, quelles qu’elles soient.
    C’est un drame de tuer des bébés, ça peut être un drame pour certaines de se retrouver enceintes. De toute façon on ne peut pas décider pour les autres.

  2. Fleur

    La perpétuelle mauvaise foi des pro-avortements, pour justifier l’injustifiable, ressort nettement de cette étude, très négative à leur point de vue… et pourtant présentée à leur avantage.
    Car en vérité, il en ressort qu’il y a 95 % de femmes qui ne regrettent pas de n’avoir pu avorter… et 5 % qui finalement ne s’en accommodent pas si mal !
    Et ces résultats sont à confronter au fait que toutes les études sur celles qui ont avorté montrent les chiffres inverses (une grosse majorité qui déprime !)…
    Mais ces résultats sans appel n’ébranlent pourtant pas les certitudes des pro-avortements !
    Le fait est que ces personnes sont tellement enfermées dans leur culture de mort qu’elles ne peuvent que très difficilement reconnaître leurs torts. Ce serait , en effet, reconnaître une telle inanité de leur vie que tout leur monde s’écroulerait d’un coup.
    Il leur faudrait faire alors un revirement (une conversion !) qui exige une sacrée dose d’humilité… qui n’est évidement pas l’apanage de ces militant(e)s, tellement imbu(e)s de leur propre arrogance !

  3. Shimon

    19/06/2013 13h50 CET

    J’en ai la nausée: échanger un bébé en plein développement contre une carrière prometteuse ou des avantages matériels!!!

  4. Shimon

    19/06/2013 14h00 CET

    Tout qui a pu parler à cœur ouvert avec une femme ayant avorté sait l’avortement est toujours une souffrance et s’accompagne toujours d’un deuil très long, même au dixième avortement.

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