denis sureau

La crise du catéchisme n’est pas terminée

Download PDF

Denis Sureau, éditeur de Chrétiens dans la Cité et de Transmettre, revue pour l’évangélisation de l’enfance, a publié dans le numéro de mars du mensuel La Nef un article intitulé Catéchisme: une crise sans fin. Il montre comment les nouveaux documents catéchétiques n’apportent pas de solution convaincante au problème de la transmission de la Foi, confirmant les récents propos du cardinal Sarah :

ob_4915b7_catechisme-une-crise-sans-fin

8 comments

  1. Mario

    Le but des ennemis de l`Église est de fragmenter la doctrine en des modules insignifiants et déconstruits qui empêchent d`avoir une vue d`ensemble, une cohérence et une connaissance complète de la doctrine.

    Retournez au bonne vieille méthodes de l`Église au Moyen-Âge. Ils enseignaient très bien et de façon très cohérente. La Somme le Roi est un bon exemple.

  2. Krak

    Cette réalité de l’absence d’un catéchisme élémentaire, progressif et complet est déroutante pour un candidat à la conversion enfant comme adulte. Les propositions actuelles sont en effet onéreuses et complexes pour être utilisées en autodidacte. Finalement, la catéchèse devient légère ou fantaisiste selon la formation ou l’humeur des catéchistes puisqu’aucun guide officiel satisfaisant n’existe. Je suppose que les adultes finissent par lire et apprendre le Catéchisme de l’Eglise catholique dans le texte. La plupart des enfants n’apprennent pas les dogmes ni les prières et les histoires sur le pardon et l’amour se perdent dans l’humanisme laïque ambiant. Un gâchis semblable à celui de l’enseignement primaire lorsque l’on renonce aux repères didactiques qui seuls parviennent à structurer la connaissance.

  3. Cassianus

    Le Catéchisme de l’Eglise catholique n’est pas non plus une référence très fiable. Il ne contient pas un mot, par exemple, sur la peine de sens que subissent les damnés en Enfer. Il ne s’y trouve que la peine de dam, c’est-à-dire la privation de Dieu. Cette omission correspond très évidemment à l’intention de diminuer le plus possible la part d’activité de Dieu dans la souffrance des damnés. Pourtant, l’enseignement traditionnel de l’Eglise est très clair là-dessus : l’Enfer est un lieu de tourments que Dieu a préparé pour satisfaire sa vengeance contre les pécheurs impénitents. Ce n’est pas une espèce de grand vide où l’on irait délibérément en se détournant exprès et obstinément de l’amour de Dieu.

    Ce seul exemple (il y en a bien d’autres points problématiques dans ce « Catéchisme ») suffit déjà à montrer que les dérapages dans la transmission de la foi proviennent premièrement de la plus haute autorité de l’Eglise. Il y a, depuis le concile de Vatican II, une volonté constante de remodeler le contenu même de la foi, afin qu’il s’ajuste à des croyances que l’on se figure plus conformes à la dignité humaine. Le fameux esprit du Concile a été et continue d’être un esprit de falsification au service d’une idéologie philanthropique dont les bases sont à chercher dans la philosophie des Lumières plutôt que dans la Bible, le Magistère de l’Eglise et l’enseignement des Saints.

    Après le Concile, TOUS les grands documents officiels de l’Eglise, en passant par le nouveau Droit Canonique, et presque toutes les canonisations ont eu pour finalité première de consolider la fiction d’une continuité entre la nouvelle théologie et celle de l’Eglise de toujours. Il s’agissait de donner aux Catholiques de nouvelles références qui leur feraient paraître les innovations comme des réformes, des retours aux sources, et non comme ce qu’elles étaient, des altérations capricieuses et sacrilèges de la Révélation. Cette oeuvre de colmatage, nous la retrouvons dans la nouvelle liturgie et les traductions liturgiques de la Bible, bref dans toutes les sources de la formation chrétienne populaire. Et tandis que l’un ou l’autre prélat se donne l’air de vouloir revenir à la tradition, c’est encore pour dorer la pilule et faire passer, avec quelques excipients au goût de catholicisme, le même poison de désacralisation et d’humanisme athée.

    Réformer l’enseignement du catéchisme, c’est facile. Il suffit de reprendre le catéchisme de Saint Pie X. On a besoin d’un grand catéchisme ? Que l’on revienne à celui du Concile de Trente, qui était extrêmement précis et en parfaite harmonie avec tout le catholicisme des siècles passés. Le Christ ne change pas ; la nature humaine ne change pas. Ce qui était vrai autrefois est encore vrai aujourd’hui. Nous sommes fatigués d’être pris pour des écervelés que l’on embrigade dans des partis avec des slogans vides. Le rôle d’un Pape, le rôle des pasteurs de l’Eglise, ce n’est pas de mettre à la disposition de l’idéologie démocratique un grand troupeau de benêts encore attachés à des vestiges de superstitions médiévales.

  4. oizel

    @ cassianus

    Je lis ce commentaire avec étonnement; on retrouve la même inconscience qu’à l’Education nationale.
    En effet,  » l’interconnexion permanente ne permet plus la transmission et l’héritage » d’après Finkielkraut.
    Tant que le danger de lobotomie de la TV dénoncé par Desmurget n’est pas pris en compte.
    Ce genre de commentaire se perd comme la pisse dans un violon.
    La déchristianisation est en marche !!!!

  5. Pauvre pécheur que je suis

    La base du catéchisme, c’est pour les enfants en premier et sans omettre les adultes vers l’Évangile sans rien effacer sur le Dialogue de Dieu vers les hommes… Les dogmes sont aussi une révélation de Dieu à l’Église…

    Il ne faut pas toujours vouloir revenir en arrière mais s’adapter au monde contemporain… L’ancienne forme de catéchisme ne portant plus les fruits escomptés, c’est normal de chercher une amélioration sans nécessairement à toujours vouloir tout effacer !

    Autrement dit : c’est de faire un effort à trouver un juste milieu selon les époques sans affaiblir la Foi au Christ !

  6. Le catéchisme de l’Eglise Catholique est un très bon document. Il est utilisable par les adultes, on peut parfois trouver des prêtres pour les expliquer et les commenter dans les paroisses, chaque famille, foyer devrait un posséder un. Ceci dit. Faut arrêter de critiquer tout ce qui a été fait après Vatican II. Justement le caté de l’Eglise Catho édité par St Jean-Paul II est très bien. Mais après il faut l’adapter aux enfants. Je pense que le KT de mon enfance (années 69 et 72 était très bien), enseigné par des dominicaines enseignantes, dont malheureusement l’école a fermé (elles venaient du nord et étaient très bien implantées depuis des décénnies dans mon village et Dieu merci portaient l’habit). J’ai échappé à la tornade de Pierres Vivantes, mais moi j’appelle ça pierres mortes, parce qu’ai voulu être dame-kté dans ma paroisse du 92 en 1982. J’ai été prise en tutorat par l’épouse d’un cardiologue (à donf comme la paroisse pour Pierres « vivantes », que j’ai découvert, et j’avoue auquel j’ai strictement rien compris). Donc moi j’ai commencé par enseigné la prière aux enfants, Notre Père, Je vous Salue Marie et les mystères du Rosaires, l’annonciation, leur ai distribué des fascicules pour enfants à colorier sérieux édité par l’Ave Maria ou Téqui, et ne faisait qu’une brève allusion à pierres mortes. Je faisais 1/4 h d’enseignement, 1/4h de questions, discussions, 1/4 h coloriage et finissait par 1/4 h prière, tout le monde les mains jointes sur le piano. Aucun pb pour les enfants ni pour les parents. J’ai distribué un chapelet pour enfant à chacun disant de bien l’avoir dans sa poche, ai expliqué la récitation. Et un jour cette femme de cardio est venue mettre son nez au bout d’un mois de kt, voir comment je faisais et évidemment n’était pas contente car ce que j’enseignais n’avoir pas grand chose à voir avec pierres qu’elle appellait vivantes et moi mortes. J’ai osé parlé devant elle de l’existence des anges aux enfants (explication de l’annonciation), ouille, ouille, ouille, ouille, comme de bien entendu elle ne devait pas croire aux anges, déjà, la vierge Marie, j’étais sensée pas en parler, pourquoi pour qui, vous pensez la Mère de Dieu. Donc les 4 semaines qui ont suivi on m’a retiré les enfants qui devaient être 6 un par un. La dernière maman était navrée de m’amener son fils tout seul. Mais parents et mamans étaient satisfaits par mes prestations. Mais la dame kt, a récupéré tous mes mômes pour qu’ils aient surtout la « bonne parole » de pierre morte. J’ai pleuré, la maman de l’enfant était navrée. J’ai rencontrée l’un des enfants avec sa maman en automne dans la rue, et il m’a sorti (ou elle) fièrement le chapelet de sa poche, et il en disait une dizaine régulièrement. Comme quoi ce qu’on sème… J’ai aussitôt benné Pierre Vivantes, enfin mortes, qui n’avait aucune place chez moi, j’étais profondément triste de voir comment on se permetttait de traiter les mystères de la Foi, la Mère de Dieu, les Anges et malheureusement j’en passe bcp. On ne voulait pas que mes enfants fassent la confesse avant la 1ère communion. Ah là impossible de comprendre pourquoi, car moi j’ai jamais été traumatisée. Bon je sais qu’il y a des enfants qui ont peur du confessional qui est noir. Bon c’est pas tous, mais arrêtons, le prêtre s’adapte, pour des p’tits loups, il les prend au jour, quand ils ont peur. J’en ai vu c’est très mignon noter ce qu’ils ont à dire sur un carnet (moi aussi adulte je l’ai déjà fait). Moi j’dis pour tout il faut revenir aux fondamentaux, genre la Miche de Pain, les 3 blancheurs, et il doit exister d’autres choses très bien. Et en plus les 3 blancheurs peuvent se faire par correspondance pour les expat. On est à l’ère d’internet on peut trouver des trucs. Si on cherche on trouve. Donc si j’ai bien compris, car je suis pas la seule dame kt à avoir été bennée par une paroisse, car enseignant les choses tradi ou pas dans dans l’air du temps. Donc nos princes de l’Eglise n’ont pas été foutu de trouver un kt digne de ce nom. Si ceux qui suivent l’Eglise dans ses fondamentaux. Donc c’est la montagne qui a accouché d’une souris quoi, ah je me défoule. Mais qd même est-ce qu’ils ont oublié pk ils sont devenus prêtres et nous pk nous sommes baptisés. Alors sinon comme dit le Père Zanotti-Sorkine encore un très bien mal vu par son évêché « parce qu’il rempli son église comme le curé d’Ars » en qq mois, qd on veut être baptisé adulte, il faut en vouloir, c’est le parcours du combattant, alors lui il combat l’esprit de système pour le baptème et la 1ère communion et il s’adapter à chaque personne dans son cheminement spirituel, psychologique, mature, intellectuel etc. Il n’emploie pas forcément les mêmes mots pour les uns et les autres mais décrit la même chose. Donc basta, c’est lui qui décide les dates de baptême, et ça déborde pas qu’un peu chez lui les baptêmes d’adultes, et des couples non mariés mais vivant ensemble ont même donné témoignage, qu’il leur a si bien parlé de l’amour et du sacrement de mariage, qu’ils ont décidé de se marier en faisant une vraie prépa, chasteté compris, car il leur a appporté une lumière qu’ils n’avaient pas sur le mariage, et leur mariage a été une vraie fête pour eux, car ils sont repartis à zéro. Alors chez lui tout le monde se cotoit, le grand monde, les gens humbles, français et étrangers (car la canebière est composée de bcp d’étrangers, notamment de musulmans, de comoriens, de pers. d’origine arménienne). Il va chez tout le monde et en soutane SVP -son tablier de travail- prendre son café au bistrot, chez l’épicier, le coiffeur, quelle que soit sa religion, et tout le monde l’aime. Il attire tout le monde et il fuit les réunions pour être présent dans son église. Il organise le chapelet, messe et adoration du saint sacrement tous les jours et j’en passe et dit-il de son église qui fait 300 personnes tous les dimanches « c’est Marie qui fait tout ».

  7. GG

    @le Guen
    Merci pour ce long témoignage. Mon expérience de dame caté est parallèle.
    J’ai essayé (années 80-90) de garder dans les méthodes imposées ce qui était valable et de zapper le reste, tout en enrichissant le contenu plutôt pauvre.
    Ce qui est revenu à concevoir en fait ma propre méthode. Gros travail mené dans la discrétion. Je ne me suis pas faite inspectée, mais on m’a quand même soustrait des enfants demandeurs, que j’aurai volontiers accueillis, pour des mettre dans des équipes surchargées et aux méthodes fumeuses alors préconisées. Ces enfants en ont été rapidement dégoûtés et on ne les a plus revus.
    Ceux que j’ai suivis n’ont jamais raté une séance, ils étaient heureux de venir. Mais les célébrations collectives les rasaient profondément, plombait mon travail et faisaient perdre le temps de tout le monde.
    J’ai averti l’évêque de cette catastrophe et j’ai été renvoyée à une laïque en responsabilité qui n’a pu que me réciter les orientations officielles.
    Je retrouve cet absence de dialogue avec nos nouveaux jeunes prêtres diocésains incapables de communiquer avec leurs paroissiens.
    Je me demande si je suis encore catholique pratiquante tant la tentation de tout lâcher me prend.

  8. Pingback: Kirche heute, 16.März 2015 | Christliche Leidkultur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *