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L’amour suppose des fidélités qui peuvent faire mal

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Dimanche 28 juin, Mgr Jean-Paul James a ordonné Emmanuel Mustière prêtre pour le diocèse de Nantes. Voici son homélie :

« Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous ». Le Pape François commente : « Avec le Christ, la joie naît et renaît toujours ». C’est la joie d’être appelé et envoyé par Lui, la joie de se donner dans le ministère ordonné de prêtre et de diacre.

Oui, joie d’un appel. « C’est moi qui vous ai choisis et établis » dit Jésus. L’appel particulier que vous avez reçu, Emmanuel et Hervé [ordonné diacre], vous réjouit. C’est une vraie joie qui vous habite : vous découvrez une relation unique qui s’établit entre le Christ et vous, une relation indépendante de quelque chose à faire ici ou là. C’est la joie de tout l’être, le sentiment d’exister pour Dieu, et en répondant à l’appel, de faire l’unité de sa vie : « Le Seigneur me connaît ». C’est vrai pour les ministres ordonnés, c’est vrai pour tout baptisé. Nous ne sommes pas perdus dans l’anonymat d’une foule. Nous sommes des personnes, connues, aimées de manière unique. Chers amis qui êtes invités par Hervé ou Emmanuel, qui que vous soyez, venus à cause de votre foi ou par amitié, au-delà de vos charges, importantes ou discrètes, vous avez votre vocation : le Seigneur vous connait, vous aime et vous appelle à vivre avec lui. Saint Augustin dont la réponse au Christ a été l’objet de tant de combats, s’en émerveille : « O Beauté si ancienne et nouvelle, bien tard je t’ai aimé ! Tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ! ». Beauté de la foi chrétienne.

« C’est moi qui vous ai choisis pour que vous alliez. » C’est la joie de sortir, d’annoncer la Bonne Nouvelle. Et quelle Bonne Nouvelle ? La vie du Christ n’a été qu’amour : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. » Le grand drame de l’humanité, c’est de ne pas connaître Dieu, de se tromper sur Lui. Emmanuel prêtre, Hervé diacre, vous êtes appelés à révéler le vrai visage de Dieu. Plusieurs d’entre nous, vos aînés, diraient : si je suis prêtre, c’est parce que j’ai vu le Christ aimer le monde. Plus on se rapproche de lui, plus on est pris par l’amour qu’il porte à cette terre. Et comment voit-on le Christ aimer le monde ? Dans la vie de ses témoins, de ses disciples. Vous connaîtrez la joie, après une rencontre d’aumônerie, d’entendre un jeune ouvrir son cœur ; joie d’entendre, lors d’une réunion d’EAP, comment un couple, une communauté religieuse illuminent la vie d’un quartier ; joie de voir se remettre debout un frère après le sacrement de réconciliation ; joie d’engendrer à la vie de Dieu, des jeunes ou des adultes. Joie, dans un moment plus difficile, de sentir la présence amicale de frères prêtres ou de chrétiens de la paroisse. Oui, l’Amour du Christ se révèle aujourd’hui dans notre monde.

C’est un Amour qui se donne. Chaque jour, Emmanuel, vous redirez les paroles du Christ : « ceci est mon corps livré pour vous ». On ne peut pas les répéter sans comprendre que c’est notre propre vie qu’il faut livrer à la suite du Christ et en union avec lui. Dieu vous a choisis, tous les deux pour consacrer vos énergies à l’annonce de l’Evangile en renonçant à l’exercice possible d’une profession et en renonçant à fonder une famille. Pourquoi ? Ce n’est pas parce que la mission suppose des acteurs à « plein temps » qui ne coûteraient pas trop cher à l’Eglise ! C’est à cause du Christ qui remplit sa mission en se donnant, en donnant sa vie, pour que nous ayons la vie. Hier, aujourd’hui et demain, le grand désir du Christ, c’est que tous aient la vie. Notre humanité est meurtrie, souillée, encore trop souvent par la violence, le fanatisme, la barbarie. Ces images nous désespèrent : jusques à quand, Seigneur, tous ces drames ? Comment en sortir ? Une réponse est donnée aujourd’hui par votre engagement : à la suite du Christ, servir les frères jusqu’au don de nous-même, servir la justice, la fraternité. Une seule voie, un seul chemin de vie : non pas la violence mais l’amour qui se donne. Mais nous résistons à ce message. Les apôtres eux-mêmes vont résister ; Pierre lui-même. N’y aurait-il pas une autre voie, Seigneur ? Et la réponse est cinglante : Arrière Satan !

Tout le monde veut promouvoir un monde d’amour, mais beaucoup oublient que l’amour suppose des choix et des fidélités qui peuvent faire mal. Notre humanité cherche une autre solution, à bas prix ; il n’y en a pas d’autre, pas d’autre que l’Amour qui se donne. C’est le sens de votre engagement définitif. Vous rejoignez ainsi tant d’autres engagements, celui de vos parents d’abord ; je veux remercier tous les parents de prêtres et de consacrés : nous sommes le fruit de leur amour ; ils se sont donné pour nous élever. Et, au moment des choix de leurs enfants, ils ont un chemin à faire, souvent seuls : l’acceptation du choix de leur enfant. Je veux leur dire ma gratitude ; leurs fils, fruit de leur amour et de beaucoup de sacrifices, sont les prêtres d’hier, d’aujourd’hui et demain.

Oui, joie du don, joie de se donner dans la fragilité de notre être. Je n’ordonne pas des héros, mais des hommes fragiles. Qui, en effet, pourrait prétendre être au point en Amour ? C’est impossible sans l’aide du Seigneur. La première lecture le rappelle : « L’esprit du Seigneur est sur moi et Il m’a consacré ». Au centre de la messe d’ordination, évêque et prêtres imposent les mains. Mais en fait, c’est le Seigneur Lui-même qui vous impose les mains : « Il prend possession de moi en me disant : « Tu m’appartiens», commentait Benoît XVI. Mais à travers cela, il dit aussi : « Tu es sous la protection de mes mains. Tu es préservé dans le creux de mes mains ». Quand le sentiment de votre indignité, vos faiblesses, ou vos découragements tenteront de vous submerger, rappelez-vous ce moment de grâce, l’imposition des mains de votre ordination. Appuyez-vous, solidement, fermement sur le don de Dieu. Et sur les frères : car ce chemin de l’Amour, du don de soi vous ne le parcourez pas seuls, mais avec tant de laïcs et de personnes consacrées. Vous entrez aussi dans un presbyterium, dans un corps de diacres qui sont heureux de vous accueillir. Oui, « avec le Christ, la joie naît et renaît toujours ». Elle est don de Dieu : je la demande pour vous deux, pour les prêtres et diacres, pour ceux qui vous entourent, pour les jeunes qui hésitent à répondre à l’appel du Seigneur : Il y a une vraie joie à se donner au service de l’Evangile et de la foi. Personne ne nous la ravira.
Amen. »

3 comments

  1. Louis JACQUES-FRANCOIS dit LOCARD

    Je vous salue…
    « Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… – Jésus s’adressa alors au paralysé – lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison. »
    Pas de doute, la maladie est bien due au péché de l’homme.
    Regardons bien dans la Bible est dans, chaque page, nous en avons la confirmation.
    Certains ne manqueront pas de me citer :
    Jean 9.1-7
    1 Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance. 2 Ses disciples lui firent cette question: Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle? 3 Jésus répondit: Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. 4 Il faut que je fasse, tandis qu’il est jour, les œuvres de celui qui m’a envoyé; la nuit vient, où personne ne peut travailler. 5 Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. 6 Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l’aveugle, 7 et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (nom qui signifie envoyé). Il y alla, se lava, et s’en retourna voyant clair.

    Quelques autres passages bibliques confirment celui-ci, mais ils sont rares.

    Donc DIEU se sert de la maladie pour confirmer sont pouvoir sur la destinée de l’homme.
    Le Créateur n’a pas fait l’homme ‘bancale’ pour justifier Sa puissance, mais c’est afin de lui faire prendre conscience que le Maître de la Vie à TOUT pouvoir sur Sa création.

    Vouloir ‘mener’ sa vie, à sa guise, sans le secours de la grâce de DIEU est un leurre.
    Si vous êtes malades n’hésitez pas une seconde, allez voir un prêtre de Notre Seigneur JESUS-CHRIST pour vous confesser et demander pardon à de DIEU de vos fautes et de Lui demander, du fond du cœur : PARDON. Et DIEU vous rétablira en santé.

    Et n’oubliez pas : PÉCHÉ=MALADIE. Maladie du corps, de l’âme ou de l’esprit. Ceux qui vous disent le contraire sont des imposteurs.

    Que DIEU vous bénisse et vous garde en bonne santé.

    Merci !
    JFL

    • Philomène

      Bravo Monsieur, je suppose que vous êtes en très bonne santé ou que vous avez guéri d’une maladie. Mais comment analysez-vous les cas d’enfants atteints de graves pathologies ou bien l’exemple de la mystique Marthe Robin, parmi de nombreux autres?

  2. rocheteau

    ce jeune prêtre a fait un stage à l’évêché de La Rochelle il y a quelques années. certains se souviennent de lui . Nous prions pour lui….

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