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Le curé de campagne : est-ce fini ?

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En 2013, Mgr Jacques Blaquart, évêque d’Orléans, avait recommandé aux 350 prêtres de son diocèse de choisir un mode de vie communautaire :

« Ce n’est bien sûr pas obligatoire ; la seule chose qui le soit, c’est d’avoir une vie fraternelle entre les prêtres de chaque pôle ».

3 ans plus tard, dans une lettre pastorale, il précisait :

« Pour des chrétiens, il n’y a pas d’autre chemin de vie que la fraternité et le partage apostolique. En encourageant ce mode de vie, ouvert sur les autres, je n’invente rien. Je ne fais que reprendre l’un des Dix Commandements de Jésus. »

Les paroisses dont les prêtres ont la charge étant de plus en plus grandes, le risque d’isolement conduit parfois à des dérives (alcoolisme, dépression…). C’est pourquoi certains vivent désormais en colocation, partagent les repas, durant lesquels ils peuvent solliciter les conseils pastoraux des autres, les offices…

C’est pourquoi les communautés sacerdotales (St Martin, L’Emmanuel, Saint Jean-Marie Vianney, St Thomas Beckett, ainsi que les fraternités traditionalistes) connaissent un succès certain : la vie en communauté est de plus en plus prisée par les prêtres, surtout pour oeuvrer dans notre monde sécularisé. Auparavant, le curé de campagne avait, outre ses vicaires ou les curés avoisinants, des fidèles catholiques suffisamment nombreux pour qu’il ne se sente pas seul. La déchristianisation, couplée au délitement de la famille et du lien social, transforme notre pays en conglomérats d’individus qui ne se connaissent pas. Dans cet univers froid, le prêtre a besoin de chaleur sociale. Tout le monde n’est pas fait pour vivre ermite.