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Le rôle de l’évêque comme père, frère et ami des prêtres

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Nommé évêque auxiliaire de Paris le 25 juin 2016, Mgr Thibault Verny a reçu la consécration épiscopale le 9 septembre. Il témoigne :

Comment s’est passé l’appel à devenir évêque ? 

J’étais déjà appelé à devenir vicaire général du diocèse de Paris au 1er septembre, donc à quitter la paroisse Notre-Dame de Lorette (9e) dont j’étais le curé depuis 11 ans. L’appel à être évêque auxiliaire du diocèse de Paris a eu lieu fin juin. J’ai eu quelques petites heures pour donner ma réponse au Nonce apostolique. Les choses sont allées très vite !

Comment vivez-vous cette nouvelle mission depuis ?

J’ai été ordonné évêque avec Mgr Denis Jachiet, en septembre. J’ai été très heureux que nous soyons deux. Juste après, je suis parti suivre la session pour les nouveaux évêques à Rome. Nous étions 160. Cela m’a permis d’avoir une semaine un peu plus calme et de découvrir la collégialité des évêques, de faire connaissance, entre autres, avec les évêques français nouvellement ordonnés. Nous avons rencontré le pape François en audience où il nous a fait un discours marquant. Et il a tenu à saluer chacun.

Que découvrez-vous de la vie d’évêque ?

J’ai été très frappé par l’attention et l’accueil fraternels des évêques, par les courriers reçus, quelles que soient les personnalités. Ici, en Assemblée plénière, je retrouve cette fraternité et je suis frappé de la simplicité des échanges entre nous. Evêque depuis 8 semaines, il me faut vivre une maturation à double titre : en tant que vicaire général et en tant qu’évêque. C’est avec humilité que j’arrive ici : j’observe et j’écoute. Auxiliaire, je suis au service de l’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois. Ce qui est particulier, c’est que je suis originaire de Paris donc je connais déjà le diocèse. Mais il y a une phase « d’apprivoisement » de mes missions, d’où une certaine réserve. Je crois qu’il faut être soi-même et avoir confiance dans le Seigneur. Il m’a appelé grâce, malgré et avec ce que je suis.

Quelles sont les missions confiées par l’archevêque de Paris ?

Il y a d’abord l’accompagnement des prêtres, des diacres et des paroisses sur l’Ouest et le Nord-Ouest de Paris : entre la Porte de Saint-Cloud (16e) et la Porte de Saint-Ouen (18e), avec pour pointe La Trinité (9e). Les réalités sont très variées. Comme vicaire général, je suis chargé de sujets transversaux, notamment l’enfance et l’adolescence, les aumôneries d’hôpitaux et les fraternités des prêtres missionnaires pour la Ville. Le cœur de métier est la disponibilité pour les prêtres. Et excellente nouvelle : le travail ne manque pas!

Un des sujets de travail est la vocation de prêtre diocésain. Comment l’abordez-vous ?

J’étais, ces deux dernières années, au Service Diocésain des Vocations. Nous avons beaucoup de prêtres en mission en banlieue ou à l’extérieur de Paris. Les fraternités des prêtres missionnaires pour la Ville, que j’accompagne, regroupent 50 prêtres, âgés de 35 à 60 ans. Ils ne sont pas tous uniformes. C’est beau de voir leur « niaque » pour la mission. Je suis aussi frappé par le fait que beaucoup de jeunes résonnent à court terme. Ils s’identifient à telle formation, telle communauté : il y a donc un aspect « marketing ». D’autre part, je me souviens, à la maison Saint-Augustin, d’un garçon qui s’interrogeait sur sa retraite, sa vieillesse… D’où l’attention de l’évêque à la « carrière » des prêtres, à les soutenir. Je demande souvent aux prêtres s’ils ont encore leurs parents. Parfois on se rend compte de fragilités, de soucis. On a beaucoup insisté, à la session à Rome, sur le rôle de l’évêque comme père, frère et ami des prêtres.

Sa devise épiscopale : « Si tu savais le don de Dieu » ?