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Le tabac, c’est tabou, on en viendra tous à bout

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Chronique de Mgr Batut, évêque de Blois, sur RCF :

« Chacun sait qu’en matière législative, notre représentation nationale n’est jamais à court d’idées. Celle d’interdire le tabac, finalement abandonnée, mérite qu’on s’y arrête.

Une idée quelque peu gérontophobe, il faut bien le dire : l’interdiction devait s’appliquer aux français nés au XXIe siècle, ce qui veut dire apparemment que les autres (dont je fais partie) étaient réputés irrécupérables, ou bien suffisamment vieux pour ne plus mériter qu’on se préoccupe de leur survie. Tant pis, donc, pour les plus de 15 ans : ils n’avaient qu’à naître plus tard !

Mais il y a plus intéressant. Pour justifier un projet de loi supprimant une liberté (en l’occurrence celle de fumer), certains ont argumenté en disant que maintenir cette liberté revenait à favoriser un esclavage, puisque le fumeur est dépendant de son tabac. « La liberté d’une consommation, explique une journaliste, c’est de pouvoir l’interrompre quand on l’a décidé. Les fumeurs ne le peuvent plus. Ils sont manipulés, trompés, et leur liberté n’est en ce domaine qu’un leurre, une illusion. »

Je n’ai pas d’opinion particulière sur le sujet de l’interdiction du tabac, mais je me suis pris à rêver au nombre de pseudos libertés dont on pourrait dire exactement la même chose. Dans quelle mesure l’intoxiqué de la télévision, d’internet ou du téléphone portable est-il libre de mettre un terme à son addiction ? Et cela vaut pour tous les conformismes sociaux, vestimentaires ou consuméristes en tous genres, comme les jeux de hasard, qui rapportent des milliards à l’État en détruisant des personnes et des familles. On dira que toutes ces dépendances, à la différence du tabac, de l’alcool ou de la drogue, ne nuisent pas à la santé. Ce serait avoir une idée bien restrictive de la santé, ramenée à l’intégrité physique… Et puisque je viens d’évoquer la drogue, on peut s’étonner que l’éventualité de l’ouverture de salles de shoot revienne périodiquement dans le débat public, alors qu’on parle dans le même temps d’interdire totalement le tabac.

On voit que si l’on se mettait en tête d’interdire tout ce qui est nuisible, on pourrait aller très loin. Reste à se demander qui peut avoir intérêt à prêcher la vertu en prenant des mesures coercitives dans certains domaines, sans jamais parler des autres. Ce sujet nous ferait déborder des limites de cette chronique, mais je vous engage à y réfléchir : c’est peut-être, justement, un enjeu de liberté. »

11 comments

  1. gipsy

    Et après les gens nous explique quitter ou détester l’Eglise parce qu’elle nous culpabilise de nos péchés et nous impose des règles via ses10 commandements ….

  2. Daniel

    Si tous les évêques donnaient des directives à tous leurs prêtres d’ouvrir des débats paroissiaux après avoir ouvert les polémiques lors d’homélies, afin de détruire l’erreur dans la tête des gens. Si le journal « La Croix » et d’autres périodiques, et radios, plus ou moins sulfureux et relativistes osaient défendre la vérité, le peuple chrétien serait plus nombreux, plus fier de son Christ et Seigneur, plus respecté par les libertins, pseudo-penseurs pseudo dirigeants du peuple à qui ils pourraient s’opposer et demander des actes moraux. Il faudrait leur désapprendre la langue de buis et leur apprendre la force des mots et la splendeur de la vérité. Leur apprendre à parler avec discernement, et clairement.
    Le peuple chrétien a tous les moyens pour cela en ne soutenant pas les mauvais évêques, en prenant des initiatives qui les débordent.
    Et si la chrétienté avait un bon niveau morale, on verrait beaucoup plus de musulmans quitter leurs ablutions et venir demander le Baptême dans l’eau et l’Esprit, échanger leur faible ‘Issa contre le Seigneur Jésus-Christ, Roi de l’Univers, seul Maître capable de remplir leur soif de lien avec Dieu et de vie morale. Et la paix venir sur la Terre du Moyen Orient, certes au grand damne de Lucifer qui y trouve aujourd’hui son compte.

  3. Cassianus

    Bien vu. La liberté intérieure est autre chose que la liberté juridique. Et s’il fallait priver les gens des choses qui leur font du mal et dont ils sont incapables de se passer, c’est absolument n’importe quoi qui pourrait devenir, du jour au lendemain, l’objet d’une prohibition légale. Et je ne dis pas cela pour défendre la liberté de fumer, dont j’ai personnellement à subir les effets toxiques chaque fois que je vais dans la rue. Un seul fumeur peut empoisonner un trottoir sur vingt mètres ou plus, c’est une calamité.

  4. jade

    Quel dommage d’utiliser les antennes pour des balivernes de ce genre…
    Quel beau sermon il aurait pu faire sur le Bon Dieu !
    A quoi servent les évêques ? Sont ils devenus des professeurs de science naturelle ?
    Ils ne pensent pas qu’après de tels discours ils vont recevoir le denier du culte, pour quel culte ?

  5. ROMANOS

    Très bonne contribution.
    Bravo et merci Monseigneur !

    Cependant, n’avez-vous pas dit « réfléchir » ?

    Vous n’y pensez quand même pas !

    Que faites-vous de la suppression inique, imposée aux femmes, du « délai de réflexion », avant ce qu’on appelle une I.G.V. , selon le camouflage terminologique de la doxa politico-médiatique qui décervelle, manipule et crée ce qu’on appelle « l’opinion publique »?

  6. Jérôme

    « Quel dommage d’utiliser les antennes pour des balivernes de ce genre…
    A quoi servent les évêques ? Sont ils devenus des professeurs de science naturelle ? »
    Oui c’est bien cela. Et quant à Mgr Vingt-Trois, tout ce qu’il trouve à dire c’est qu’il faut changer de modes de vie pour soutenir le plan climatologie et écologie cher au gouvernement. Elles sont courageuses les exhortations de nos prélats!
    Quel malheur de ne pas entendre un seul évêque élever la voix face à cette nouvelle loi santé qui donne un quota obligatoire aux hôpitaux pour les IVG, annule le délai de réflexion pour les femmes , augmente les possibilités de manipulation des embryons etc etc. Quelle misère. Quel scandale.

  7. BRUNIER

    Le socialo-communime, c’est pas tabou et on en viendra à bout…
    Allez petits néo staliniens, champons de la pensée unique à deux ballles, si nos libertés, dont vous rognez doucement les ailes, gênent votre idéologie néantisante…mettez-nous au goulag…
    On attend la suite !
    Fumer tue, être chrétien tue, boire tue, conduire tue, mais vivre en prébendier socialo-communiste , siègeant au Palais Bourbon ça conserve !

  8. remy

    Pendant des décennies, la consommation de tabac a été encouragée par l’Etat ( jusqu’à 3 paquets de cigarettes gratuits aux conscrits du Service Militaire, … !) qui y trouvait son compte par l’intermédiaire des taxes.
    Depuis l’Etat s’est aperçu que le traitement médical des maladies dues au tabac, lui revenait globalement plus cher que la perception des taxes. D’où les campagnes délirantes contre les cigarettes, et jusqu’à l’idée totalitariste d’interdire complètement le tabac.

    Mgr Batut a raison de parler de cette énormité, car elle est attentatoire à une liberté basique, étant entendu que la liberté du non fumeur dans une atmosphère saine doit aussi être respectée.
    Ceci dit j’espère qu’il parlera (ou a déjà parlé) des dernières monstruosités législatives (suppression du délai de réflexion pour l’avortement, …)

  9. Courivaud

    du baratin.

    Et pendant ce temps, Monseigneur, vous dites « silence on tue » :
    – les enfants non jugés dignes de vivre parce que certaines disent « mon corps est à moi »
    – les êtres humains qui ont « vocation à l’euthanasie »
    – les chrétiens d’Orient, d’Afrique, d’Asie….

    et cela ne vous indigne pas ? vous n’avez VRAIMENT pas honte ?

  10. C

    Bravo à Mgr Batut de parler vrai, et je propose de mettre sur nos paquets de cigarettes « l’IVG tue, l’euthanasie aussi! », même si le penser est déjà un délit.

  11. Pauvre pécheur que je suis

    La chronique de Mgr Batut, évêque de Blois, ne manque pas de courage et elle est d’un réaliste frappant en ce qui concerne les interdictions illusoires de notre pauvre monde contemporain…

    Nous sommes dans une triste époque d’une grande déviance entre le bien et le mal, que ce soit les mariages entre gens de même sexe, transgenre, avortement, gain excessif à la gloire du dieu argent, la pollution par les avions qui nous jettent plus d’une tonne de kérosène sur la tête chaque jour, tout comme la maudite fumée de nos automobiles que nous respirons à cœur de jour, et j’en passe..

    Sans vouloir et chercher à défendre les fumeurs, dans un article à Ottawa au Canada malheureusement sans le trouvé, on voulait permettre de faire un acte explicite et érotique, mais à condition qu’un des acteurs ne fume pas !

    Une belle chronique pour nous sortir de nos illusions +++

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