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Le venin de Bruno Frappat

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C’est L’Homme Nouveau qui réagit à un billet du journaliste dans La Croix de début janvier :

« Il fallait s’y attendre, et, de nouveau « ils » ne nous ont pas déçus. « Ils », ce sont certains journalistes catholiques, qui se croient tout permis. On pouvait s’attendre à ce que le fameux discours des « quinze maladies de la Curie » du Pape François fût l’occasion d’articles où le fiel se mêlerait à « l’arrogance hautaine et au mépris » à l’égard de cette vénérable institution, qui, il faut l’avouer, en a vu d’autres, bien plus graves, au cours de sa longue histoire. Or, dans sa chronique intitulée « humeur (bien nommée) des jours », Bruno Frappat (La Croix, 3-4 janvier 2015, p. 28) s’est en quelque sorte surpassé, emporté par un élan… « vengeur ». Mais citons cette phrase « formidable » (allusion au discours « formidable » du Pape) pour ne pas être accusé de tronquer la vérité, voire de faux et usage de faux (on ne sait jamais…) :

« Le Pape, par son discours formidable, nous avait sinon vengé (sentiment peu chrétien…), du moins avait-il fait passer sur le sombre souvenir une lumière très pure et joyeuse ».

Oui, si, comme l’affirme le dicton bien connu : « la vengeance est un plat qui se mange froid », notre « bon » journaliste a dû ruminer la sienne depuis bien longtemps, et nous en sommes désolés. Prions pour qu’à la place de ce venin, qu’il a généreusement partagé avec ses lecteurs (mais, n’a-t-il pas tous les droits ?), il retrouve la paix du cœur, fruit du pardon, ainsi d’ailleurs que les collègues de ce « bon » journal (gentille allusion à la ci-devant « Bonne Presse »). Toutefois, Bruno Frappat est tellement convaincu d’avoir raison (n’est-il pas journaliste, c’est-à-dire l’équivalent moderne des anciens Docteurs en Sorbonne, devant qui tous étaient priés de s’incliner ?) qu’il est inutile de pousser plus avant l’analyse de cet article.

Les poncifs habituels

D’ailleurs, qu’y trouve-t-on, sinon tous les poncifs dont certains affublent la Curie romaine et les milieux dits « traditionalistes » depuis des décennies ? Ah, comme elle était méchante, cette « autorité ecclésiastique de haut niveau » (cf. article) méprisante et machiste, jusqu’à la caricature, dont on ignore encore l’identité (et pour cause…), enfermée dans ses certitudes surannées et ridicules, et recevant ses hôtes dans le cadre kafkaïen des « bureaux romains » (cf. article, etc ! Nul doute que, même « recasé dans un poste moins central » (merci pour ce renseignement et cette appréciation… objective), le haut prélat en question est « très conservateur », donc peu ou pas « ouvert » (à quoi ?), selon l’étiquette aimable dont certains journaux et périodiques affublent quelques cardinaux et évêques, ce qui équivaut, sinon au peloton d’exécution médiatique (solution on ne peut plus définitive, car cette image de marque implacable les suivra toute leur vie quoiqu’ils disent ou fassent…), ou, du moins – et c’est un trait d’humour – à avoir contracté une seizième maladie (« le conservatisme ») dont on a peu de chance de se relever, du moins dans certains médias qui forgent lentement, jour après jour, et patiemment, l’opinion publique…

Gageons que Bruno Frappat qualifiera cette brève réponse de « calomnie sirupeuse » (cf. article), et donc humiliante à souhait pour un journaliste qui, nous l’avons compris depuis longtemps, est, par nature, dépourvu de tout préjugé (!), ce qui lui donne le droit d’écrire n’importe quoi sur n’importe qui… et d’adopter une posture de victime outragée s’il se trouve, sur son chemin, un malheureux détracteur, même modeste et respectueux à son égard.

Savoir se taire

Que l’on me permette cette ultime réflexion au sujet de l’humiliation éprouvée par Bruno Frappat : il existe au moins une différence entre un journaliste et un « curialiste » (et plus généralement un membre de l’Église-institution, selon l’expression consacrée : membres du clergé, religieux et religieuses, responsables d’associations catholiques…) : le journaliste humilié (ou du moins certains d’entre eux…) estime avoir le « droit » (en a-t-il le devoir ?) de tremper sa plume dans le fiel d’un article « vengeur ». De son côté, le « curialiste » humilié préfère se taire pour le bien de l’Église et du Pape, qu’il s’efforce de servir de son mieux, et, tout en pardonnant sincèrement à l’imitation de son Seigneur et Maître, il offre ces petits inconvénients pour le salut de son âme pécheresse et aussi, comme l’a recommandé Notre-Dame à Fatima, pour le salut des pécheurs (dont les journalistes font quand même partie eux aussi…).

Alors, comme ne cesse de le répéter le Pape François, cessons tous ces commérages, accueillons-nous mutuellement, pardonnons-nous si nous avons subi quelque offense, et, surtout, « marchons », oui marchons, et « ramons », oui ramons, même contre les vents contraires de l’esprit du monde marqué par une certaine « dictature du relativisme » (expression bien connue de Benoît XVI), et, comme le disait saint Jean-Paul II« avançons au large » – duc in altum ! N’est-ce pas M. Frappat ?

11 comments

    • sygiranus

      Un peu facile comme réponse ! L’évangile aussi a paru excessif aux yeux de certains. La vérité et la justice ont droit à la défense quand elles sont bafouées, c’est alors un devoir !

  1. Hervé Soulié

    N’attachons pas une importance excessive aux propos de Bruno Frappat, ni même à son personnage.
    Il est certainement un ancien journaliste connu, mais il n’est plus qu’un spectateur âgé, rien de plus.
    Et, après tout, il a le droit d’exprimer son opinion personnelle.
    Et nous aussi nous avons le droit et même le devoir d’exprimer notre opinion : cette opinion, c’est que le discours du Pape François à la Curie à l’occasion des voeux aurait peut-être été légitime s’il avait été prononcé en privé, mais que, prononcé en public devant des centaines de millions de spectateurs, il en devenait déplacé, et même malveillant.
    Car c’est quand même bien la Curie qui assure l’indispensable gouvernement de l’Eglise, c’est elle qui décharge le Pape de beaucoup de soucis de détail qui entraveraient son activité de pasteur universel, enfin c’est elle qui lui prépare ses nombreux discours (tâche bien nécessaire…) et ses multiples interventions publiques.
    François pourrait avoir à son égard une certaine reconnaissance…

  2. Courivaud

    Savoir se taire ne s’adresse pas seulement à ce journaliste qui se prend pour un (saint)-esprit frappeur,
    mais aussi au pape François 1er. Nous, catholiques ne fréquentant pas la Curie romaine, n’apprécions guère ses divagations verbales à la « Reppublica » ou au sortir d’un voyage en avion. Car, comme vous le savez bien, nous ne sommes pas ceux que l’on étiquette bien facilement : « tradi », « modéré », « progressiste », et., et sûrement pas des lapins !

  3. philippe 01

    N’est -ce pas M. Bruno Frappat qui était rédacteur en chef du journal La Croix lorsque cette vénérable institution encensait la gauche des années Jospin-Aubry et dépassait toutes les bornes de la sottise (je veux rester poli)
    en titrant à la une et en gros caractères s’il vous plait:
    le mercredi 11 mars 1998 : « Les lycéens veulent la semaine de 35 heures… »
    et rebelote le mardi 5 octobre 1999: « La vie commence après 35 heures… »
    A l’époque j’avais écrit pour dire mon indignation, en me demandant « s’il y avait un pilote dans l’avion de la rédaction » J’attends encore la réponse de M. Frappat et de ses brillants collaborateurs de l’époque…

  4. toto

    « Alors, comme ne cesse de le répéter le Pape François, cessons tous ces commérages, »
    Ah bon, Il répète cela sans cesse le Pape? Alors pourquoi ne l’applique-t-il pas lui -même?
    Est-ce que son catalogue des 15 maladies n’appartient pas à la catégorie des « commérages », en public qui plus est?
    La correction fraternelle se fait d’abord en petit comité, sur des cas précis. Ensuite, on prend des sanctions, sur des cas précis et avérés. La généralisation imprudente du Pape s’apparente plus aux méthodes staliniennes qu’aux méthodes évangéliques. Et une preuve, puisque ces commérages papaux plaisent au stalinien Frappat, ils ne sont pas un bon exemple.
    Docteur, guéris-toi toi-même.

  5. Fred

    En fait, l’Eglise catholique n’est qu’une multitude de sectes qui ont le même pape.
    Pourquoi une semaine, un mois pour l’unité de l’Eglise romaine ???

  6. Roger le Masne

    Ce genre d’article m’irrite. Il y a trop de verbiage, trop de sous-entendus ou d’allusions. De plus cet article n’est pas signé. On ne sait pas qui parle, tellement il y a de guillemets, est-ce l’auteur de l’article ? Est-ce l’Homme nouveau ? Est-ce Bruno Frappat ?
    Une seule phrase m’a plu : « Savoir se taire ». Hélas ! Et il est ajouté « Que l’on me permette cette ultime réflexion au sujet de… ». Que l’on permette à qui ?
    Il aurait au moins fallu citer l’article de la Croix pour que l’on juge sur pièces.
    Cet article est donc inutile et m’a fait perdre du temps.
    RLM

  7. Maurice

    du journaliste Bruno Frappat dans La Croix, 3-4 janvier 2015, p. 28)
    Voilà, tout est dit dans cet extrait de phrase (ou plutôt dans se extraits) : la croix est autant catholique que je suis évêque ! Il y a bien longtemps que ses articles ne le sont plus !

    La croix ? Il nous la fait porter cette croix en faisant penser à des personnes que les articles publiés sont en accord avec le catholicisme de par le titre de ce journal, peut-être celui des néo-protestants V2 mais pas de tous.

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