dsc07554

L’Eglise dans sa marche ici-bas a besoin de prêtres

Download PDF

Homélie de Mgr Pontier  lors des ordinations presbytérale et diaconales :

« Sois le berger de mes agneaux, sois le pasteur de mes brebis. »

C’est dans de tels passages de l’Evangile que l’Eglise a pressenti la manière dont le Seigneur Jésus réaliserait sa promesse de ne jamais laisser seuls ses brebis, ses disciples : « Et moi, je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin des temps. » Le cœur de notre foi est bien là. Dieu est présent à la vie de ce monde et à la vie de chaque être humain. Nous ne nommons pas Dieu comme on nomme une explication du monde. Mais nous le nommons comme un Père, comme une présence aimante. Notre foi ne nous fait pas parler de Dieu, mais elle nous apprend à Lui parler, à le reconnaître vivant et présent, à l’écouter, à l’aimer.

Ce soir, l’Eglise qui est à Marseille est heureuse parce qu’elle ordonne diacres et prêtre trois jeunes hommes dont le ministère, uni à celui de l’évêque, va contribuer à manifester d’une façon particulière ces liens entre Dieu et les hommes, à nourrir l’amitié avec Dieu, à rendre présent l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, poursuivi par l’Esprit Saint à travers le mystère de l’Eglise qui est le corps du Christ.

Oui, l’Eglise dans sa marche ici-bas a besoin de prêtres et de diacres. Vous le savez bien, frères et sœurs, vous le savez bien, vous les jeunes qui bénéficiez de leur engagement et de leur ministère auprès de vous lors des rencontres diverses, des pèlerinages, des temps forts, des camps, de la préparation aux sacrements, de la célébration de la réconciliation, quand vous pouvez venir déposer vos épreuves, votre péché et entendre une parole de pardon, de renouveau. Entendre en quelque sorte le prêtre vous redire, comme Pierre et Jean à l’infirme de la Belle Porte : « Je n’ai pas d’or ni d’argent, mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ, le Nazaréen, lève-toi et marche. » Lève-toi, reprends ta marche. Tu n’es pas seul. Serre la main de ton Seigneur et avance. Ou encore lorsque vient le prêtre et que l’eucharistie est célébrée en mémoire du Seigneur Jésus et qu’une immense et profonde communion d’amour se noue entre chacun et le Christ et entre nous tous qui communions au même corps.

Chaque prêtre a été auparavant ordonné diacre. Exerçant ce ministère, il a pu contempler la manière dont le Christ Jésus a été prêtre, serviteur de la rencontre du Père. Il l’a été en faisant le bien, en se faisant serviteur, en lavant les pieds de ses disciples, en guérissant, en soutenant, en relevant, en encourageant. Il l’a été en faisant de sa vie un don pour ses frères, en prenant la dernière place. Il l’a été non pas de haut ni de loin, mais d’en bas et de près, en allant vers, en sortant, comme aime dire notre pape François. Il l’a été en embrassant plus qu’en punissant, en servant plus qu’en ordonnant, en comprenant plus qu’en condamnant. Sa tenue de service était un tablier, sa force, celle de l’amour qui finit par triompher de tout et de tous.

Voilà à quoi vous vous engagez ce soir, Antoine et Arnaud : à poursuivre votre contemplation du Christ serviteur. On appelle ce ministère du diaconat celui de la charité de l’Eglise. Dans votre manière de vivre, d’enseigner, de célébrer, de témoigner, demandez-vous toujours si transparaît le visage d’amour du Christ faisant don de sa vie pour le salut du monde. Suivez-le sur le chemin qui va vers les plus éprouvés, les plus faibles, les plus fragiles.

Et toi, Romain, n’oublie jamais cette manière du souverain prêtre dont tu as été marqué voici un an, le jour de ton ordination diaconale. Aujourd’hui, l’Eglise te confie le ministère presbytéral. Elle fait retentir aux oreilles de ton cœur le dialogue de Pierre avec le Ressuscité : « M’aimes-tu vraiment ? » « Sois le berger, le pasteur de mes brebis. » Un berger, prêt à donner sa vie pour les brebis qui lui sont confiées par le propriétaire du troupeau, le Seigneur. Prêtres, nous ne sommes pas propriétaires du troupeau qui nous est confié, nous en sommes les bergers, les pasteurs, chargés de conduire, de nourrir, de protéger, de soigner, de garder dans l’unité. Dans un instant, tous les prêtres du diocèse, ces bergers d’aujourd’hui, vont à ma suite t’imposer les mains. Tu vas devenir l’un d’entre eux par le don de l’Esprit. On n’est pas prêtre tout seul, on l’est en quelque sorte ensemble, unis à l’évêque qui préside à la charité, à la communion et à la mission, unis au pape qu’on appelle aussi le Serviteur des serviteurs de Dieu.

Quel beau moment pour vous trois, mais aussi pour nous tous, Eglise qui est à Marseille. Le Seigneur ne nous abandonne pas. Il est bien là. Ensemble, baptisés et confirmés, nous sommes l’Eglise du Christ, cette Eglise qui, en ce monde d’aujourd’hui, ne cesse de chanter les louanges du Dieu qui aime les hommes, du Dieu qui a retourné Saul pour en faire l’apôtre des nations. Laissons-nous retourner par l’amour inouï de Dieu pour nous. Laissons-nous entraîner dans une vie avec et pour nos frères les hommes. Soyons des témoins actifs et généreux de la tendresse et de la bonté de Dieu.

Et que la Bonne Mère, Marie, Notre-Dame de la Garde nous garde dans la confiance en la fidélité aimante de Dieu. »

3 comments

  1. Louis JACQUES-FRANCOIS dit LOCARD

    Je vous salue…
    A temps et à contretemps.
    Notre Seigneur JESUS-CHRIST nous dit : «Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »
    Combien d’entre nous, après une épreuve, repartent sur les mêmes bases ?
    Ne comprenons-nous pas que les mêmes causes conduisent aux mêmes effets ?
    Après avoir jeûné, ne recommençons pas à tomber dans la gloutonnerie. Ou bien ne mangeons pas, le lendemain d’un jeûne, le double de nourriture pour compenser l’abstinence d’un jour. Si notre progrès spirituel ne progresse pas, c’est que nous sommes sur le mauvais chemin. Spirituellement, demain doit être meilleur qu’aujourd’hui. Autrement, il y a, forcément, quelque chose qui ’cloche’.
    Nos vieilles outres sont là pour nous rappeler d’où nous venons.
    Le vin nouveau, c’est Notre Seigneur JESUS-CHRIST! Il n’habite pas dans un corps tributaire du péché. Donc n’hésitons pas à ‘faire le ménage’ dans notre façon d’être. Regardons qui nous fréquentons, car toutes les compagnies ne sont pas bonnes pour notre édification spirituelle.
    Nous devons, dans nos outres neuves, n’y mettre que des paroles sorties tout droit de l’ESPRIT-SAINT, en renonçant à ce qui fit nos ‘délices’ lorsque nous étions du monde.
    En attendant le retour du Maître, soyons vigilants. Soyons vigilants pour que le bon vin se conserve et rejaillisse dans la Vie Éternelle ! Car c’est à ça que tout homme est appelé. Et n’oublions pas que, l’an prochain, nos outres neuves seront devenues vieilles !
    Que DIEU vous bénisse et vous garde dans Sa Paix et Sa Joie, pour la Vie Éternelle !
    Merci !
    JFL

  2. Pauvre pécheur que je suis

    Oui ! Nous avons besoin d’ouvriers et d’ouvrières !

    Savons-nous avant de les juger, les recevoir et les écouter sans perdre de vue notre foi au Christ ressuscité en proclamant le véritable sens de l’Évangile sans pour autant rechercher l’orgueil de notre pouvoir ?

    Nous avons tous un pas à franchir et aurons-nous le courage de faire ce pas ?

    Prions l’Esprit saint de nous éclairer + + +

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *