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« L’Eglise en France a besoin de beaucoup d’évêques »

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Nommé le 17 décembre 2014 par le Pape François, Mgr Jean-Marc Eychenne sera ordonné évêque de Pamiers dimanche 15 février. Il participait, fin janvier à Paris, à la formation des nouveaux évêques. Il explique en quoi cela consiste :

Je participe à la formation proposée aux évêques nommés ou ordonnés depuis moins de 3 ans. J’ai déjà eu quelques contacts dans mon nouveau diocèse. Je vais pouvoir arriver avec mon attestation de stage en disant : « Regardez, j’ai le diplôme ! » Plus sérieusement, ce temps est très intéressant. Il y a des échanges avec de jeunes évêques, encadrés par des anciens, sur les enjeux des premiers moments et ce à quoi il faut vraiment être attentif. On le voit dans la communication : quand on arrive sur un site Internet, la page d’accueil dit des choses. Pour un évêque, les premiers gestes, comme les premiers signes, vont marquer les gens. Pour éviter de se tromper en prenant tout le monde à « rebrousse-poil » d’entrée, il vaut mieux être un peu préparé et profiter aussi de la sagesse spirituelle des anciens qui savent dire à la fois la difficulté de la mission – toute mission chrétienne passe aussi par des croix – mais en même temps les joies et les enthousiasmes qu’il y a à répondre à cet appel et à essayer de vivre ce ministère dans un esprit de conversion. On est revenu sur cette idée. J’avais un Supérieur de séminaire qui, quand on lui demandait comment faire pour être un bon prêtre, répondait : « Essaie d’être un bon chrétien, cela devrait bien se passer ». C’est la même idée pour un évêque. Si j’essaie toujours de me convertir un peu plus au Christ, j’ai peut-être un peu plus de chance de faire mon travail un peu plus honnêtement.

Quelles sont vos attentes ?

J’ai reçu de nombreux mot d’accueil de la part d’évêques pour m’accueillir dans le collège épiscopal. C’est un premier temps pour vivre cette dimension fraternelle et collégiale, sachant qu’entre les assemblées plénières et les petites équipes de partage, nous avons besoin de nous appuyer les uns sur les autres, en termes de conseils, d’idées à puiser, de chausse-trappes à éviter… Comme dans tous les « métiers ». Parfois nos difficultés ou nos joies d’ailleurs, sont plus difficiles à partager avec des personnes qui n’ont pas les mêmes responsabilités que nous, même au sein du diocèse. Je connais le ministère épiscopal puisque j’ai été vicaire général, en compagnonnage avec plusieurs évêques. En même temps, il y a peut-être des éléments caractéristiques de la mission d’évêque dont je n’ai pas pris la mesure. Je suis là pour entendre et écouter.

Comment avez-vous accueilli l’appel du Pape à devenir évêque ?

L’Eglise en France a besoin de beaucoup d’évêques car plusieurs sont atteints par la limite d’âge. C’est vrai que les vicaires généraux sont un peu dans l’œil du cyclone. Je m’étais dit que cela pouvait arriver, que le Nonce apostolique pouvait m’appeler. Quand un Nonce appelle, il y a deux raisons : soit on a dit des bêtises dans la presse soit il a une proposition à faire. C’est comme cela que ça s’est passé. Dans ces cas-là, il y a la joie de voir que le Christ, à travers son Eglise, nous fait confiance. En même temps, on a le sentiment que la tâche ne nous correspond pas. On se trouve bien modeste ! Cela veut dire aussi qu’il faut quitter des relations riches. J’étais dans le Loiret depuis 27 ans, ayant travaillé avec toutes sortes d’hommes et de femmes, de jeunes et de moins jeunes… Cela veut dire des arrachements aussi : si on a un cœur de pasteur, on aime les gens. Les quitter coûte. Un peu comme il en coûte au pèlerin quand il a été accueilli à l’hôtellerie sur le chemin de Saint-Jacques et que cela s’est bien passé. Il faut bien repartir, reprendre la route. Je suis heureux mais avec un pincement au cœur pour tout ce que je vais quitter : les personnes, les projets bâtis ensemble, toute une communauté, pas forcément que des chrétiens.

Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Je retiens plutôt la diversité ou l’éclectisme. J’ai été à la fois aumônier de jeunes – comme le sont souvent les jeunes prêtres – en même temps curé de paroisse dans des territoires « rurbains », en périphérie de l’agglomération d’Orléans, et même dans le rural, une expérience que j’ai trouvée riche. J’ai aussi été curé dans un quartier dit « sensible », aux périphéries d’Orléans. Le compagnonnage au quotidien avec des religieux et religieuses est quelque chose qui me parle. Je n’ai pas été de manière prioritaire dans un chantier ou un secteur pastoral unique. J’ai pu vivre tout un éventail de situations et de réalités, ce qui peut constituer une richesse pour une expérience missionnaire nouvelle.

Sa devise épiscopale est « Non oportete adgere sed agi ». Cette phrase de Madeleine Delbrêl signifie : « Il n’importe pas tant d’agir que d’être agi ».

« L’idée qui me parle aujourd’hui, c’est de ne pas compter sur mes propres forces mais de me laisser conduire par l’Esprit Saint ».

6 comments

  1. Michelet

    Ah bon, parce qu’il y a des stages de formation pour être évêque ?
    Honnêtement, ça ne se voit pas. Il vaudrait mieux pas trop s’en vanter…

  2. Cassianus

    C’est toujours le bon vieux style camarade de chantier, faussement décontracté pour mieux piéger les naïfs. Je le vois très bien prendre l’apéro avec les copains du secteur. Il est irréprochablement « périphérique » et ennuyeux comme une banlieue triste.

  3. Gilberte

    A le lire on ne voit pas bien la différence entre un prêtre et un évêque. Bien vivre ensemble mais pour aller vers ou, et ne pas piétiner quelqu’un montre le chemin

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