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Les évêques de l’Ouest soutiennent les agriculteurs

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Réunis en session à Crehen dans les Côtes d’Armor, l’ensemble des évêques de Bretagne et des Pays de la Loire a co-signé une tribune pour défendre les agriculteurs durement touchés par une crise sans précédent et en appellent à une prise de conscience et des mesures concrètes.

« Il nous est impossible de vivre sans nourriture ! Les agriculteurs qui la produisent ont un métier particulièrement noble. Ils méritent la reconnaissance et la considération de toute la société.

Nous rencontrons souvent des agriculteurs. Ils cultivent le sol, travaillent avec le vivant, animal ou végétal. Nous sommes témoins de leur passion pour leur métier et de leurs réflexions pour mieux faire, mais aussi de leurs inquiétudes et de leurs souffrances, voire de leur colère. Pour certains, l’avenir semble bouché.

Avec notre foi en Dieu, Père et Créateur, nous sommes convaincus que les hommes ont la mission de faire fructifier la création de manière raisonnable et audacieuse.

Réunis pour réfléchir sur l’écologie, conscients qu’il est nécessaire de rechercher les enchaînements économiques adéquats dans la chaîne agro-alimentaire et la grande distribution, nous attirons l’attention sur les points suivants :

1. Les agriculteurs et leur famille ont le droit de vivre de leur travail. Dans la préoccupation trop exclusive de la productivité, on oublie souvent le bien prioritaire des familles. Il est temps d’oser penser un système économique, régional, national, européen et international, qui garantisse aux agriculteurs la possibilité de produire et de vendre leurs productions selon un juste prix. Travailler dans l’inquiétude en attendant l’octroi de subventions n’est pas satisfaisant.

2. Les agriculteurs ont le droit de choisir le modèle d’agriculture qu’ils souhaitent, pourvu qu’elle soit respectueuse de notre planète destinée à nourrir durablement toute l’humanité. Ils ont un savoir-faire qui mérite d’être partagé et écouté. Ils ont besoin d’être accompagnés sans que leur soit imposé un modèle unique. Le seul modèle qui vaille est celui qui favorise le vrai bonheur, les relations humaines authentiques, ainsi qu’une juste relation à la nature dont les riches potentialités sont complexes. C’est pourquoi recherche et agriculture ont vocation à œuvrer main dans la main pour une écologie pratique digne de notre planète.

3. La qualité de la production de nos agriculteurs n’est plus à démontrer. Ils sont appelés à travailler ensemble selon les filières de production. Il est urgent de dialoguer pour favoriser ces regroupements qui permettront une meilleure vente à l’échelle européenne et au-delà. Pour cela, une harmonisation des coûts de production est nécessaire. C’est une question de justice !

4. Les agriculteurs sont invités à retrouver les solidarités qui les unissent les uns aux autres pour éviter les isolements parfois dramatiques, et pour renforcer les mutualisations qui sont indispensables. C’est une question de survie !

Nous invitons tous les décideurs à mettre en œuvre « une croissance par la sobriété heureuse », selon le mot du pape François. Respecter la nature et respecter l’humain sont liés, insiste le Pape. C’est pourquoi l’engagement écologique passe par le respect des agriculteurs afin qu’aucun d’entre eux ne se sente plus jamais parmi « les esclaves des temps modernes » sacrifiés à l’idole de la productivité débridée alimentée par une concurrence internationale aveugle.

 Fait le 9 février 2016

 Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo
Mgr Emmanuel Delmas, évêque d’Angers
Mgr Thierry Scherrer, évêque de Laval
Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans
Mgr Alain Castet, évêque de Luçon
Mgr Jean-Paul James, évêque de Nantes
Mgr Laurent Dognin, évêque de Quimper et Léon
Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier
Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes
Mgr Nicolas Souchu, évêque auxiliaire de Rennes

Je note que ce communiqué est déjà reproduit sur le site de la CEF. En revanche, la tribune des 7 évêques sur l’avortement, elle a sans doute été perdue…

9 comments

  1. chui Zemmour

    oui mais quand on ne respecte pas à la nature en l’assassinant avec produit chimiques et autres pesticides comment peut-on respecter l’humain. La terre ne nous appartient pas elle appartient à nos enfants et qu’est-ce cette agriculture pétrochimique va leur laisser. Il y a d’autres manières de nourrir le monde, mais il faut peut-être ouvrir les yeux. Et comme disait un jeune agriculteur à un plus âgé, « avant de vouloir nourrir le monde( puisque c’est le leitmotiv du syndicat agricole bolchevik) commence par te nourrir toi-même »

  2. allegrovivace

    il fallait faire une déclaration.
    Elle « enfonce des portes ouvertes », c’est peut être une incantation.

    Reste que les agriculteurs n’en peuvent plus et ils sont déjà gavés par les « bonnes paroles » dont ils n’ont que faire.

    Le problème est technique et politique donc du ressort des « fidèles laïcs ».
    Les évêques se devaient de signaler leur attention au problème de l’agriculture qui est un élément de la mondialisation dont ils sont acteurs depuis leur soutien implicite à leur J.A.C qui a conquis la FDSEA, le MRP devenu socialo-communiste et laïco-mondialiste. (…)

    Le problème des agriculteurs a un cousinage avec « l’arroseur arrosé »

    Les évêques se situent en amont des problèmes de l’agriculture. Qu’ils s’occupent de ce qui les concerne d’abord : être gardiens de la foi et de la doctrine – prêcher le décalogue et l’Evangile.
    Le reste sera obtenu par surcroît.

    Allegroviace

  3. lle evêques se réunissent pour soutenir les paysans et n’ont aucun geste pour soutenir (suf 7) ceux qui sont Pro Vie… quelle ironie ils font de la politique et à juste titre pour les paysans et àjuste titre mais ne soutienne pas un des leur squi soutient un des commandements « Tu ne tueras pas »

    • toto

      @Zemmour, allegrovivace, palem
      Vos trois commentaires mettent bien l’accent sur les problèmes principaux
      Les agriculteurs prisonniers d’un modèle anti-humain capitalo-communiste (les 2 faces d’une même médaille) qui empoisonne l’humanité.
      Les évêques qui ne font pas leur boulot en matière de foi et de mœurs
      Parce qu’ils prêtent foi aux mythes manipulateurs: mythe du progrès, mythe de la démocratie, mythe de l’évolution, mythe de la surpopulation, mythe du réchauffement climatique…

  4. Bonjour depuis que l Eglise française a soutenu Mitterrand elle a mis le doigt dans un engrenage qui l a éloigné de son chemin. Elle se raccroche aux branches sans vérifier si elles sont bonnes et en accord avec la création et le créateur Il lui suffirait de donner le point de vue en accord avec le respect permanent de la création pour retrouver sa place et l affermir avec le temps. seulement voilà l’Eglise dirigeante a t elle encore la conviction que Dieu existe ? Respecter la création c est se mettre au dessus de toutes les querelles partisanes car cette position est sereine continue invariable et juste.

  5. Pauvre pécheur que je suis

    Les évêques sont des pécheurs exactement comme nous !

    Quand ils se corrigent, nous devons les soutenir et non chercher à les détruire + + +

  6. Gilberte

    Tout ce que produisent les agriculteurs nous le trouvons remplacé dans la grande distribution, mais venant de l’étranger surtout Afrique du Nord et Amérique du Sud, en ce qui concerne les fruits et légumes, et en partie pour la viande. C’est une forme d’égoïsme d’accepter cette situation, on mange pour moins cher, tant pis si les agriculteurs sont désespérés ou au bord du suicide; ils avaient pourtant utilisé tout les pesticides qu’on leur avait conseillés pour augmenter les rendements. On se retrouve avec la majeure partie du sous-sol français pollué et des cancers en pagaille dont on n’ose pas désigner les coupables
    Les évêques soulignent le problème mais c’est aux politiques inertes de le résoudre

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