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L’étrange appel de Carême pour l’écologie

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Un appel à signer pour une conversion écologique circule actuellement sur la toile. Précédée d’une citation de Jean-Paul II, ce texte n’engage à rien et semble flirter avec les bons sentiments :

« Il faut encourager et soutenir la conversion écologique, qui au cours de ces dernières décennies a rendu l’humanité plus sensible à l’égard de la catastrophe vers laquelle elle s’acheminait. » Jean-Paul II, Audience générale du 17 janvier 2001, « L’engagement pour éviter une catastrophe écologique majeure ».

Voici cet appel :

« La maison brûle. Où sont les chrétiens ? » C’est la question que posent régulièrement les militants écologistes. Des premiers psaumes aux derniers papes, de sainte Hildegarde à saint François, les chrétiens sont pourtant héritiers d’une sagesse écologique plurimillénaire. Notre tradition n’a cessé de chanter les merveilles de la Création, tout en insistant sur notre responsabilité à son égard. Dans la vision biblique, l’homme n’est pas propriétaire de la Terre, il est son jardinier, son intendant. Dès lors, face aux désastres écologiques, comment les chrétiens pourraient-ils se taire ?

Sur ce point, l’année 2015 s’avère décisive. La France est en première ligne : en décembre aura lieu à Paris le grand sommet des Nations-Unies consacré au climat (COP21). De nombreuses initiatives associatives émergent pour promouvoir des modes de production et de consommation plus équitables et moins destructeurs : « Changeons le système, pas le climat ! »

C’est dans ce contexte que le pape François, qui n’a de cesse d’inviter les chrétiens à « aller aux périphéries », publiera au printemps une encyclique sur le thème de l’écologie.

Pour nous chrétiens, le carême est un temps privilégié pour approfondir l’unité de vie, dans un esprit de sobriété joyeuse. Or, la parole évangélique et la conscience écologique partagent cette exigence spirituelle de simplicité, de mise en commun et de fraternité. C’est ainsi que chacun de nous peut devenir veilleur et acteur de ce bien commun fondamental qu’est la Création, au service de toute la famille humaine.

Ainsi jugeons-nous nécessaire que les chrétiens prennent enfin toute leur part dans ce combat global pour le respect du vivant, en s’engageant spirituellement et concrètement aux côtés des militants écologistes.

Parce que face à la marchandisation de tout, on ne peut séparer l’écologie humaine de l’écologie environnementale,

Parce que le saccage avéré des équilibres naturels et sociaux, dont les plus démunis sont les premières victimes, appelle une transformation radicale de nos modes de vie et de nos structures économiques,

Parce que seule la société civile, dans toute sa diversité, peut réellement inciter les dirigeants à prendre les mesures drastiques qu’impose la gravité de la situation,

Parce que la préservation d’un espace vivable pour tous est une des causes capables d’unir durablement les personnes et les peuples dans un esprit de justice et de paix,

Il est plus que temps de vivre enfin, personnellement et collectivement, dans nos familles et nos quartiers, cette conversion écologique qui est urgence vitale aussi bien qu’espérance évangélique.

Parmi les signataires, nous trouvons 3 évêques :

  • Monseigneur Marc STENGER, évêque de Troyes, président de Pax Christi France
  • Monseigneur Dominique REY, évêque de Fréjus-Toulon
  • Monseigneur Hervé GIRAUD, archevêque nommé de Sens-Auxerre, prélat de la Mission de France

Evidemment, nous pourrions signer cet appel qui n’engage à rien sinon à « vivre une conversion écologique » derrière laquelle on peut mettre tout ce que l’on veut : la sobriété, le respect de la nature et tout un florilège de bons sentiments.

Pour aller plus loin, le site de l’appel propose quelques liens. Et là, ça coince vraiment… Première initiative mise en valeur, celle du CCFD, association philo-marxiste dont on sait qu’elle n’a absolument rien d’écologique. Le CCFD finance en effet, sur fond d’idéologie malthusienne, l’avortement en Amérique du Sud. Difficile de faire plus contradictoire que d’appeler à une conversion sur l’écologie en ne respectant pas le centre de la création : la personne humaine.

19 comments

  1. TM

    Le lien n’est pas pour le site du CCFD, mais pour la campagne de Carême 2015 du CCFD « Tous responsables de la Création ».

    Il y a d’autre liens encore plus « larges », puisque pour celui de l’association « Chrétiens unis pour la Terre » intitulé « Le Jeûne pour le climat », on trouve des signataires de tout poil et de toutes obédiences : femmes « évêques », anglicans, protestants, musulmans, bouddhistes… et même l’inévitable Nicolas Hulot. Est-ce à dire que l’on cautionne toutes les idées de tous les signataires, et tous les liens que ceux-ci pourraient mettre sur leurs sites respectifs, et ainsi de suite ? Soyons sérieux…!

    Vous auriez pu signaler plutôt sur cette même page de liens celui de l’excellente conférence de Mgr Rey, « Appel à une conversion écologique », Acton Institute, San Diego (USA), 23 janvier 2015, http://osp.frejustoulon.fr/appel-une-conversion-ecologique-par-mgr-rey/

    Mais peut-être le soupçon de collusions marxistes d’un côté vous permet-il d’éviter d’un autre côté de répondre à l’appel ecclésial de la conversion à ce sujet.

    • J’avais longuement cité cette excellente conférence de Mgr Rey. Il n’empêche que cet appel verse dans le relativisme et que nous n’avons pas besoin de plus de confusion. Un authentique chrétien ne peut pas cautionner le CCFD.

      • TM

        Encore une fois, mettre un lien sur un appel pour le Carême du CCFD qui invite lui aussi à la conversion écologique n’est pas une caution de tout ce que fait le CCFD ni de toute la pensée qui l’anime.

        La conversion écologique des chrétiens ne consiste pas à faire des chrétiens des écolos façon « Europe Écologie Les Verts », ou comme dirait l’autre, façon pastèque (vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur).

        Mais il s’agit d’une conversion de la pensée écologique par le Christ, les chrétiens devraient être les premiers à s’exprimer sur la question, au nom de la théologie de la Création.

        Celui qui aime Dieu aimera ses œuvres.
        Qui adore le Créateur n’adorera pas la Création, mais la respectera comme un don de Dieu.

        Ou comme dit la Loi scoute : le voit dans la nature l’œuvre de Dieu. Il aime les plante et les animaux.

  2. Nostradmus

    Effectivement le premier combat écologique est le respect de la vie humaine. Pourquoi sauver les pandas, les bonobos, les gorilles ou les bébés phoques et massacrer les bébés humains, les vieux humains ou les humains fous.

  3. rocheteau

    bof ! comme vous dites ça n’engage à rien ! mais c’est « moderne » !
    le principal n’est-il pas d’agir et de vivre en chrétien … respectueux de toute la Création, parce qu’amoureux de son Dieu, et se sentant responsable de ses frères et de tous les êtres et choses créés.
    un vrai chrétien ne peut qu’être « écolo » !

  4. Harvey

    La conférence sur le climat est une vaste arnaque, une récupération politicienne d’un socialiste qui ne sait plus quoi faire pour attirer l’attention et essayer de racoler des voix.
    La terre se réchauffe bien seule, en vertu des cycles climatiques et des périodes glaciaires. Imaginer que l’homme y ait une responsabilité est d’une prétention folle. Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas adopter une vie plus économe des ressources.

  5. C

    Le ccfd est partout dans les églises diocésaines avec de grands panneaux et des banderoles même accrochées à des piliers des nefs.
    Quand on ose dire tout haut que l’on ne donne pas pour le ccfd il faut voir les regards d’incompréhension des personnes et l’on est tout de suite catalogué.
    L’écologie sans baratin et en deux mots, c’est d’abord l’écologie humaine, tout le reste en découle.
    Dommage effectivement que notamment l’évêque de Toulon-Fréjus « se soit laissé avoir », mais c’est avec les erreurs que l’on progresse.

  6. C.B.

    La première démarche écologique consiste à diminuer l’ingestion de produits chimiques sous couvert de médicaments. Donc en particulier de s’abstenir de toute contraception chimique, qui déglingue, par les résidus qui se retrouvent dans les eaux usées, tout l’écosystème aquatique (alertes depuis probablement au moins dix ans sur l’impact sur les poissons): et ce, d’autant plus qu’il existe actuellement des méthodes extrêmement fiables (Billings et successeurs, plusieurs variantes sur ce principe), gratuites, respectueuses non seulement de l’environnement mais aussi du couple et en particulier de la femme, éducatives, réversibles à tout instant sans séquelle…
    Juste pour mémoire:
    1) les contraceptifs n’ont pas à être considérés comme des médicaments: il ne soignent aucune maladie.
    2) une « interruption volontaire de grossesse » est, en bon français, un assassinat, c’est-à-dire un homicide (car sans cette « interruption, aurait-on obtenu un épi de maïs? un lapin? une machine-à-écrire? ou un être humain), volontaire (bien qu’un fait divers récent ait fait état d’une femme avortée sans son accord par un « partenaire » lui ayant fait ingérer à son insu un forte dose de « pilules du lendemain », et dans ce cas, c’est l’homme qui est « volontaire » pour cet homicide), avec préméditation (prise de rendez-vous, achat des produits chimiques à ingérer).

  7. Levi

    L’encyclique sur l’écologie sera une façon de détendre l’atmosphère, de détourner l’attention du front sur lequel l’Église catholique est attaquée: celui de la sexualité et du jouir obligatoire pour rester dans le politiquement correct.

    Pour aller aux périphéries, certains sont prêts à sacrifier le centre; une périphérie entourant un centre vide, vide de sens.
    Je range cet appel écologique dans une démarche de diversion.

    Quant à la diversité, elle n’est possible et n’a de sens que chacun approfondi son identité et qu’on arrive pas à un gloubi-boulga informe et insipide, à une marmelade collante.

    Le malthusianisme quant à lui est une erreur, une véritable escroquerie. La croissance économique n’est possible que avec une croissance de la population. Un enfant coûte, mais quel parent ne travaille pas double pour gâter sa progéniture. Un enfant est consommateur avant d’être producteur, mais fini par produire plus qu’il ne consomme.
    Le malthusianisme est vraiment une erreur de perspective, une analyse tordue.

  8. Lemaire

    Dénoncer l’aspect sectaire du CCFD, oui, mais ce qui précède, ce ne sont pas seulement ‘des bons sentiments ‘ : il y a là un enjeu capital même d’un point de vue théologique car l’Eglise a trop longtemps été dans une logique à la Descartes de mépris des créatures au nom d’un pseudo-humanisme totalitaire.

  9. Huard

    « n’engage à rien sinon à une conversion écologique ». Vivre plus sobrement, dans le respect de l’homme et de la Création, au milieu d’un monde consumériste et matérialiste, je me demande comment vous pouvez imaginer que ça n’engage à rien…
    Il s’agit d’une conversion profonde de nos vies quotidiennes, professionnelles, à laquelle comme catholiques nous sommes particulièrement appelés. Mais il y a du boulot…

  10. Jade

    Il y a longtemps que le CCFD est  » l’ONG » préféré des évêques. Ils n’ont surement jamais voulu se pencher sur les enquêtes faîtes à ce sujet ou, s’ils en ont connaissance, c’est encore plus grave car ils laissent les catholiques en toute bonne foi alimenter un organisme qui agit (par son soutien financier) souvent contre la religion catholique. Des sommes très importantes s’en vont chaque année hors des œuvres d’église qui seraient très utiles à verser aux missions. Voici un livre paru en 1985, étude très poussée sur le CCFD (en 166 pages) qu’il serait bon de porter à la connaissance des évêques :
    Livre de Guillaume MAURY :
     » L’Eglise et la subversion »,
    le CCFD par Union Nationale Inter Universitaire,
    Centre d’Etudes et de Diffusion.
    Sise en 1985 : 8 rue de Musset 75016 PARIS.

  11. COUPAT

    La seule réponse c’est détruire comme je le fais à chaque fois le tractage du CCFD.

    Allons à l’essentiel dans notre générosité, notre église a vraiment besoin de soutiens!!!!

  12. Mais vous êtes tjs à l’affût de ce que fait le Pape François pour le condamner, je comprends, vous lui trouvez rien de bien ou quoi, bientôt vous allez nous le faire passer pour l’antéchrist. Vous n’avez jamais une parole bienveillante pour lui et pourtant j’aime votre site très riche. Même Mgr Rey cautionne, un de nos meilleurs évêques (et Dieu sait si malheureusement ils sont peu nombreux en France). Alors oui je sais le lien avec le CCFD, cet organisme on nous en rebats les oreilles dans toutes les paroisses de France et de Navarre. C’est pas pour autant qu’on doit jeter le bébé avec l’eau du bain. Ce pape ne trouvera jamais aucun soutien chez personne ou quoi. Arrêtez de lui tirer dessus.

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