Enda Kenny

L’Irlande s’apprête à légaliser l’avortement

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Sous la pression de l’Europe et des médias, le gouvernement irlandais s’est mis d’accord pour légaliser l’avortement dans certains cas supposés « limites » et devrait publier son projet de loi dans les heures à venir. La loi s’appelle « Loi pour la protection de la vie au cours de la grossesse », ce qui signe bien son caractère inversé.

Car il ne s’agit pas de protéger la vie de l’enfant à naître, l’être le plus vulnérable qui soit, ni même de protéger les deux vies en cause, celles de la mère et de l’enfant. Non : le texte entend protéger la vie de la mère en permettant que des établissements de santé puissent être habilitées à pratiquer des avortements autorisés.

D’aucuns ont prétendu que la nouvelle loi irlandaise n’était qu’une sorte de coquille vide destinée à se mettre en conformité avec une jurisprudence nationale et la décision de la Cour européenne des droits de l’homme A, B, C c. Irlande qui invitait l’Irlande à préciser sa loi sur l’avortement.

Les contours du texte laissent cependant comprendre qu’il n’en est rien. Si par rapport à sa mouture initiale le texte donne au ministre de la Santé le pouvoir de suspendre l’activité des établissements qui mettraient la loi en œuvre de manière « inappropriée », ce qui montre bien qu’une certaine latitude leur sera tout de même offerte. D’ailleurs le texte prévoit la publication annuelle des statistiques d’avortement dans le cadre d’un rapport du ministère.

Par rapport au texte initial, le projet prévoit l’habilitation d’un nombre accru d’hôpitaux – 24 au total – autorisés à pratiquer ces avortements qui, loin de se limiter au cas où la vie de la femme serait directement et immédiatement menacée par sa grossesse, englobent également le cas où elle menacerait de se suicider si elle devait mener sa grossesse à terme.

Cela ouvre la porte à de nombreux abus, alors même que des études montrent que l’avortement n’a jamais amélioré l’état de santé mentale d’une femme.

Pour justifier l’avortement, il faudra un seul médecin dans le cas de l’urgence médicale, deux médecins pour certifier que la vie de la femme est sous le coup d’une menace physique du fait de sa grossesse (l’avortement n’étant dès lors même pas un recours d’urgence !), et trois en cas d’idées suicidaires.

Dans ce dernier cas, à côté de celui de l’obstétricien, il faudra l’avis de deux psychiatres, dont un spécialisé dans la santé mentale des femmes enceintes.

Toutes ces dispositions laissent entrevoir que des avortements légaux auront lieu en Irlande dès lors que le texte entrera en vigueur et que c’en est donc fini de l’exception irlandaise qui, soit dit en passant, a fait de ce pays l’un des champions de la sécurité des grossesses puisqu’il affiche l’un des taux de mortalité maternelle les plus bas du monde, sinon le plus bas.

Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, s’est répandu dans la presse ces jours-ci pour se plaindre des lettres de désapprobation et de menace (et des médailles et des scapulaires) qu’il reçoit de la part des particuliers, et pour faire savoir qu’il ne laisserait aucune pression l’empêcher de remplir son « devoir » de faire aboutir le projet – la pression de l’Eglise catholique notamment qui ont fortement exprimé leur opposition à la légalisation de l’avortement.

« Je suis fier de me tenir ici comme un représentant du peuple, comme un Premier ministre (Taoiseach) qui se trouve être un catholique et non un Premier ministre catholique. Un Taoiseach pour tous, c’est ça mon métier. Je suis fier d’être à la tête du gouvernement pour gouverner tout notre peuple, tout notre peuple, tout notre peuple, quel que soit le secteur de la société dont ils sont issus », a-t-il déclaré.

Et pour que les choses soient encore plus claires et mieux verrouillées, Enda Kenny a fait savoir que les membres des partis représentés au gouvernement n’auront pas la liberté de vote sur cette question (et donc pas la liberté de la conscience non plus).

Le projet ne devrait pas passer en commission parlementaire avant le 12 juillet prochain.

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4 comments

  1. janot

    Touchés par la perversion des moeurs qui mine nos sociétés « avancées » … Vive le « progrès » vers un peu plus d’inhumanité!

  2. jauffret

    Dans ce cas précis de légaliser l’avortement ,
    Enda Kenny,qui se dit  » fier de me tenir ici comme un représentant du peuple »
    ne représente pas le peuple .
    Il ne fait que subir la pression de l’Europe et des médias
    DJ

  3. Pingback: Kirche heute, 14. Juni 2013 | Moment Mal

  4. LABARTHE Jean-Christophe

    L’Irlande tombe, dommage, mais cela correspond aux Ecritures.
    Aucune nation au jour du Jugement ne pourra s’enorgueillir et dire : Moi j’ai résisté !
    Alors si quelqu’un dans son coeur sait que l’avortement est un drame et non pas comme le disent les impies un droit, celui là est déjà sur la bonne voie.
    L’avortement est un drame qui touche bien entendu la femme signant pour l’acte, l’homme surtout, le principal responasble en esprit, mais aussi les enfants frères ou soeur de l’avorton, avant et après la survenue du drame, mais quelles sont les médias qui en parlent !

    Jean-christophe

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