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L’Orient sans les chrétiens ce n’est pas l’Orient

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Depuis le mois de juillet, la France a accordé 1 500 visas aux chrétiens d’Irak. Pour marquer cette étape, François Hollande s’est invité le 21 mars place Beauveau, pour une cérémonie avec Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient, et Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise. Ce dernier déclare à Famille chrétienne :

« Monsieur Hollande est venu, un peu par surprise au buffet déjeunatoire organisé par le ministère de l’Intérieur à l’occasion de la cérémonie marquant les 1 500 visas accordés par la France aux chrétiens d’Irak. Son message était très clair : d’une part, « Vous êtes chez vous chez nous », et d’autre part : « Nous avons bien compris que votre place n’est pas ici, mais chez vous ». Le ministre de l’Intérieur et le directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères ont tenu le même langage.

Il m’avait invité, ainsi que Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient et délégué du cardinal Vingt-Trois pour les chrétiens de rite oriental. J’étais invité comme évêque de Pontoise : nous avons une importante communauté chaldéenne, présente surtout à Sarcelles et aux alentours. Un peu plus des deux tiers viennent de Turquie et un tiers d’Irak. Ils ont des liens familiaux avec les chrétiens qui sont persécutés et sont évidemment très marqués par les derniers épisodes.

Racontez-nous de quelle manière votre diocèse s’est mobilisé sur le dossier des chrétiens d’Orient…

Suite aux crises de l’été dernier, François Hollande et Manuel Valls ont proposé de faciliter l’accueil des réfugiés. Cela a vraiment été le cas : j’ai rencontré le préfet à plusieurs reprises avec le maire de Sarcelles, le président du Secours catholique, ou le Père Sabri Anar, curé de la paroisse chaldéenne de Sarcelles. Nous avons beaucoup travaillé ensemble pour l’accueil de ces chrétiens, dont la plupart ne connaissent pas la langue française et sont complètement déracinés. Je trouve que les différents intervenants, aussi bien l’Église que les municipalités concernées ou les différents corps de l’État ont vraiment travaillé ensemble pour faciliter leur arrivée. Cela mérite d’être salué. Chacun a mis du sien pour trouver des solutions pour accueillir les familles, trouver des vêtements, des logements, ou intégrer les enfants dans les écoles. L’accueil s’est vraiment bien fait.

Vous êtes de ceux qui ont contribué à alerter les autorités de la République sur ce dossier des chrétiens d’Orient ?

Suite aux événements de Sarcelles du 20 et 21 juillet, Mgr Pontier, m’a demandé si je pouvais représenter la conférence des évêques chez le président de la République. J’y suis allé avec le recteur de la mosquée de Paris Dalil Boubakeur, le président du Consistoire Joël Mergui. Et là, pendant une heure et demie, j’ai évoqué devant mes frères musulmans et juifs la question de l’Irak et le sort des chrétiens. C’est à ce moment-là que je l’ai alerté en lui parlant du devoir de la France de les soutenir. Le message était que les chrétiens d’Orient ne devaient pas être une préoccupation uniquement pour ceux qui partageaient leur foi.

Par la suite, Monsieur Cazeneuve – que je connaissais déjà car il était député-maire de Cherbourg lorsque j’étais évêque de Coutances – avait tenu à venir à Sarcelles le 23 décembre, juste avant Noël. Et ce qu’il avait dit était non seulement chaleureux mais sonnait juste. Ce que j’ai entendu le 21 mars de la part du président de la République, mais aussi du ministre de l’Intérieur et du directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères, c’est que la prise de conscience est faite et que la France prend en compte, cela a été dit clairement : l’Orient sans les chrétiens ce n’est pas l’Orient. Les autorités françaises l’ont compris et il faut s’en féliciter. »

Le comprendre est une chose, agir en est une chose. Or aujourd’hui, la France ne soutient toujours pas les chrétiens d’Orient, elle soutient les rebelles syriens, à qui elle livre des armes en racontant que ces rebelles sont des « modérés », alors que les combattants de ces groupes modérés passent indistinctement d’un groupe dit « modéré » aux groupes plus radicaux.

5 comments

  1. Cassianus

    Il serait bien aussi de prendre des mesures pour les Chrétiens ne soient plus en danger d’être chassés de France par l’Islam.

  2. toto

    Et 1500 visas pour des chrétiens ce n’est pas beaucoup en face des 200 000 par an pour des musulmans.
    Déjà du temps des « boat people » vietnamiens, la France n’a pas brillé dans l’accueil des victimes des dictatures communistes: au compte-gouttes.

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