Message des évêques de la Province de Poitiers aux prêtres de ces diocèses

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Datée du 10 avril 2017, jour de la messe chrismale, les cinq évêques de la Province ecclésiastique de Poitiers (Mgr Pascal WINTZER, archevêque de Poitiers ; Mgr Francis BESTION, évêque de Tulle ; Père Claude CHARTIER, administrateur diocésain de Limoges ; Mgr Georges COLOMB, évêque de La Rochelle et Saintes, Mgr Hervé GOSSELIN, évêque d’Angoulême) ont adressé une lettre aux prêtres de leurs diocèses, intitulée « Message des évêques de la Province de Poitiers aux prêtres de nos diocèses »:

Frères et amis,

Chacun de nous, vos évêques, a été envoyé pour être au service d’un diocèse qu’il ne connaissait pas, où il n’était pas né. Nous avons appris à découvrir et à aimer les personnes, les paysages, les mentalités de chacune des Églises qui nous ont été confiées, et au sein de chacune d’entre elles, combien de particularités, même lorsque le diocèse ne compte qu’un seul département. Venant d’ailleurs, nous avons aussi apporté d’autres expériences, tant humaines que chrétiennes.

Depuis que nous avons été ordonnés évêques, notre mission nous a fait travailler et vivre avant tout avec vous, les prêtres. Combien d’attentes, de questions, de joies et sans doute de déceptions, de votre part à notre endroit. Peut-être aussi des blessures, nous nous excusons pour elles, nous voulons éviter surtout d’en infliger de nouvelles.

Les uns et les autres, prêtres et évêques, nous partageons les joies, les espoirs et les désillusions qui marquent notre époque et notre pays.
Même si la situation n’est pas nouvelle, nous vivons avec inquiétude la baisse numérique, non seulement des prêtres, mais aussi des fidèles qui choisissent de vivre la foi chrétienne de manière assidue et régulière.
Porteurs d’attentes, nous en sommes aussi les objets, peinant d’une part à y répondre, et d’autre part à le faire de manière juste.

Nous pourrions poursuivre l’énumération des espérances et des épreuves. Elles sont celles de ces premières décennies du XXIe siècle, celles que nous éprouvons charnellement et spirituellement, elles peuvent et nous ravir et nous blesser, gardons-nous cependant de penser qu’hier, ou avant-hier, il en était différemment.
Nous préférons d’abord nous remettre devant celui qui a motivé le choix de vie qui est le nôtre et qui soutient notre fidélité.

1. Pour le Seigneur et en son Nom

Prêtres et évêques, ayant été appelés par nos Églises et les évêques qui nous ont imposé les mains, nous avons aussi choisi un certain style de vie marqué par le célibat, par une forme de marginalité au regard des critères de la réussite selon le monde, par une vie de solitude et de pauvreté, faisant de nous, selon cette expression du XVIIe siècle, les “religieux de Dieu”.

Il est alors profitable de réentendre les paroles d’une des principales figures chrétiennes du XIXe siècle, le bienheureux John Henry Newman ; il nous replace devant celui qui seul explique notre choix et notre persévérance, celui dans les mains duquel nous mettons et remettons sans cesse nos vies.

Newman nous aide d’abord à garder une conscience vive de l’appel du Seigneur et de son envoi ; sans cela, nos vies perdront tout sens et seront gagnées par l’amertume.

« Dieu m’a créé pour un service précis ; il m’a confié un travail qu’il n’a confié à personne d’autre. J’ai une mission à remplir dont je ne découvrirai peut-être jamais le sens en ce monde, mais dont je serai instruit dans l’autre. (…)
Je mettrai donc ma confiance en lui. Qui que je sois, où que je sois, je remplirai mon rôle. (…) Qu’il m’enlève mes amis, qu’il me fasse vivre parmi des étrangers, qu’il me fasse goûter l’amertume et la désolation, qu’il me voile l’avenir, il sait toujours ce qu’il fait. »

D’où cette prière qui peut ouvrir chacune de nos journées, exprimant notre remise de nous-même entre les mains de l’Autre. Il est le Seigneur, et il l’est aussi lorsque ce sont les événements, les rencontres, les « autres » qui sont pour nous son visage et son appel.

« Daigne accomplir en moi et à travers moi tes desseins, quels qu’ils soient. Je suis né pour te servir, t’appartenir, être ton instrument. Permets-moi d’être un instrument aveugle. Je ne demande pas à voir, je ne demande pas à connaître, mais seulement à être utilisé. »

Et Newman encore qui, en 1833, écrivit ce qui est devenu une des prières les plus célèbres d’Angleterre :

« Guide-moi, douce Lumière, dans l’obscurité qui m’entoure,
Guide-moi de l’avant !
La nuit est profonde et je suis loin de ma demeure ;
Guide-moi de l’avant.
Veille sur mes pas ; je ne demande pas à voir l’horizon lointain ; un seul pas à la fois me suffit »

Dans ces propos, comment ne pas entendre un écho donné à ceux de l’apôtre Paul dans la lettre aux Philippiens.

« Pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir est un avantage. Mais si, en vivant en ce monde, j’arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir.
Je me sens pris entre les deux : je désire partir pour être avec le Christ, car c’est bien préférable ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire. De cela, je suis convaincu. Je sais donc que je resterai, et que je continuerai à être avec vous tous, pour votre progrès et votre joie dans la foi. » (Philippiens 2, 21-25)

Si ces sentiments n’habitent pas le cœur de notre vie, prêtres et évêques, nous serons toujours à côté de ce qui donne son vrai sens à ce que nous sommes et à ce que nous vivons. Oui, c’est pour le Seigneur que nous existons, et c’est de lui que nous recevons encouragements mais aussi appels à la conversion. Il nous envoie pour une seule chose : vivre de lui et parler de lui.
Il est celui qui donne l’unité à une vie qui, sinon, risque de peiner à trouver sa signification ou tomber dans l’éparpillement.

Il y a cinquante ans, le concile Vatican II pointait ces risques :

« Dans le monde d’aujourd’hui, on doit faire face à tant de tâches, on est pressé par tant de problèmes divers – et réclamant souvent une solution urgente – qu’on risque plus d’une fois d’aboutir à la dispersion. Les prêtres, eux, sont engagés dans les multiples obligations de leur fonction, ils sont tiraillés, et ils peuvent se demander, non sans angoisse, comment faire l’unité entre leur vie intérieure et les exigences de l’action extérieure. Cette unité de vie ne peut être réalisée ni par une organisation purement extérieure des activités du ministère, ni par la seule pratique des exercices de piété qui, certes, y contribue grandement. Ce qui doit permettre aux prêtres de la construire, c’est de suivre, dans l’exercice du ministère, l’exemple du Christ Seigneur, dont “la nourriture était de faire la volonté de celui qui l’a envoyé et d’accomplir son œuvre” (Jn 4, 34) » (Presbyterorum ordinis, n. 14)

Ceci dit, et qui doit être au plus profond de notre existence, nous, vos évêques, entendons s’exprimer des aspirations nouvelles quant à l’exercice du ministère presbytéral.

2. Percevant des aspirations nouvelles

Depuis une vingtaine d’années, afin de répondre à la nouvelle donne pastorale, nos diocèses ont célébré des synodes, encouragé la création d’équipes d’animation pastorale ou d’équipes pastorales dans les paroisses, ils ont aussi dessiné de nouvelles cartes des paroisses, etc. Il faut aussi souligner l’appel et l’accueil de prêtres venus d’ailleurs. Ceux-ci marquent fortement les presbyteriums de nos diocèses, ils sont parmi les plus jeunes de leurs membres, ils exercent souvent des responsabilités curiales.

Cependant, toutes ces réalités, toutes nécessaires qu’elles soient, ne répondent pas à l’ensemble des attentes, que celles-ci concernent la mission ou bien les acteurs de cette mission, dont les prêtres que vous êtes. Sans être exhaustif, nous pouvons exprimer quelques expressions de ces attentes ainsi que des manières de mieux les prendre en compte.

Pour une diversité des missions

En premier lieu, sans que ceci soit dit clairement, il faut constater que la diversité des missions s’est peu à peu réduite pour surtout s’exprimer dans le ministère paroissial, permettant de moins en moins la prise en compte des charismes des uns et des autres, ou ne proposant guère d’« évolution de carrière ».
Bien entendu cette expression est à relativiser, surtout au regard des propos de John Henry Newman rapportés plus haut. Cependant, alors que dans les vies professionnelles, de plus en plus, les métiers évolueront et seront souvent bien différents, pour une même personne et durant sa vie, il peut être difficile d’envisager, pour une même vie, une seule et même mission, même si ses lieux d’exercice seront différents.

Il convient avant tout que nous demeurions attachés à ce qu’expriment les écrits apostoliques, en particulier dans ce qu’ils rapportent de la diversité des ministères dans l’Église naissante.

« Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien.
À celui-ci est donnée, par l’Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; un autre reçoit, dans le même Esprit, un don de foi ; un autre encore, dans l’unique Esprit, des dons de guérison ; à un autre est donné d’opérer des miracles, à un autre de prophétiser, à un autre de discerner les inspirations ; à l’un, de parler diverses langues mystérieuses ; à l’autre, de les interpréter.
Mais celui qui agit en tout cela, c’est l’unique et même Esprit : il distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier. » (1 Corinthiens 12, 4-11)

Certainement qu’il convient de retrouver, pour aujourd’hui, cette diversité de ministères et de missions, dans l’appel adressé à des fidèles laïcs, à des consacrés, à des diacres, mais aussi à des hommes pouvant être appelés à l’ordination sacerdotale. Ceci se vérifie bien entendu déjà dans les pratiques mises en œuvre à la suite du concile Vatican II et de nos synodes diocésains. Nous avons l’habitude de porter la mission avec d’autres personnes que des prêtres.
Plus immédiatement, nous, évêques de la Province de Poitiers, voulons développer un accompagnement plus personnel de chacun de vous. Sa finalité est de permettre des ministères plus diversifiés, en intégrant des temps de formation, longue, sous le mode d’une année complète, mais aussi sous des formes plus brèves, sous la forme de sessions se déroulant sur une ou plusieurs années.
Bien entendu, ces choix conduiront à ne plus pouvoir répondre à toutes les demandes de présence sur l’ensemble des espaces d’un diocèse, mais le pouvons-nous déjà ?
La richesse du monde, les compétences acquises désormais par une grande partie de la population, les grandes questions que soulèvent les évolutions technologiques appellent les catholiques, dont les prêtres, à se donner les moyens de comprendre les chemins sur lesquels le monde est engagé et de prendre la parole de manière réfléchie et compétente.

Pour des mobilités géographiques

Ensuite, dans les sociétés ouvertes qui sont les nôtres, sociétés dans lesquelles les mobilités géographiques sont de plus en plus fréquentes, envisager de passer une vie qui pourra durer, en moyenne, entre quatre-vingts et cent ans, dans un même diocèse, c’est-à-dire dans un seul, voire deux départements d’un pays situé à l’extrémité occidentale du continent eurasien, peut ne revêtir aujourd’hui que peu d’attrait pour des jeunes hommes dont beaucoup des amis de leur génération passeront une partie de leur vie à l’étranger.
Certainement que ce fait est une des raisons expliquant le choix de tel ou tel institut clérical : en dehors d’une vie comportant des éléments communautaires, ils permettent de connaître des ministères divers, au service de diocèses différents, tant en France qu’à l’étranger.

Les évêques de la Province de Poitiers s’engagent à encourager davantage de travail transversal entre nos diocèses, à défaut de choix qui engageraient la totalité des diocèses de France.
Il faut certainement ajouter que les modalités de l’incardination, allant de soi dans une société avant tout rurale et sédentaire, ne correspondent désormais guère à une société urbaine et nomade.
Déjà Vatican II invitait à réfléchir aux modalités de mise en œuvre de l’incardination. Celle-ci garantit bien entendu le lien à une Église et à un peuple, elle ne doit cependant pas empêcher les collaborations entre Églises.

« Les règles d’incardination et d’excardination devront (…) être révisées : tout en maintenant cette institution très ancienne, on l’adaptera aux besoins pastoraux actuels. Là où les conditions de l’apostolat le réclameront, on facilitera non seulement une répartition adaptée des prêtres, mais encore des activités pastorales particulières pour les différents milieux sociaux à l’échelle d’une région, d’une nation ou d’un continent. » (Presbyterorum ordinis, n. 10)

Cependant, deux notes demeurent à soutenir et à conjoindre : l’enracinement et l’ouverture. L’une ne va pas sans l’autre : sans enracinement, dans un territoire, une culture, un diocèse en l’occurrence, la personne ne trouve pas son point de solidité intérieure et vit tout déplacement, intérieur ou extérieur, comme une mise en danger. Au contraire, sans ouverture, l’enracinement devient une glaise collant aux pieds.

Pour des missions mieux partagées

Notre style de vie d’hommes célibataires, à nous, prêtres et évêques, nous enjoint une vie marquée par une certaine solitude. On ne peut laisser penser qu’il pourrait en être autrement, surtout à des jeunes qui envisagent de devenir prêtres, et bien entendu à ceux qui sont au séminaire. Celui-ci permet aussi de vérifier les capacités d’un homme à vivre sereinement cette solitude.
Cependant, des expressions de vie fraternelle sont à développer, voire à retrouver, dans nos presbyteriums. Celles-ci ont existé il y a encore peu d’années, lorsque plusieurs prêtres partageaient une même mission et vivaient dans un même logement.
Les évêques de la Province de Poitiers veulent proposer à des prêtres une expérience provinciale de fraternité missionnaire dans un ou plusieurs de nos diocèses. Ce sera un signe donné d’une autre manière d’exercer le ministère.

Pendant six années, une équipe composée de prêtres de chacun ou de quelques-uns de nos diocèses acceptent de porter conjointement une même mission. L’engagement apostolique en sera le cœur, c’est-à-dire le soutien aux communautés locales existant sur ces espaces et la fondation d’autres champs missionnaires auprès de la population.

Les conseils presbytéraux de chacun de nos diocèses sont les lieux qui vous permettent, à vous, prêtres, de vous saisir de cette lettre que nous vous adressons, et par vous, d’accompagner sa réception par nos presbyteriums.
Nous vous adressons en particulier cette dernière proposition : nous souhaitons demander à ceux d’entre vous qui le souhaiteraient de se déclarer prêts à partager une mission commune, sans doute avec la charge d’un grand territoire, mais aussi avec une diversité d’accents dans les missions vécues par les uns et les autres.

Quant à la vie communautaire, sans doute n’est-elle pas à envisager comme devant se partager dans un même lieu d’habitation, quoique, ceci dépende de l’aménagement de ce lieu, mais elle suppose que soient précisés et respectés des repères portant sur la vie ordinaire (repas en particulier), la vie de prière ainsi que les manières d’exercer les charges pastorales.
Il est sans doute difficile de préciser de tels repères de manière générale, ils seront fonction des prêtres et des lieux de mission, cependant, sans repères préalablement établis ensemble, ceux-ci ne pourront guère s’établir d’eux-mêmes.

Avec le travail des conseils presbytéraux

Des rencontres des prêtres de nos cinq diocèses ont déjà été vécues, trois fois, à Poitiers et à Saintes. Nous entendons poursuivre ce chemin avec une rencontre qui rassemblera les cinq conseils presbytéraux. Ce sera un moyen de revenir sur la réception de ce message par les prêtres et de nous inscrire dans une dynamique missionnaire.
Pour ce faire, nous proposons que cette rencontre se déroule, du lundi 1er au mercredi 3 octobre 2018, à Poitiers et à Saint Loup sur Thouet, village de naissance de saint Théophane Vénard, missionnaire au Tonkin et martyr, inspirateur de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, patronne des missions.

3. Assurés et confortés dans la mission commune

Frères et amis, cette lettre entend vous dire notre estime et nos encouragements, elle veut avant tout le faire par ces quelques propositions qui pensent entendre un certain nombre de vos attentes. Pourtant, cette lettre n’est pas fermée, d’autres chemins sont bien entendu possibles. Ce que nous vous écrivons est alors un appel pour vous, à les formuler.
Vous mesurez comme nous que ceci ouvre à des déplacements, en particulier au regard de l’image habituelle que nombre de fidèles ont de l’Église et de ce que devraient être les prêtres. Si certains choix envisagés ici, ou d’autres encore, sont mis en œuvre, ils devront être fortement soutenus et expliqués auprès de tous.
Cependant, au-delà de ces accompagnements nécessaires, c’est bien entendu ce qui sera vécu, ce que nous donnerons à voir les uns et les autres, qui sera la meilleure des pédagogies.
Souvent, les mutations de l’époque et des modes d’incarnation de l’Église au sein de celle-ci sont interprétées en termes de « perte », en particulier lorsque l’on considère les chiffres mais aussi les lieux de présence de l’Église. C’est pourtant le mystère pascal du Christ qui est le moyen sûr de regarder et de comprendre ce que nous vivons. La fécondité d’une vie chrétienne est le plus souvent paradoxale, aurions-nous oublié les leçons des Béatitudes ? L’apôtre Paul en tout cas, les fait siennes pour son ministère :

« Ce que nous proclamons, ce n’est pas nous-mêmes ; c’est ceci : Jésus-Christ est le Seigneur ; et nous sommes vos serviteurs, à cause de Jésus. Car Dieu qui a dit : Du milieu des ténèbres brillera la lumière, a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ. Mais ce trésor, nous le portons comme dans des vases d’argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous.
En toutes circonstances, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. » (2 Corinthiens 2, 5-10)

Enfin, nous, vos évêques, voulons à nouveau vous dire notre amitié et notre fraternité. Nous vivons avec peine des visions négatives portées sur les prêtres, plus ou moins suspectés d’être des pédophiles potentiels. Bien entendu, chaque acte de ce type est répréhensible et doit être condamné et puni, tant au plan civil que religieux, les victimes doivent être reconnues comme telles et protégées. Cependant, la réalité manifeste que ces cas demeurent très restreints en nombre. Ne laissons pas penser que le simple fait d’être prêtre mettrait dans une situation à risque. Nous savons que dans la réalité des relations ordinaires que vous entretenez avec la population, même avec celle qui fréquente moins nos églises, se manifeste de l’estime pour le dévouement que vous lui manifestez et ce que vous exprimez de la tendresse de Dieu pour chacun.

Même si ce message est davantage adressé à ceux d’entre vous qui exercent une responsabilité pastorale, nous associons dans notre gratitude, vous, les frères des générations plus anciennes, que vous puissiez continuer à collaborer à une mission pastorale ou que vous soyez retirés dans un EHPAD ou ailleurs. Nous savons ce qui guide votre vie, quels que soient votre âge et votre santé : le désir de servir l’Église et les hommes.

C’est encore avec l’apôtre Paul que nous concluons, faisant nôtres ses paroles, ici que nous tournons vers vous, les prêtres de nos diocèses.

« Nous rendons grâce à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, en priant pour vous à tout moment. Nous avons entendu parler de votre foi dans le Christ Jésus et de l’amour que vous avez pour tous les fidèles dans l’espérance de ce qui vous est réservé au ciel. » (Colossiens 1, 2-5)

« Je me réjouis de voir l’ordre qu’il y a chez vous et la fermeté de votre foi au Christ. Menez donc votre vie dans le Christ Jésus, le Seigneur, tel que vous l’avez reçu. Soyez enracinés, édifiés en lui, restez fermes dans la foi, comme on vous l’a enseigné ; soyez débordants d’action de grâce. » (Colossiens 2, 4-7)