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Mgr Boivineau incite à faire confiance

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Voici l’éditorial de Monseigneur Yves Boivineau, évêque d’Annecy, paru dans le numéro de la revue Église d’Annecy de septembre.

Voici la rentrée ! Qu’elle soit scolaire, universitaire, professionnelle ou pastorale, la rentrée est une nouvelle porte à franchir, un seuil à passer, dans la confiance.

Certes, les évènements tragiques de ces derniers mois, l’attentat de Nice en pleines festivités du 14 juillet, l’attaque meurtrière dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, et les menaces terroristes qui pèsent sur le monde entier,  peuvent mettre à mal notre confiance. Ne cédons pas à ceux qui veulent nous diviser.

« Ce temps est le temps de la miséricorde », nous redit le pape François. Pas question d’être naïf ! Il nous faut lucidité et courage pour traverser cette étape, et ne pas nous laisser emporter dans la spirale de la violence : « Nous ne voulons pas vaincre la haine par davantage de haine, vaincre la violence par davantage de violence… Notre réponse à ce monde en guerre à un nom : elle s’appelle fraternité, elle s’appelle lien fraternel, elle s’appelle communion, elle s’appelle famille », disait aux jeunes le pape François. Il est en notre pouvoir, à chacune et à chacun, de créer de la fraternité. Le voulons-nous vraiment ?

Le message des Journées mondiales de la Jeunesse n’est pas réservé aux jeunes. « Ne vous laissez pas anesthésier l’âme… Le temps que nous vivons aujourd’hui n’a pas besoin de jeunes-divan, mais de jeunes avec des chaussures, mieux encore, chaussant des crampons…nayez le courage de nous enseigner qu’il est plus facile de construire des ponts que d’élever des murs… Le monde d’aujourd’hui vous demande d’être des protagonistes de l’histoire, avec le Christ… Il veut tes mains pour continuer à construire le monde d’aujourd’hui. Il veut le construire avec toi », insistait François. Les jeunes ont reçu le message cinq sur cinq ! Il faut espérer que le poids des habitudes ne leur interdira pas de prendre leur part de responsabilité et de créer du neuf ! Ils ont besoin de frères ainés qui accueillent avec bienveillance leurs initiatives, qui les accompagnent, et qui leur fassent confiance. La confiance est la clé de la transmission.

Entrons donc dans la nouvelle année pastorale par la bonne porte : la confiance. Nous avons besoin de cultiver la confiance mutuelle dans nos relations quotidiennes, et au sein de nos communautés chrétiennes. La qualité de notre vie fraternelle est notre première tâche missionnaire : « A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples, à l’amour que vous aurez les uns pour les autres ». (Jean 13,35)

Le pèlerinage de la Bénite Fontaine est chaque année un beau moment de vie fraternelle. Quelques semaines plus tard, se tiendra le premier rassemblement diocésain des « fraternités missionnaires ». Nous sommes encore au début de la mise en œuvre de cette décision de l’Assemblée synodale : « Nous devons nous laisser renouveler par l’Évangile… L’écoute de la Parole aiguise notre écoute et purifie notre regard ». (Lettre aux communautés chrétiennes)

Nous avons aujourd’hui tant de défis à relever, dans la société, dans notre Église… Ne nous laissons pas voler la confiance !