capture-decran-2016-09-19-a-07-18-06

Mgr Chauvet : « je ne parle que le Français, le latin, le grec et l’hébreu »

Download PDF

Monseigneur Patrick Chauvet, 65 ans, est devenu Recteur Archiprêtre de Notre-Dame de Paris le 11 septembre. Il répond au Parisien :

Comment devient-on Recteur Archiprêtre de Notre-Dame ?

Le mot est un peu barbare. Notre-Dame est l’église Mère de Paris. L’église source. Ici, je suis ce que l’on appelle le recteur (responsable de la cathédrale) et Archiprêtre (parce que c’est aussi la basilique métropolitaine de Paris). Mais c’est le cardinal de Paris, Monseigneur Vingt-Trois qui en est le curé. Il m’a simplement confié sa cathédrale.

Cela doit donner le vertige de se voir confier un tel lieu.

La cathédrale Notre-Dame de Paris est le lieu le plus visité de France avec 14 millions de touristes. Aujourd’hui, des militaires stationnent à l’entrée, les policiers patrouillent. Cela peut inquiéter certaines personnes. Cela peut en rassurer d’autres. Mais l’essentiel, lorsque les gens passent les porches, c’est qu’ils se sentent en sécurité, qu’ils perçoivent qu’ils sont dans un lieu de paix et de contemplation.

Vous vous sentez menacés ?

Notre-Dame peut être une cible : c’est le bâtiment le plus connu de la capitale, il récapitule l’histoire de la France. C’est un symbole. Tous les grands événements sont célébrés ici. Mais je ne me sens pas du tout menacé. Je ne veux pas entrer dans le jeu des terroristes qui consiste à terroriser. Sinon, je n’aurais pas accepté un poste comme celui-ci, qui pourrait être considérés comme à haut risque. Lorsque l’on a la foi, on prend du recul sur ce type de situation.

Comment se prépare-t-on à une telle fonction ?

J’ai 40 ans d’expérience sacerdotale. J’ai atteint une maturité qui fait que je demeure proche des gens. Je prêche beaucoup de retraites, je reçois beaucoup de gens. Je connais les problèmes et les soucis de mes contemporains. On est là pour leur apporter une parole d’espérance. Le Christ n’est pas venu pour nous donner des leçons de morale. Il est là pour nous guérir.

Quelles sont vos missions, vos projets ?

Je veux m’assurer que la cathédrale attire le plus grand nombre de gens. La façade doit susciter le désir d’entrer. Une fois que le visiteur est à l’intérieur, la luminosité, plus sombre, doit créer un climat contemplatif. Certes, ils n’arrêtent pas de tourner. Mais parfois ils s’assoient et peuvent être touchés par une homélie ou un chant. Il faut qu’ils se rendent compte qu’ils ne sont pas dans un musée. Il y a la liturgie (4 messes par jour), un accueil (avec 7 chapelains, et deux prêtres étudiants qui parlent le français, l’Anglais, l’Italien, l’Espagnole et même le Japonais). Auprès de nous, les gens viennent de loin parfois pour nous ouvrir leur cœur. Il y aura aussi des conférences qui se feront l’écho des orientations du cardinal et du pape François (le dimanche à 16 h 30. Les premières, sur la Miséricorde, auront lieu les 2 octobre, 9 et 16 octobre.

Vous resterez disponible ?

Je veux que mon bureau reste ouvert. Je me promène dans la cathédrale. C’est ma maison. Je dis les Vêpres de 17 h 45 et la messe à 18 h 15, les mercredis, jeudis, vendredis et samedis. Les gens peuvent m’interpeller même pendant que je suis en train de prier… sauf si je suis en extase ! C’est important que je sois proche des gens. J’ai un seul handicap : je ne parle que le Français, le latin, le grec et l’hébreu.