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Mgr de Germay analyse la victoire des nationalistes en Corse

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Interrogé sur radio Alta Frequenza, Monseigneur Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, donne son analyse sur la victoire des nationalistes corses aux élections territoriales:

« En tant qu’évêque, je suis neutre. Je ne suis pas pour un parti. Je prends acte du résultat des élections. Ce que je tire comme enseignement, c’est la victoire de la non-violence : les nationalistes ont fait ce choix d’une lutte politique non violente : ça a porté du fruit. Ils sont maintenant aux affaires de la Corse et il faut se réjouir de cette avancée pacifique. Cela nous montre que quand on a des idées politiques à défendre il faut toujours faire le choix d’un combat non violent.

C’est vrai que ça a fait des remous dans la presse nationale. Le discours en corse de Jean-Guy Talamoni a été mal perçu à Paris. Je crois que peut-être certains se sont un peu trop vite emballés à Paris. Il faut resituer les choses dans leur contexte. Cela n’a rien de dramatique. Mais il ne faut pas non plus aller trop loin dans la provocation si on veut un dialogue constructif avec Paris. Ce combat est respectable et n’est pas terminé. Il faut y aller progressivement en se respectant et sans vouloir brûler les étapes.

Le Diu Vi Salvi Regina chanté dans l’Assemblée territoriale de Corse n’est pas choquant. Dans ce cadre, ce n’est pas un chant spécifiquement religieux comme il l’est dans une église. Il fait partie de la tradition. C’est un élément culturel de la nation corse et il faut donc le respecter ».

 

4 comments

  1. C.B.

    « Le Diu Vi Salvi Regina chanté dans l’Assemblée territoriale de Corse n’est pas choquant. »
    Lancé par une voix féminine des tribunes, il a été repris par de très nombreuses voix. Les élus ont eu le bon sens de se lever, sauf une (Front de Gauche? en tout cas très loin d’avoir pour excuse d’être une doyenne d’âge).
    Évidemment, que la langue corse ait perduré alors que depuis plus d’un siècle « l’école de la république » prohibe dans ses locaux l’emploi de toute autre langue que le français (que ladite école n’est même plus capable d’enseigner correctement à l’heure actuelle) est la preuve que cette école a fait son temps.
    Il ne serait que raison de rappeler que SEULE l’instruction est obligatoire en France, et non la scolarisation, et de donner les moyens (dont financiers) à toutes les familles d’inscrire leurs enfants dans l’institution scolaire de leur choix, en centrant la solidarité nationale sur les enfants et non sur certaines écoles (par exemple par un chèque scolaire correspondant au coût dans l’actuel « enseignement public »).

    • santelli

      Vivement le « chèque de scolarité » pour tout enfant scolarisé et d’un montant égal au coût d’un élève de même niveau dans le public. Liberté… Liberté chérie…

  2. Benoît

    Mes grands-parents (et leurs parents avant eux) ont eu le corse pour langue maternelle et l’ont parlé toute leur vie. Pourtant, ils le qualifiaient de dialecte. Et pourtant, il ne leur a pas été enseigné à l’école où, il est vrai, l’instituteur leur défendait de le parler, tout simplement pour les obliger à parler français afin qu’il le maîtrisassent (rien de plus !).
    A l’heure actuelle, malheur à celui qui ose prétendre que le corse n’est pas une langue. A l’heure actuelle, on peut dire que l’enseignement d’un corse uniformisé (pour ainsi dire bâtard) a coûté des millions pour un résultat nul.
    Cherchez l’erreur !
    Les raisons en sont simples :
    * la famille ne transmet plus rien et attend de l’école qu’elle fasse son bouleau ;
    * la langue ne peut vivre sans la culture et force est de constater que les Corses aujourd’hui vivent comme des Américains moyens.
    Lorsque j’entends des professeurs de corse prétendre, après avoir constaté avec honnêteté l’échec de l’enseignement du corse depuis 30 ans, que cet échec peut être expliqué par le fait que l’on n’a pas été assez loin et qu’il faut envisager la coofficialité pour résoudre le problème, je me dis que vraiment ils n’ont rien compris ! Un peu comme ces clercs qui nous expliquent que si les églises sont vides, c’est parce que l’on n’a pas été assez loin (esprit de Concile quand tu nous tiens !)…

    Quant à l’accession des nationalistes au pouvoir, je ne vois pas en quoi il s’agit d’une victoire de la non violence. Le vote contestataire, en Corse, ce sont les nationalistes. Il faut dire que les représentants du FN localement sont loin d’être à la hauteur. Les gens sont mécontents de la droite, ils sont mécontents de la gauche … alors ils essaient les « natio », c’est tout !
    J’ ajoute que le fait que les nationalistes soient arrivés en tête dans une ville comme Ajaccio (cas loin d’être unique) récemment reconquise par la droite est plutôt louche. Y aurait-il eu une entente pour le partage du pouvoir et des consignes de vote auraient-elles été données en ce sens ? Rien n’est moins sûr …

    Pour ce qui est de Mgr de Germay, son commentaire est un modèle d’équilibre au sens « consensus mou » du terme…
    Nous étions habitués à son indulgence envers son presbytérium (façon Madame la Marquise) ; nous apprendrons à l’être en ce qui concerne les politiques…

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