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Mgr Le Boulc’h fait le lien entre les difficultés des agriculteurs et le drame des réfugiés

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Editorial de Mgr Le Boulc’h publié dans le numéro d’octobre du bulletin diocésain « Eglise dans la Manche ».

Gens de la terre et gens sans terres

Depuis des semaines, les agriculteurs font entendre leur détresse. La question de l’avenir des agriculteurs est cruciale. Elle n’est pas seulement un enjeu pour notre économie, elle a à voir avec nos paysages, l’animation des territoires ruraux, notre environnement, notre alimentation, notre culture nationale et européenne, notre solidarité internationale et notre civilisation rurale. Personne ne devrait se désintéresser du sort du monde rural, encore moins ici, dans notre région tellement façonnée par le travail de la terre. La crise agricole que nous traversons nous concerne tous. Elle appelle un surcroît de dialogue et de solidarité dans la vérité de l’écoute et de la parole. Dans cet appel à la relation, à la sollicitude et à la prière, les baptisés et les communautés d’Eglise ont leurs responsabilités à mettre à l’œuvre.

Une seconde vague de détresse secoue notre actualité. Celle des exilés du Moyen Orient. L’Europe prend conscience que, tant que leurs pays subiront une guerre sans règles, la dislocation interne ou le joug d’un pouvoir religieux archaïque et sanguinaire, rien n’arrêtera leur exode. Les appels à la mobilisation se font entendre pour accueillir ces réfugiés. Depuis longtemps, l’Eglise est engagée sur ce terrain.

Gens de la terre et gens sans terres : il peut être tentant d’opposer ces deux causes. Privilégier la première en vous disant que nous avons déjà suffisamment à faire avec nos propres soucis avant d’en rajouter avec ceux d’ailleurs, ou bien, à l’opposé, ne penser qu’aux lointains au nom d’un idéalisme généreux qui néglige son propre territoire.

Ces attitudes ne sont pas justes parce qu’elles n’articulent pas le local et l’universel. L’Eglise, au contraire, veut manifester sa sollicitude pour les souffrants de chez nous et pour les miséreux d’ailleurs dans l’unique combat pour la justice et la dignité. Ne donnons jamais l’impression d’oublier les uns pour les autres.

L’accueil des réfugiés nous renvoie à la question de notre propre identité. Certains y voient une menace pour notre propre culture et la religion chrétienne. Ils oublient que la menace la plus lourde ne vient pas d’ailleurs mais de nous-mêmes lorsque nous négligeons les valeurs humanistes et les ressources spirituelles de notre tradition. Puissent ces évènements tragiques nous réveiller dans ce sens.

8 comments

  1. Féru

    Un langage convenu et décevant. M l’évêque penserait-il à repeupler nos campagnes avec ces envahisseurs d’une autre civilisation ? Je croyais que l’église catholique condamnait le suicide.

  2. gege

    Régler le problème des paysans par un « surcroît de dialogue et de solidarité dans la vérité de l’écoute et de la parole ». s’est exprimer en langue de buis des paroles qui ne veulent rien dire.
    Mélanger le problème des agriculteurs avec celui des migrants c’est faire de l’Alphonse Allais qui disait avec humour qu’il fallait installer les villes à la campagne car l’air y est meilleur!
    Au lieu de divaguer, il ferait mieux d’ouvrir un séminaire comme à Toulon ou Bayonne.

  3. Pingback: Et maintenant ?… « cril17.info

  4. Cassianus

    Je comprends d’après ce discours que l’essence de notre religion est dans ses valeurs humanistes (qui exigent probablement de faire bon accueil aux « réfugiés »), et qu’on ne pourrait certainement pas la servir en refusant de mettre en pratique lesdites valeurs. Si mon interprétation est correcte, ce raisonnement est un sophisme. En effet, la religion chrétienne ne consiste pas essentiellement à se déposséder de ce que l’on a. Si tel était son idéal moral, il n’y aurait rien de bon à acquérir ni à conserver quoi que ce soit. Quel sens aurait alors le travail ? Pourquoi voudrait-on inciter ses enfants à faire des études ? Pourquoi s’efforcerait-on d’administrer prudemment un patrimoine familial ou communautaire ?… Et pourquoi les évêques voudraient-ils recevoir le denier du culte ?

    Il est bien question, dans notre religion, de générosité ; mais, nous dit Saint Paul, sans nous mettre dans le besoin. Et lorsqu’il encourageait ses auditeurs à donner avec libéralité, c’était pour des collectes destinées aux pauvres de l’Eglise. Dans la situation présente, une générosité indiscriminée envers des réfugiés dont la plupart ne sont même pas chrétiens, s’ils ne sont pas secrètement des ennemis du Christ, aurait pour effet de ruiner notre propre économie nationale, c’est-à-dire nous ruiner nous, les Chrétiens, pour favoriser le développement d’un peuple étranger hostile à nos traditions, qui finirait tôt ou tard par nous obliger, nous, à chercher asile dans un autre pays. Et nous, les Chrétiens de France, où allons faire notre « alya », dans quel pays allons-nous trouver refuge, quand le nôtre, et l’Europe et tout l’Occident sera devenu mahométan ?

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