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La miséricorde n’est pas un concept mais une personne

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Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans, a été interrogé dans La Croix à propos des JMJ. Voici des extraits :

« Les jeunes qui se rendent aux JMJ sont à l’âge des choix. Pas seulement ceux des études ou de la voie professionnelle mais aussi et surtout les choix sur la façon dont ils veulent vivre : dans la vérité, dans l’oubli de soi, dans le don aux autres. C’est aussi l’âge de choix très profonds. Les JMJ représentent ainsi un enjeu vocationnel important. Pour ma part, j’ai participé, jeune homme, aux toutes premières JMJ, à Rome, en 1984, ainsi qu’aux suivantes. C’est un moment favorable de rencontre avec le Christ.

Avant de rejoindre Cracovie, vous êtes à Paderborn aux côtés des jeunes du Mans, où vous participerez aussi bientôt à la fête de Saint-Liboire, symbole des liens qui unissent ces deux diocèses. Quel sens aujourd’hui peut avoir ce « jumelage » ?

Ces liens entre les diocèses du Mans et de Paderborn remontent au IXe siècle. À cette époque, l’évêque français, Aldric, s’était lié d’amitié avec Badurad, et lui a donné, comme cela pouvait se faire à l’époque, les reliques de Saint-Liboire, deuxième évêque du Mans. Ils signèrent alors un « pacte d’éternelle fraternité », qui ne s’est jamais interrompue depuis. Il est étonnant de voir comme l’amitié entre deux hommes a porté du fruit jusqu’à aujourd’hui. Passer à Paderborn sur la route de Cracovie, c’est faire mémoire de ceux qui nous ont précédés. Cette mémoire est fondatrice. Sans elle, il n’y a pas d’avenir.

À Neheim, dans le diocèse de Paderborn, les jeunes Manceaux ont eu l’occasion de découvrir la figure du P. Franz Stock…

Ce prêtre allemand, né au début du XXe siècle, m’a toujours fasciné. Il fut aumônier dans les prisons parisiennes durant la Seconde guerre mondiale, véritable figure de miséricorde dans l’enfer. Cela résonne particulièrement aujourd’hui car nous vivons dans une époque fragile, vide. Or le vide provoque la violence. Notre monde a vraiment besoin d’hommes et de femmes qui prennent le P. Franz Stock pour modèle, d’apôtres de la miséricorde.

Ces JMJ sont justement placées sous le signe de la miséricorde. Qu’est-ce que cela peut dire aux jeunes ?

La miséricorde n’est pas un concept mais une personne, le Christ. Elle est liée à la souffrance, au péché. C’est la réponse que le chrétien peut apporter. Or on ne peut pardonner si l’on n’a pas fait l’expérience soi-même du pardon. C’est vrai pour les jeunes et c’est vraiment pour chacun de nous. Les JMJ de Cracovie seront l’occasion de redécouvrir, comme le disait Jean-Paul II, que « la miséricorde est la limite que Dieu met au mal ». »

2 comments

  1. LE GUEN

    Ah oui le Père Franz Stock, un grand et saint homme, qui aimait profondément la France et avait vu clair sur le nazisme. Il visitait les prisonniers à Fresnes, et à défaut de les faire libérer, les confessait, donnait l’eucharistie, les réconfortait spirituellement et affectivement et chose ultra-interdite qui aurait pu lui coûter cher, faisait passer les lettres des familles aux prisonniers et des prisonniers aux familles, et nourriture et faisait le maximum pour eux. Après il a admirablement dirigé le séminaire des barbelés à Chartres pour donner des vocations à l’Allemagne pour la reconstruire sur le plan spirituel. Tous ses séminaristes ne sont pas devenus prêtres, mais ils ont fait de très bons pères de famille formés spirituellement, et de très bon célib’.

  2. Bayard

    Oui le Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme est la promesse réalisée en son Fils de la miséricorde de Dieu pour tous les fils d’Adam marqués par le péché. Il faut bien constater en cette année consacrée à la Miséricorde que notre divin Rédempteur est passé sous silence au profit de la « miséricorde humaine » qui n’est que de la pitié, et que même la miséricorde spirituelle envers les âmes du Purgatoire n’a encore jamais été évoquée. Etre miséricordieux pour l’Eglise d’aujourd’hui, c’est faire du social, sans aucun souci des âmes et de leur salut. Ce n’est pas la volonté de Dieu: « A quoi sert de gagner le monde, si tu viens à perdre ton âme ».

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