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Notre responsabilité de chrétiens est de dénoncer les positions en contradiction avec nos valeurs

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Introduction de Mgr Rey à la table ronde des politiques lors de l’université d’été à la Sainte Baume :

« Nous nous retrouvons dans ce site exceptionnel au pied de cette montagne où Marie-Madeleine est vénérée depuis des siècles au flanc de ce rocher qui se dresse en arrière scène. On devine les bâtiments qui entourAent la grotte du sanctuaire.

Marie-Madeleine est la première communicante de la résurrection, j’allais dire la journaliste de la résurrection du Christ puisqu’elle s’en va annoncer aux apôtres sa résurrection, elle qui l’a accompagné tout au long de son ministère public jusqu’à sa mort, jusqu’à sa déposition en terre.

Dans ce lieu de mémoire et de pèlerinage anime par les Frères dominicains ont lieu depuis cinq ans les Universités d’été de l’Observatoire Socio Politique du diocèse. Ces Universités sont bâties autour d’un triptyque : d’abord la prière avec la célébration des offices liturgiques, ensuite la formation doctrinale avec l’apport qualifié d’intervenants spécialistes dans les relations entre l’Eglise et la société, de l’enseignement social et moral de l’Eglise, enfin d’échanges autour de tables rondes réunissant des femmes et des hommes de diverses sensibilités politiques. L’Université se veut être un espace d’échange, de dialogue, de débat.

J’ai parlé de dialogue car ce mot me semble la clé indispensable pour comprendre aujourd’hui la démarche qui est la nôtre. Le dialogue est intrinsèque à l’expression de notre foi. L’actualité mondiale le montre bien : tout refus du dialogue entretient le fanatisme et attise la guerre. Le refus de dialoguer constitue un symptôme de faiblesse de la pensée, que ce soit dans l’ordre politique, moral, social ou religieux. La paix et le vivre ensemble requièrent le dialogue. Jésus lui-même a engagé un dialogue avec ses contradicteurs et ses adversaires tout au long de sa vie. Sans dialogue, on tombe dans l’invective, le lynchage, le procès d’intention et la diabolisation. Un dialogue authentique exige la réunion de plusieurs conditions. D’abord la liberté d’expression, ensuite l’écoute mutuelle jusqu’à la disponibilité à changer d’avis. Et dans les matières qui regardent les Universités enfin la quête du bien commun qui transcendent les intérêts particuliers. Inviter des personnalités politiques ne signifie pas cautionner leurs positions mais les conduire à accepter d’être interpellées, voire critiquées, dans le cadre d’échanges francs, sereins et directs. On peut noter que ce dialogue est régulièrement organisé dans d’autres cadres sur les plateaux de télévision et dans des débats publics.

Autour de cette table dans quelques instants plusieurs personnalités politiques ont accepté de débattre. Je salue particulièrement leur présence, celle de M. Hervé Mariton, de M. Simon Renucci,  de Mme Marion Maréchal Le Pen et de M. Arnaud Leclere.

Parmi ces personnalités, la participation de Marion Maréchal Le Pen a fait débat. Faut-il exclure une représentante du Front National, la blacklister du débat politique où près de 40% des Varois l’ont introduit récemment lors des élections départementales et alors même que les représentants de cette formation politique sont régulièrement invités par les journalistes sur les plateaux TV. Notre responsabilité comme chrétiens est de dénoncer, de dénoncer les positions et les postures politiques qui nous semblent en contradiction avec les valeurs évangéliques ou problématiques par rapport à celles-ci. La Conférences des évêques de France vient de le faire récemment à propos de certaines positions du FN. Nous devons aussi élargir cette contestation à d’autres programmes, d’autres formations politiques, à partir des principes fondamentaux qui structurent l’enseignement de l’Eglise. Je les rappelle: le respect de la vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, la protection de la famille, le souci prioritaire du pauvre, de l’étranger, la sauvegarde de la planète, la liberté de conscience et la liberté d’expression de sa foi, la solidarité entre les peuples. Oui, dénoncer par fidélité à l’Evangile, oui contester c’est notre devoir. Mais c’est aussi toujours, toujours continuer de dialoguer, dialoguer sans cesse avec tous, non pas pour avaliser, non pas pour cautionner, non pas pour promouvoir, mais pour interpeller, pour s’enrichir, pour critiquer.

Dans une société démocratique, nous croyons à la vertu du débat, du débat d’idées pour éviter l’enfermement et la radicalisation sauf à sombrer nous mêmes dans le fondamentalisme, qui refuse de croiser ceux qui ne pensent pas comme nous en perdant l’usage de la parole pour le leur dire à hauteur de visage. La question fondamentale à laquelle nous renvoie cette polémique porte sur notre capacité à dialoguer avec tous les mouvements politiques, quels qu’ils soient, sur la base des principes d’humanité qui nous viennent de la Doctrine Sociale de l’Eglise, de son enseignement et donc de notre quête profonde de vérité que porte notre foi. Ces principes d’humanité fondent l’engagement des chrétiens en politique et le dialogue avec la société tout entière pour offrir un discernement, critiquer si nécessaire, dénoncer parfois, mais toujours concourir ensemble à la promotion d’un bien commun intégral et d’une écologie humaine. »

5 comments

  1. Jean-Christophe

    Les grands prophètes du Dieu d’Israël ont toujours dénoncé les fautes du peuple
    L’Église du Christ doit poursuivre cette tâche sinon elle perd son âme
    Car dénoncer le mal c’est donner une chance de guérison pour ceux qui le commettent.
    Mais elle est bien timide notre Eglise en ces jours !
    Alors Monseigneur Rey dit une chose juste !
    Jean-Christophe

  2. Alex

    Ce thème n’est pas une priorité. La quête du bien commun est un mythe, une hypocrisie .
    La responsabilité des chrétiens est de favoriser la conversion des pécheurs, leur Salut.
    Le jeu de dupes de la démocratie fait perdre du temps et perdre la raison par des débats stériles systématiquement..La doctrine sociale de l’église n’est qu’un leurre idéologique humaniste non-chrétien pavé de bonnes intentions et rien d’évangile lucidement interprreté.
    Je plains ce diocèse de Fréjus-Toulon dont l’éveque fait le meme métier qu’Yves Calvi.
    Christ envoya des témoins, et aujourd’hui Il se retrouve avec des experts en communication stérile!On reconnait l’arbreà ses fruits, et un mauvais finira toujours au feu.

  3. Féru

    Alex, vous n’avez pas tort, mais cet évêque est actuellement un des moins pire ! Rappelez vous aussi Msgr Lustiger, on le voyait beaucoup dans les médias, il jouait le jeu mais quel apport par sa pugnacité et sa rhétorique implacable.

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