« On ne peut pas dialoguer avec l’ennemi »

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Je reproduis un article de Rémi Fontaine publié dans le quotidien Présent du 8 juin dernier, à propos de la fameuse note d’un conseil de la CEF, présidée par Mgr Brunin :

« Une note rédigée par le Conseil « Famille et société » de la Conférence des évêques de France (publiée sur son site) invite les catholiques à « poursuivre le dialogue » sur le « mariage pour tous » en des termes particulièrement inquiétants : « L’exercice de la démocratie suppose d’admettre dès le départ que les divergences d’opinion sont légitimes. » Comme si notre opposition à la rupture anthropologique que le pouvoir socialiste nous impose aujourd’hui était simplement une opinion parmi d’autres ! Quid des principes non négociables ?

« C’est une preuve de maturité démocratique que d’accepter sans violence que son propre point de vue ne soit pas retenu », ajoute le document épiscopal, parmi d’autres citations de même nature conciliante, nous enjoignant à « vivre l’exigence démocratique ». Vivre l’exigence démocratique de Créon plutôt que l’exigence métaphysique d’Antigone ! Dans le compromis moral et politique. Subordonner la loi divine à la loi du nombre : « Le débat doit normalement permettre d’améliorer un projet de façon à recueillir l’adhésion du plus grand nombre. » Contribuer ainsi à la métaphysique et au dogme du pluralisme, c’est-à-dire au culte de l’homme : « La laïcité accueille dans l’espace public les opinions et contributions à la recherche de l’intérêt général, exprimées au nom d’une conviction religieuse ou spirituelle, car elle reconnaît la richesse du pluralisme. L’Eglise, comme toute association, peut faire entendre ses arguments. » Sacrifier à ce dogme maçonnique en se faisant association humaine parmi les autres, soumise à ce Contrat social des associations analogue au funeste Contrat de Rousseau ! Se croire suffisamment intelligent pour instruire cette démocratie religieuse, comme Eve s’est cru assez maligne pour discuter avec le père du mensonge dans sa première « movida » (manœuvre) !

On opposera justement, à ce jus pieux démocratique des évêques de France, la parole du futur pape François dans son livre « Amour, service et humilité » (Magnificat) : « On ne peut pas dialoguer avec l’ennemi de notre “Salut” : il faut lui faire face, en le combattant jusque dans ses intentions. »« 

18 comments

  1. « On opposera justement,…
    à ce jus pieux …démocratique des évêques de France… »

    A mon avis de simple paysan…
    ce jus…à bien y regarder…fume….
    et cette fumée….ressemble à celle que François a annoncé…
    « les fumées…de Satan…. »
    moi qui croyait…en vérité… comme notre Apôtre Paul…
    que les frères n’étaient pas tous maçons…
    que les évêques ne se formaient pas tous aux Amériques
    et bien…en France….dans mon vieux pays….
    les aveugles ne voient pas….
    les démons ne sont pas chassés…
    seul… les anges gardiens nous ont quittés!!!

  2. santiago64

    Rappelons Au conseil de la CEF présidé par Mgr Brunin ces paroles fortes du Cardinal Ratzinger ( Benoît XVI) dans « Paul VI, avocat de la personne humaine »
    Un texte écrit en 1995:
    « A quel moment une majorité est-elle vraiment représentative? Qui doit-elle représenter? Et comment?
    Sans que le problème soit ici discuté dans toute son ampleur, nous pouvons dire la chose suivante à ce sujet: une commission, qui donne un avis sur la doctrine de l’Eglise, ne doit en aucun cas représenter la majorité des opinions dominantes, mais l’exigence intérieure de la foi. La vérité n’est pas décidée à la majorité; le principe démocratique s’arrête devant les questions de la vérité.
    En outre, dans l’Eglise il n’y a pas que les vivants qui comptent. En elle, les morts ne sont pas morts, parce que, comme communion des saints, elle va au-delà des limites du présent. Le passé n’est pas passé et le futur, de ce fait, existe déjà. En d’autres termes: dans l’Église, il ne peut y avoir de majorité contre les Saints, contre les grands témoins de la foi qui caractérisent toute l’histoire. Ils appartiennent toujours au présent, et leur voix ne peut pas être mise en minorité.  »
    Cela juge irréfutablement l’eau tiède (polluée de surcroît) du document CEF.

    • LEVI

      merci Santiago 64 pour ce rappel des écrits de Benoît XVI.
      Elles sont claires et nettes et ne participent pas du politiquement correct. Benoît XVI en intellectuel rigoureux a besoin d’appeler un chat un chat, la confusion des catégories entraîne la confusion des idées. SI les prémisses sont fausses, les conclusions le sont nécessairement.

  3. eljojo

    Sans vouloir offenser l’auteur de cet article, je crois qu’il fait un contre-sens majeur.

    En effet, « accepter sans violence que son propre point de vue ne soit pas retenu » ne signifie nullement l’abandon de son point de vue, ni même l’abandon du combat pour le faire prévaloir. Il s’agit simplement d’appliquer la béatitude « Heureux les doux, ils posséderont la Terre. »

    « Accepter sans violence que son propre point de vue ne soit pas retenu » conduit justement à continuer à s’engager pour la défense de nos convictions. Ce qui, dans une perspective chrétienne, passe exclusivement par le dialogue.

    Il ne s’agit bien évidement pas de dialoguer avec le diable ou avec ses idées, mais bien de dialoguer avec ceux dont les esprits sont embrumés par ces idéologies mortifères.

    Quel chemin propose le Christ pour l’évangélisation ? Celui d’aller deux par deux, pour enseigner que le Royaume de Dieu est tout proche. ce qui signifie donc un chemin de conversion intérieur des croyants pour qu’ils aillent au contact, au dialogue du non croyant. Pour l’évangélisation, car c’est de cela qu’il s’agit in fine, le dialogue n’est pas une option parmi d’autres, il est une nécessité.

    Et, une simple note. Etant donnée la supériorité du Christianisme, nous n’avons nul besoin de la revendiquer, elle s’impose d’elle-même. En général, celui qui a besoin de dire « je suis le meilleur, j’ai raison » pour assurer ses dires n’est finalement pas vraiment digne de foi ni force de conviction.

    L’enseignement de l’Eglise est force de vie non parce que c’est l’Eglise qui le prononce, mais parce qu’il est vrai, tout simplement.

  4. maroussia

    Pendant que la CEF nous sort ce jus tiéde, nos jeunes sont arrêtés, parfois frappés, fichés, mettant sans doute leur future carrière en péril …Des mères de famille bravent les CRS et les « antifas » ! J’a honte et envie de pleurer. Une pétition circule, demandant à la CEF la démission du conseil Famille… Je l’ai signée. Soyons nombreux à le faire, je vous en prie.

  5. Sebastien

    « Que ton oui soit oui, que ton non soit non, tout le reste vient du malin ! »
    Appliquons cette parole et ne craignons pas la persécution. Le disciple n’est pas plus grand que le maître!

  6. Merci Eljojo de cette belle mise au point!
    Chers frères, n’oublions pas que notre église est catholique et donc universelle, ce qui implique une diversité dans la conception de la vérité. Mon angle n’est pas forcément le tien. Dès lors, laissons l’Esprit Saint nous enrichir les uns les autres, plutôt que de nous laisser nous entredéchirer.

  7. LEVI

    La Conférence des Évêques de France ne peut pas ouvertement désavouer les lois de la république sans se faire traiter d’incivique, d’anarchiste, de mauvais citoyens, etc.
    Mais je ne puis m’empêcher de repenser la situation en Belgique où alors que l’on demandait (procédure constitutionnelle) au roi Baudouin de contresigner et promulguer une loi « dépénalisant » l’avortement qu’il n’approuvait pas, il a préférer abdiquer pour respecter les impératifs moraux de sa conscience.

  8. jean la Fay

    Maintenant que la sodomie est devenue légale laïque est républicaine a quand la polygamie également laïque et républicaine ??????????

  9. Dionnot-Enkiri

    Je suis entièrement d’accord avec « Eljojo » et c’est en ce sens que j’ai répondu à la présidente d’Avenir pour la Culture qui appelle à signer une pétition que je trouve « inacceptable » pour reprendre ces propros.
    Le document du Conseil Famille et Société de la C.E.F. est un document parfaitement équilibré et inspiré par le Christ.
    Nos pasteurs, les évêques, sont parfaitement habilités et ont les grâces nécessaires pour exprimer la doctrine de l’Eglise.
    L’Eglise n’est pas un parti politique, le Christ n’est pas un tribun, il est la voie, la vérité, la vie.
    Moi qui suis « tradi » de culture, je suis de plus en plus fatigué et attristé par l’intransigeance, le sectarisme et la certitude de détenir LA Vérité de certains de nos amis et donc je suis de moins en moins « tradi » de conviction.
    Jean Dionnot-Enkiri

  10. Seuls les Saints ont une parole de vérité irréfutable. Nos Evêques sont dans une situation bien délicate. Il faut prier pour eux surtout et prier pour qu’ils deviennent des Saints…. Alors leur parole deviendra irréfutable….
    Que sommes nous sans la grâce de la force ?
    Bonne journée.
    Emeraude

  11. Hélène

    La CEF, les évêques, tous les dirigeants ont perdu, et pour longtemps, tout crédit. Arrêtez de ratiociner, de couper les cheveux en quatre sous prétexte de rapprochement, de compréhension, de tolérance où que sais-je encore, ce n’est que de la mollesse. Ayez des convictions et croyez que l’on peut respecter chacun sans se renier soi-même.

  12. Michel

    Pas une seule parole des Écritures dans leurs textes ces types sont a peine des prêtres, se sont des administrateurs., des idéologues en soutane…. toujours des propos lénifiants.

  13. clavier jean pierre

    La CEF est responsable de la loi Taubira , elle a freiné son rejet par la grande majorité des citoyens Avec sont éternelle rengaine nous sommes contre l’homosexualité et non contre les homosexuels. Certes les homo qui sucommbent a leur vice ne sont pas plus condanables que les epoux qui se livrent a l’adultère, mais quand ils revendiquent leur corruption comme un mode de vie normale, , ils pèchent alors contre l’esprit et ils doivent être dénoncé comme des individus dangereux qui pervertissent la société
    La complicité de certains évêques avec les laïcards sous prétexte de démocratie, nuit non seulement a la foi mais a la démocratie elle même qui apparaît comme la cause première de l’immoralité contemporaine qui rejette la morale naturelle
    Ne nous étonnons pas dans ces conditions que certain a la recherche de Dieux se tourne vers l’islam

  14. LABARTHE

    Le prophète Jérémie disait à propos d’un certain péché d’Israël, faisant parler dans sa bouche le Dieu d’Abraham, d’isaac et de Jacob, qu’il n’avait jamais ordonné cela, à quoi il n’avait jamais songé.
    Le Seigneur dépassé par les péchés des hommes !
    Et le Seigneur Jésus Christ n’a jamais fait mention de la possibilité d’un mariage entre deux personnes homosexuelles, lui aussi dépassé par l’absurdité des hommes !
    Et bien ce silence devrait nous faire frémir de peur.
    Cette loi du mariage pour tous est une grave offense à Dieu, elle doit être vécue comme cela par les serviteurs de l’Eglise. Il est donc difficile de dialoguer avec les autorités publiques comme si cette loi pouvait être dans la volonté de Dieu et chaque jour pour beaucoup nous disons :  » que ta volonté soit faite  » dans la prière du Notre Père.
    Cette loi est une déclaration de guerre contre le projet de Dieu. Dans le respect du comportement voulu par le Christ, nous devons lutter de toutes nos forces pour transmettre à nos enfants que Dieu a créé l’homme et la femme pour qu’ils deviennent féconds ensemble. Tout le reste est contraire au dessein du Seigneur.
    La paix oui, mais pas la paix selon Munich.1938.
    Jean-Christophe

  15. KARR

    Les évêques sont depuis longtemps à la traîne,la mobilisation des catholiques ces derniers mois prouve que nous devons prendre des initiatives,si certains accèptent de participer tant mieux,pour les autres qu’ils poursuivent leurs parlotes stériles!

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