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Quelle place prendre dans l’Église ?

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De Mgr James, évêque de Nantes :

Le mois de Juin est souvent celui des ordinations. Jacky, Alain et Guillaume seront ordonnés diacres permanents. Jean-Baptiste sera ordonné diacre en vue de la prêtrise. Et Hervé sera ordonné prêtre. C’est une joie pour le diocèse.

Le nombre de prêtres diminue, ici et ailleurs en France. Cette situation provoque des réactions diverses. Certains plaignent les prêtres surchargés. D’autres les estiment mal répartis. D’autres pensent que les prêtres seront remplacés par les diacres et les laïcs. Il n’est pas bon, d’abord, d’envisager l’avenir du diocèse, seulement par rapport au nombre de prêtres. Cela pourrait conduire à vouloir des prêtres à n’importe quel prix et à entretenir chez certains une mentalité de consommateurs. Il n’est pas bon non plus, d’entretenir la confusion entre les fonctions dans l’Eglise. Nous apprécions la présence et le ministère des diacres. Pour autant, ni le laïc ni le diacre ne remplacent le prêtre, pas plus que le prêtre ne remplace le laïc ou le diacre. Toutes les vocations sont belles mais ne sont pas interchangeables. Les fonctions dans l’Eglise sont spécifiques et complémentaires. Et certaines comme celles des prêtres sont indispensables.

Mais de quels prêtres ? Beaucoup ne demandent pas de prêtres au sens où l’entend l’Eglise. Ils demandent des personnes qui remplissent un rite religieux. Chaque dimanche dans plusieurs églises du diocèse où est célébrée l’Eucharistie, il y a encore des chaises et des bancs vides. La majorité des baptisés peut participer à l’Eucharistie. Il faut constater qu’elle ne le fait pas. Elle n’en a pas soif. En ce sens, ce ne sont pas les prêtres qui manquent le plus, ce sont les chrétiens. Les trois quarts des baptisés ne sont pas évangélisés. Nous avons besoin de prêtres qui agissent au nom du Christ et comme Lui, non seulement dans les célébrations, mais aussi en évangélisant avec tous les baptisés. Nous avons besoin de prêtres, pasteurs missionnaires. Nous avons besoin de pères spirituels : ceux-ci accompagnent communautés et personnes, pour discerner les signes de l’Esprit. Par la Parole de Dieu et les sacrements, ils nourrissent les baptisés qui ont des responsabilités dans l’Eglise, ceux qui en ont besoin pour vivre leur foi dans leur profession, leur famille et évangéliser à leur tour. C’est le cas des membres des mouvements d’action catholique dont nous parle le dossier de ce numéro. Beaucoup trop de baptisés n’osent pas encore proposer explicitement l’Evangile. Ils préfèrent témoigner par leur vie et laisser la parole à quelques spécialistes que seraient les prêtres, diacres, laïcs en mission ecclésiale, consacré(e)s. Cette dichotomie dans la mission n’est pas acceptable. Tout baptisé est missionnaire en paroles et en actes.

Dans cette situation de pénurie, nous avons à nous aider les uns les autres pour que les prêtres gardent un bon équilibre de vie humaine et spirituelle. Cela passe, pour eux, par des changements de pratiques. Des réunions par exemple, pourraient être réduites en nombre ou en durée, si elles étaient animées avec efficacité. La présence d’un prêtre n’est sans doute pas nécessaire à toutes les réunions de certaines équipes. Et pour les eucharisties, on pourrait faire des efforts pour se rassembler davantage. Si nous voulons que la vocation de prêtre diocésain soit attirante, nous continuerons à chercher, diacres, personnes laïques, prêtres, de nouvelles manières de vivre et d’animer nos communautés.

De nombreux laïcs sont déjà engagés dans la vie de l’Eglise. Mais des personnes qui auraient du temps, n’osent pas prendre des responsabilités. Bien sûr, tous n’ont pas les mêmes disponibilités. La famille fait partie des priorités, par exemple. Il y a, cependant, à s’interroger : chacun est-il assez disponible à la vie de l’Eglise ? Quelle place y prendre ? Evêque, je veux promouvoir cette Eglise vivant et célébrant l’Evangile du Christ, dans la diversité des vocations, lors du rassemblement des EAP.
Notre Eglise en France a moins de moyens. Mais nous ne perdons pas confiance. Nous sommes heureux des prochaines ordinations. Et, par notre courage, notre réalisme, notre générosité, nous témoignons que le Christ est notre seule richesse et notre joie.

5 comments

  1. Les prêtres ne manquent pas dans l’Eglise catholique romaine. Si l’on pense que l’Eglise est universelle, nous devons donc privilégier le sens de l’universalité quant au partage des prêtres: partageons-les entre les diocèses car ils sont nombreux ailleurs: en Amérique latine, en Asie, en Afrique, en France où ils sont ordonnées nombreux par la communauté saint Martin: arrêtons donc de faire croire aux fidèles qu’il y a pénurie de prêtres comme s’ils étaient des marchandises: combien de prêtres étrangers trouve-t-on en France errant sans paroisse? Retrouvons l’esprit chrétien d’accueil et il n’y aura plus la prétendue pénurie de prêtres…La vocation sacerdotale passe par le bon témoignage de vie des prêtres…En France, on voit le prêtre en terme d’argent et non plus en terme de mission évangélisatrice: un vicaire général n’a pas besoin de dire aux prêtres: le diocèse n’a pas d’argent pour vous accueillir! C’est terrible d’entendre de telles réponses! Un prêtre vit de ce que la communauté lui donne, il n’a pas besoin de salaire pour annoncer l’évangile: la plupart des diocèses en France sont des diocèses qui ne visent plus que la survie des prêtres: argent, santé, etc., mais les besoins spirituels du peuple de Dieu ne leur disent plus rien…

  2. Philomène

    A partir du moment où l’on a besoin de prêtres étrangers, c’est qu’il y a au moins un problème quelque part. Personnellement, je ne suis pas pour faire venir des prêtres étrangers, je les trouve nettement moins formés théologiquement que les prêtres français; et cela développe le communautarisme dans l’Eglise parce qu’ils attirent à eux les fidèles d’origine étrangère, je le vois dans ma paroisse du diocèse d’Evry; idem pour les religieuses étrangères, elles sont nommées dans les quartiers à forte population immigrée. Je trouve que c’est déplorable.

  3. Jean-Christophe

    Nous sommes tous, prophète, prêtre, et roi, mais le fidèle laïc dans notre Eglise doit se taire.
    La Messe est un culte. Et l’Eglise la transforme en enseignement, par l’homélie du prêtre, homélie qui interdit le partage.
    Et si nous faisions des messes, sans homélie ?
    La formation des fidèles se faisant par des réunions où la parole serait libérée, sous la direction des prêtres
    Pour un fidèle, fidèle aux messes, c’est souvent fatiguant d’entendre une homélie déjà si souvent entendue…, nous sommes tous des élèves redoublants dans notre Eglise !
    Je dis aussi dans mon coeur, souvent, vivement le credo pour redresser les erreurs de l’homélie.
    L’Esprit Saint est sur chaque baptisé, nous avons tendance à l’oublier.
    Je disais que la Messe est un culte. Vers qui est tourné ce culte ?
    Et sur la formation des prêtres pourquoi tant d’études philosophiques ? le métier du Seigneur, n’est-ce pas charpentier !

  4. Cher Jean-Christophe: nombreux sont les pays qui ont beaucoup de prêtres, mais les laïcs se réunissent le dimanche pour prier et partager l’Évangile même en l’absence de prêtre. Celui-ci a un rôle précis: célébrer les sacrements, mais il ne fait pas à lui seul l’Eglise ni la paroisse: c’est un faux débat: on accuse les prêtres de tout prendre et pourtant, les laïcs eux-mêmes ne veulent pas se rassembler pour prier en l’absence de prêtre. Je le vois dans ma paroisse ici en France, j’arrive expressément en retard pour voir comment les fidèles se comportent: je les trouve silencieux! Or, en Afrique ou ailleurs, avant que le prêtre n’arrive, le catéchiste fait prier l’assemblée: c’est une question de formation. Je réponds à Philomène qui prétend que les prêtres étrangers sont peu formés théologiquement: c’est du jamais entendu: je suis du Congo démocratique: j’ai travaillé dans le diocèse d’Evry, paroisse de Boutiny sur Essonne (2002-2004), les fidèles n’avaient cessé de me demander: où est-ce que je trouve ce que je leur dit dans mes prédications? La différence était nette et claire quand les autres confrères prêchaient. Nous avons tous la même formation initiale, certes que je suis docteur en théologie, mais à cette époque-là j’étais encore licencié formé à l’Université catholique de Yaoundé au Cameroun. En Afrique, nous sommes formés jusqu’à ce jour par les enseignants européens qui collaborent certes avec les enseignants africains; donc c’est mal connaître la formation des prêtres catholiques que d’affirmer, comme Philomène d’Evry, que les prêtres étrangers qui viennent en France sont peu formés théologiquement: ce n’est pas l’Eglise catholique romaine, car tous les prêtres catholiques ont la même formation théologique, mais prêcher tout comme enseigner est un don…nous avons des professeurs qualifiés dans des Universités, ils possèdent la matière mais ils ne savent pas la transmettre, c’est-à-dire inculquer aux autres les connaissances qu’ils ignorent: c’est une question de pédagogie, de didactique et de méthodologie…ça n’a rien à voir avec l’origine étrangère de tel ou tel prêtre…Par ailleurs, le  »communautarisme » n’est pas un vocable catholique; les prêtres ou les religieuses catholiques qui viennent en France ne suivent que le programme pastoral mis en place par l’évêque du lieu, ils ne peuvent donc pas, comme l’affirme Philomène, développer le « communautarisme »: c’est l’évêque qui envoie selon les besoins du diocèse…Les prêtres étrangers ne vont pas par eux-mêmes occuper les quartiers des immigrés…C’est un faux problème et une mauvaise intention…l’Eglise catholique est bien organisée, son organisation pastorale n’a rien à voir avec le communautarisme…

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