ASSOCIATIONS ET GAUCHE MISENT SUR 2012 POUR LE MARIAGE HOMOSEXUEL

Présentation de deux Motu proprio visant à simplifier les procédures de nullité des mariages

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Annoncée le 7 septembre, la publication des deux Motu proprio visant à simplifier les procédures des nullités de mariage a eu lieu le 8 septembre, concomitamment à une conférence de presse dont l’objet était leur présentation.

Il y a bien eu deux Motu proprio, l’un à destination de l’Église latine (Mitis Iudex Dominus Iesus), l’autre à destination des Églises catholiques orientales (Mitis et misericors Iesus). Nous reviendrons sur ces deux dispositifs, mais voici les principaux apports de cette réforme canonique.

–  Suppression de la double sentence: une seule sentence en faveur de la nullité est donc requise. C’est en quelque sorte un jugement en premier et dernier ressort.

– La sentence pourra être rendue par un juge unique sous la responsabilité de l’évêque lequel aura même la faculté d’exercer la fonction de juge. Ainsi, il pourra être juge dans le cas d’une procédure écourtée (hypothèse d’arguments évidents). Dans les cas de nullité évidente du mariage, la procédure sera donc brève.

– L’appel aura lieu devant le siège métropolitain, même si un recours auprès de la Rote romaine pourra toujours être fait. Rome exerce, en quelque sorte, la fonction d’un juge de cassation dans les questions de nullité.

– Gratuité des procédures. Les conférences épiscopales devront ainsi s’assurer de l’effectivité de ce principe.

Ces dispositions seront certainement discutées, et même critiquées (notamment quant à la suppression de l’exigence de double sentence). Rome souhaite-t-elle rabattre certaines questions relatives au lien matrimonial sur le terrain procédure ? Est-ce l’esquisse d’une solution consensuelle ? Le  cardinal Scola, par exemple, réclamait une réforme de la procédure tout en critiquant l’accès à la communion eucharistique des divorcés dits remariés.

 

 

 

19 comments

  1. Papilou de Normandie

    Bon….portes qui s’ouvrent …curieux avant le prochain synode!! Un abandon de plus (trahison!)…je sais de quoi je parle j’y suis passé!!!!
    per C.S.P.B.

  2. DenisL

    J’ai regardé les deux Motu proprio. Surprenant !

    (1) J’ai appris qu’il y a deux églises avec « chacun » son code de lois propre. C’est pour dire! Les humains orientaux sont différents des humains occidentaux. Moi qui pensait que les humains étaient, dans le fond, tous pareils.
    (2) Je constate, que quand le pape cogite ‘de son propre chef’, il ne se réfère pas du tout à ce qu’a dit le Christ.
    (3) Il (le pape) discute de « nullité du mariage »… Cette expression n’apparait pas dans la Parole de Dieu. D’où est-ce que ça vient ? Quelqu’un peut-il me renseigner ?

    Bien Vôtre !

    • emilie

      A l’époque du Christ on parlait de répudiation. C’était, je pense, signifiait aux autorités religieuses que le mariage ne pouvait s’accomplir pleinement pour telles et telles raisons. Les époux étaient très engagés lors des fiançailles mais ne cohabitaient pas ensemble. Ils leur était loisir de s’observer et se constater certaines anomalies chez l’autre. Les parents étaient souvent à l’origine du mariage, cette période avant de cohabiter semblait très utile.
      Les deux églises ne sont pas encore réunies, il est vrai que les orientaux accordent une plus grande liberté mais compte tenu que ce sont les époux qui se donnent le sacrement, il faut penser que la liberté accordée ne vient pas du chef de l’église, représentant du Christ, et cette église n’est surement pas, pour ce sacrement, en accord avec l’Evangile du Christ.
      La nullité dont on parle actuellement c’est analyser les intentions des fiancés lorsqu’ils ont pris l’engagement de s’unir par le Mariage. On n’annule pas un mariage, on constate, selon certaines procédures que l’engagement pris par les fiancés n’était pas pleinement conscient ou qu’il n’y avait pas la maturité nécessaire de l’un des deux pour s’engager pleinement (c’est pourquoi, l’information sur cet important engagement devrait préoccuper nos pasteurs).
      A notre époque, les hommes d’église ne savent pas vérifier si les fiancés réunissent les conditions pour qu’un mariage soit valide avant la cérémonie MAIS ils peuvent donner un avis après ce motu proprio.
      Ne serait-ce pas plus important de rechercher si les fiancés remplissent les conditions pour un mariage religieux valide en éclairant les fiancés sur les devoirs d’un tel engagement AVANT de recevoir le sacrement ?
      On ne peut pas être absolument sûr à 100 % que le futur conjoint soit vraiment sincère et conscient de son engagement, c’est pourquoi il serait judicieux de faire une préparation sérieuse et même je dirai une retraite.
      Les religieux ont bien des retraites spécifiques avant leur engagement pourquoi pas la même obligation pour les fiancés ?
      Si les hommes d’église avaient veillé davantage sur les jeunes après la communion solennelle, on n’en serait pas là et s’ils évangélisaient mieux et plus intensément, les chrétiens seraient plus militants et n’auraient pas déserté les lieux de cultes.
      On peut penser, vu la crise de la formation religieuse des jeunes, qu’il y a beaucoup de mariage religieux qui ne sont pas valides mais ce n’est pas une raison pour modifier les procédures.

  3. Théofrède

    je ne vois pas quel est le rapport entre une modification de la procédure de reconnaissance de la nullité d’un mariage et l’accés à la communion des divorcés remariés (qui, canoniquement, sont en fait des bigames)

    • Levi

      Si les  » divorcés « re »mariés  » sont reconnus n’ayant jamais été mariés il n’y a pas d’objection à les admettre à la sainte table.

    • emilie

      Mon texte est parti sans mon assentiment… mille excuses.
      Je voulais dire que le synode accorderait la communion aux divorcés remariés sans attaquer le Mariage mais en repensant les procédures de nullité.
      Ainsi si les mariages de ces gens sont analysés en déclarant NUL le premier mariage, ils n’ont plus qu’à se remarier et ainsi ils réintègrent l’Eglise et peuvent s’approcher de l’Eucharistie.
      On ne peut nier qu’ils y a surement des mariages invalides à notre époque mais changer les procédures de nullité pour libérer ces remariés c’est galvauder l’enseignement du Christ et les gens d’église en porteront la responsabilité devant le Bon Dieu.

  4. Philon

    Nous y sommes! Il l’a fait, il a devancé le synode car il savait qu’il y aurait une forte opposition à ce changement de doctrine sous l’hypocrite utilisation de la « miséricorde ». Et maintenant va se détricoter le fondement de la société chrétienne fondée par Jésus: la famille. On retourne à la loi mosaïque , il ne suffira plus d’une lettre de divorce mais d’un évêque bien disposé ( et il y en a en masse dans nos pays occidentaux ). Les paroles du Christ sont balayées! L’adultère, la miséricorde le balaie, les enfants et l’épouse ou l’époux du premier mariage, la miséricorde les prie d’aller voir ailleurs, il n’y a plus rien de bon pour eux ici! La charité mon bon pape François pour tous ceux qui sont détruits par l’adultère et les foyers dévastés! Qui fera justice à tous ces malheureux…Le Seigneur lui-même demandera des comptes à ces pasteurs sans scrupule qui ont abandonné le troupeau.

  5. Hervé Soulié

    On ouvre une brèche dans le barrage.
    Elle a l’air d’être minime, mais en fait elle se transformera par la force des choses en une faille géante, par laquelle d’innombrables mariages sacramentellement valides seront dissous.
    J’ai peine à croire que cette facilitation soit :
    – Demandée par le Christ,
    – Inspirée par une vraie miséricorde.

  6. Yves

    Rappelons juste que cette réforme de la procédure de reconnaissance de la nullité des mariages avait déjà été envisagée par Benoît XVI, et que cette question fait partie des points qui faisaient consensus lors du synode d’octobre dernier, y compris parmi ceux qui sont opposés à toute évolution sur la question des divorcés remariés.

    On ne change pas les critères, on ne touche pas une virgule à l’enseignement de l’Église sur le mariage. Mais on simplifie la forme du procès, en replaçant l’évêque au centre de son diocèse (pourtant une revendication récurrente de ce site…) et en supprimant un peu de cette bureaucratie honnie…

    Mais quand on a pour parti d’être contre, on est contre… y compris contre ce qui va dans le bon sens!

    • sygiranus

      Que je sache, l’évêque a toujours été au centre des procédures de reconnaissance de nullité. C’est au sein de son diocèse que se trouvent avocats, experts et juges en la matière. La Rote romaine n’est appelée qu’en cas de difficulté à trancher !
      Maintenant la bureaucratie « honnie » n’a pas que des défauts en ce qu’elle évite les jugements hâtifs et trop personnels et l’impatience à trancher doit éveiller le soupçon. Quant au jugement unique, il ne me dit rien de bon au vu des discours tenus par trop de clercs, mitrés ou pas et tout près de dénouer des liens relâchés par caprice ou tentation mal contrôlée !
      Comment le Saint-Esprit va-t-il se retrouver, dans tout ça ?

    • Féru

      Non, c’est une manière jésuite de couper l’herbe sous le pied du synode, sachant bien qu’avec les évêques que nous avons, les divorces seront accordés à la pelle, il suffira de pleurnicher un coup pour émouvoir la miséricorde. C’est une trahison très habile.

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