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Pression malthusienne sur une minorité népalaise

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Vivant dans les zones les plus reculées du Népal, pauvres, loin de tout, la minorité musulmane qui représente à peine plus que 4 % de la population largement dominée par les Hindous accuse plusieurs ONG de ne lui consentir de l’aide qu’en échange de l’obligation d’avoir recours à des moyens contraceptifs. Ce sont surtout les femmes qui sont visées par ce chantage, d’après plusieurs responsables de cette communauté déshéritée : on leur dit de se soumettre ou de se voir privées d’aide humanitaire et de la scolarisation gratuite de leurs enfants.

« C’est détestable, cela va contre notre foi et constitue une exploitation de notre pauvreté », a déclaré Hassan Miya, de la région de Banke, à AsiaNews.

 « C’est une conspiration contre les minorités », estime Miya, décrivant le dilemme où sont placées les familles népalaise qui n’ont pas les moyens de payer l’école pour leurs enfants : « Les ONG arrivent avec beaucoup d’argent et offrent la scolarisation mais imposent en retour la planification familiale. »

Côté hindou, on vente ces systèmes au nom du bien-être économique : la presse hindoue de la région assure même que les femmes musulmanes de Bajura, opposées à la contraception par croyance, « se sont rendues compte qu’elle n’est pas une honte » et ont tourné le dos aux préjugés.

En définitive, cependant, le ministre de la santé Gopal Parajuli a promis d’ouvrir une enquête, expliquant que les programmes sanitaires et scolaires ne devaient mettre en cause les croyances de quiconque.

Le Népal était, jusqu’en 2006 où il est devenu laïque, le seul Etat hindou du monde. Mais les musulmans s’y plaignent d’être maintenus loin des centres du pouvoir et de l’économie.

Je devine les remarques que pourra susciter cette information : pourquoi s’émouvoir de cette situation qui frappe des musulmans ? Eh bien, il s’agit ici de personnes objectivement poussées au mal, objectivement poussées à utiliser des moyens néfastes pour la santé et mauvaises sur le plan moral : voilà qui ne peut en aucun cas amener la paix.

 

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© leblogdejeannesmits

6 comments

  1. garmon

    Cette phrase « Je devine les remarques que pourra susciter cette information : pourquoi s’émouvoir de cette situation qui frappe des musulmans ? » me paraît révélatrice de réactions peut-être fréquentes chez les lecteurs de Jeanne Smits.

    Chrétiens, nous devons traiter les musulmans comme nous voudrions qu’ils nous traitents.

    Dieu vous garde.

    Garmon

  2. Françoise

    Pour une fois, c’est la minorité musulmane qui est persécutée dans ses conceptions de la vie communes à celles du christianisme. Merci d’avoir mis l’accent sur ce problème.
    Mais certains pourraient objecter qu’il serait bon que les musulmanes limitent le nombre de naissances pour mettre un terme au projet de conquête de l’islam sur le monde entier, quand ce n’es pas par les armes, c’est par le ventre des femmes …

  3. John-Paul

    La pilule est hors de prix, le condom onéreux quand il faut le remplacer à chaque fois, les capes vaginales pas évidente à utiliser. Le stérilet doit être remplacé tous les 5 ans, l’implant sous-cutané aussi. L’injection intramusculaire « longue durée » (genre dépôt Provera) a une durée d’action très limitée.
    L’Inde très majoritairement hindouiste (védique/brahmanique) s’est soumise depuis des lustres au planning familial et s’est lancée (contre subsides) dans la limitation des naissances « intensive » partout où c’était possible.
    Cette limitation des naissances inclus le recours à l’avortement (un peu moins barbare qu’en Chine) mais recours beaucoup à la stérilisation.
    La stérilisation masculine est relativement facile par résection des canaux déférents au niveau des bourses.
    La stérilisation féminine par ligature/résection des trompes est plus lourde. Elle peut se faire (et en Inde se fait souvent) par voie basse (transvaginale) ; donnant une moins bonne vue sur la cavité abdominale, il est arrivé (en Inde) qu’un chirurgien myope, maladroit ou pressé, fasse une résection de l’intestin.

    On peut comprendre que outre les raisons religieuses (présentes aussi dans le catholicisme ou le judaïsme) les musulmanes népalaises refusent la contraception.

  4. Adam

    Le malthusianisme est une contre-vérité scientifique et une tromperie de la population.
    Certes un enfant c’est une bouche à nourrir, mais ce faisant, comme consommateur, il soutient la croissance économique, mais aussi très vite (et surtout dans les régions à revenu bas) il devient producteur. Un enfant, toutes les familles « pauvres » le savent, c’est aussi deux bras.
    Adam Smith.

  5. Shimon

    Le bouddhisme et le jaïnisme sont tout à fait minoritaires en Inde. Ces deux religions/philosophies ont une culture de l’ascèse, du renoncement à l’illusion trompeuse du plaisir, de l’avoir et du pouvoir.
    Ce n’est pas le cas de l’hindouisme bien plus hédoniste et finalement matérialiste athéiste à travers souvent une mythologie surabondante, mobile et parfois contradictoire. Cet hédonisme matérialiste hindou s’accommode très bien de la limitation des naissances, mais s’appuyant sur le système intangible des castes, une limitation différenciée selon la naissance.
    Par ailleurs, pour certains seulement, tout ce qui n’est pas hindou doit être éliminé (sacrifié à Kali).

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