Quand on ne se sent ni « il », ni « elle »

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Avec les nouveaux droits des LGBT, ou devrais-je dire les LGBTQ, la langue anglaise est en train d’atteindre ses limites. Et le français ne tardera pas, gageons-le…
 
A Mills College, une université américaine n’accueillant que des femmes, à l’instar du prestigieux genderqueer (de genre bizarre) ou gender-fluid  (de genre fluide) et qui ont envie d’obtenir la reconnaissance linguistique de leur ressenti.

Vassar College sur la Côte Est, on cherche en effet à en finir avec l’utilisation obligatoire des pronoms « il » ou « elle » qui ne conviennent pas aux personnes qui s’identifient comme 

 
Le Christian Science Monitor révèle qu’à Mills, Oakland, California, les participants à un groupe de parole hebdomadaire pour lesbiennes, gays, bi ou transgenre commence toujours par un tour de table, où chacun – et chacune, mais sans vouloir mettre les gens dans des cases, hein ? – déclare au préalable de quelle manière on parlera de sa personne : « elle », « il » ou autre chose. Non, pas « it » tout de même, car « it », neutre, désigne une chose, pas une personne.
 
Pourquoi chaque semaine ? Eh bien le genre, ça se change. Comme les chaussettes.
 
Mais enfin, bien que Mills n’accueille que des étudiantes féminines, les pronoms féminins ne suffisent pas à satisfaire chacune et chez les LGBT on entend déjà, de manière croissante, des pronoms inventés tels « ze » ou « they ». « They », invariable, signifie « ils » ou « elles » : pour obtenir le même résultat en France, il faudrait tordre un peu plus la grammaire encore ou trouver carrément un néologisme à plus large spectre.
 
On note au passage, à Mills, la présence d’étudiantes qui se font désigner à la troisième personne comme « he », « il ». Explication de Skylar Crownover, 19 ans, interrogée sur le fait de savoir comment elle avait pu se faire accepter dans un collège réservé aux femmes : « Le formulaire d’inscription vous demande de cocher votre sexe, c’est ce que j’ai fait. Il ne me demandait pas mon genre. »
 
Parmi les nouveaux pronoms qui ont la faveur des LGBTQ : « ze », « sie », « e », « ou », « ve ». A l’université du Vermont, les étudiants peuvent indiquer dès l’inscription le pronom qui a leur faveur ; d’aucuns optent carrément pour l’emploi systématique de leur nom. A Berkeley, Californie, les nouveaux précisent en s’inscrivant au centre de santé en tant que « mâle », « femelle » ou « autre ».
 
Il paraît que les professeurs de lettres sont moyennement convaincus par cette mode, se demandant s’il s’agit d’un « développement organique » de la langue.
 
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© leblogdejeannesmits

 

 

6 comments

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  2. a.picadestats

    Chez nous, je lutte contre le tutoiement systématique.
    Le « tu  » est de langue anglaise ou arabe.
    A chaque fois je dois expliquer que je suis de culture et langue Française, que nous avons le « vous » qui permet une juste distance respectueuse vis à vis d’un interlocuteur inconnu ou supérieur.Que cela n’empêche pas d’avoir des rapports simples, efficaces, détendus ou affectueux.
    Il faut ensuite déployer des trésors de gentillesse pour ne pas être perçue comme une vieille snob, voir vieille France ringarde!

  3. Sylvie Houbouyan

    Nous sommes en train de flirter avec le chaos mental en autorisant les exceptions à infirmer la règle .
    Et nous sommes en train de flirter avec le totalitarisme politique en autorisant l’exception à imposer son anomalie à la majorité ligotée.
    Et il faut bien voir que les deux autorisations sont liées et qu’un pouvoir irresponsable mais indiscutable est en train se mettre en selle sur notre dos. Si nous baissons la tête, je ne sais pas quand nos enfants pourront la relever.

  4. Christine

    Un totalitarisme politique est en train de s’installer et on nous reproche notre désir de préserver la famille traditionnelle ?
    Ou va t’on ?
    Christine

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