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Redonner à Dieu la première place, dans notre pastorale

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Extrait de l’éditorial de Mgr Marc AilletNotre Église n°64 – novembre 2015.

« […] Il est remarquable que le jour de l’ouverture du Synode, la liturgie de la Parole nous ait rappelé opportunément la splendeur de l’Évangile de la famille. Dans une société où le divorce était monnaie courante, tant chez les juifs que chez les païens, Jésus renvoie les pharisiens à la « Vérité du commencement », en affirmant que si Moïse leur a consenti le droit de rédiger un acte de divorce et de répudier, c’est en raison de leur « dureté de coeur » (cf. Mc 10,2-12). Il ne nous aura pas échappé que, dans la même péricope évangélique, la compassion de Jésus pour les enfants, profondément méprisés dans la société de son temps, s’oppose fermement à cette même « dureté de coeur » ; voyant comment les disciples les écartaient vivement, il se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent » (Mc 10,14). S’il convient de rejoindre les couples dans leur vie concrète et dans leurs souffrances, souvent induites par des choix contrariés, en vue de les accompagner avec amour et discernement, il ne faut pas oublier la souffrance des enfants, qui pourrait même être prioritaire.

À l’heure où j’écris ces lignes, l’assemblée synodale n’est pas encore terminée. Je souhaite toutefois que pour soigner les effets, on ait d’abord le souci de traiter les causes. Sans omettre d’encourager davantage les couples qui s’efforcent de vivre fidèlement l’Évangile de la famille, ni de mettre en oeuvre une « pastorale des disciples d’Emmaüs » pour les situations difficiles et irrégulières, qui ne fasse pas pour autant l’économie de la Vérité, il faudra mettre l’accent en priorité sur l’éducation affective des jeunes et la préparation au mariage, dont nous n’avons certes pas encore pris la pleine mesure.

Sans doute, il faudra aussi redonner à Dieu la première place, dans notre pastorale. Quand le jeune homme riche l’interroge sur la question fondamentale du bonheur, Jésus répond sans détour et sans y mettre les formes : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Dieu seul est bon ! » (Mc 10,18). Autrement dit : si Dieu n’a pas la première place dans ta vie, tu ne pourras pas être heureux, tu ne pourras pas donner un sens plénier et ultime à ton existence. À l’instar de sainte Jeanne d’Arc, Louis et Zélie Martin, canonisés le 18 octobre dernier, avaient pris comme devise de leur vie de couple et de famille, somme toute très ordinaire : « Dieu premier servi » ! C’est la proposition que nous ne devons pas avoir peur de faire aux jeunes d’aujourd’hui et je ne doute pas qu’elle trouvera un puissant écho dans leur coeur. »

10 comments

  1. Jean-Christophe

    Combien de fois aux messes du Dimanche je suis en retard par rapport aux fidèles en récitant le Notre Père au moins de 2 phrases
    Et pourquoi les fidèles récitent il le Notre Père comme les enfants à l’école leur récitation ?
    Oui le Père de Notre Seigneur le Dieu véritable est l’oublié de la Messe qui est pourtant dirigée sur le plan liturgique vers lui !
    Quand Thomas dit à Jésus
    Mon Seigneur et mon Dieu il ne dit pas Mon Seigneur EST mon Dieu
    Et beaucoup de fidèles et de prêtres tombent dans une certaine confusion à ce sujet.

  2. gershom leibowicz

    « Dieu premier servi » dans le christianisme cela signifie le prochain premier servi: » ce que vous avez fait au plus petit d’entre les mien c’est à moi que vous l’avez fait. »(Matthieu 25, 40).

    • Oui, bien sûr, mais le bien que l’on fait à son prochain, c’est d’abord de pratiquer une saine émulation avec lui dans la pratique du 1er commandement.

      Mt 7,12. Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux; car c’est là la loi et les prophètes. (Saint Mathieu, traduction Fillion site magnificat.ca)

      Je veux bien que mon prochain aide au salut de mon âme et pour cela m’incite à aimer, honorer, et servir Dieu de tout mon cœur, de toute mon âme, de tout mon esprit.

      Mt 22,36. Maître, quel est le plus grand commandement de la loi?
      Mt 22,37. Jésus lui dit: Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tout ton esprit.
      Mt 22,38. C’est là le plus grand et le premier commandement.
      Mt 22,39. Mais le second lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
      Mt 22,40. Dans ces deux commandements sont renfermés la loi et les prophètes.

      Il n’y a pas opposition entre ces deux commandements, mais profond accord. Car le bien du prochain et le mien, c’est d’aimer Dieu plus que tout.

  3. chui Zemmour

    Que des Monseigneur Aillet dans chaque diocèse et la face de l’Eglise qui est en France serait complètement changée, on n’entendrait plus des élucubrations de ci de là, ça nous changerait vraiment et les jeunes auraient d’abord Dieu et ensuite le reste

  4. ya

    Merci Monseigneur de dire ce que beaucoup de fidèles souhaitent… vous êtes, avec quelques autres évêques, un pasteur qui se soucie de Son Troupeau, soyez en remercié.
    Les fidèles en ont assez de ces discours sociaux, faussement moraux, politiquement corrects etc… nous
    voulons que l’on nous parle de NOTRE PERE. Jésus est venu sur la terre pour nous sauver et aussi
    nous parler du Père et nous montrer comment le connaître, l’aimer, l’adorer…
    Nous voudrions avoir beaucoup d’évêques dont le souci premier serait de conduire les ouailles vers le Père mais hélas… que de bêtises raconte t on aux pauvres fidèles chaque dimanche sans parler de la catéchèse donnée aux enfants, pauvres petits comment vont ils restaient fidèles et vivre en catholiques avec ce qui leur est dispensé dans certaines paroisses de France. C’est pitoyable !
    La Pastorale est l’actualisation de l’enseignement du Christ et c’est bien l’essentiel de la mission de l’Eglise enseignante dont font partie le Pape et les évêques.
    C’est leur mission de FAIRE CONNAITRE LE CREATEUR dans tous les aspects de sa Magnificence. Il est urgent de remettre DIEU A SA PLACE dans Son Eglise.

  5. ya

    J’ai modifié ma phrase et n’ai pas revu l’orthographe, veuillez m’excuser,
    le verbe est à l’infinitif bien sûr.
    « … pauvres petits comment vont ils rester fidèles… »

  6. Pauvre pécheur que je suis

    « Dieu premier servi » ! C’est la proposition que nous ne devons pas avoir peur de faire aux jeunes d’aujourd’hui et je ne doute pas qu’elle trouvera un puissant écho dans leur coeur. »

    Une belle citation à maintenir dans nos coeurs !

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