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Un tribunal pour juger les évêques

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Non, ce ne sont pas des laïcs horrifiés par l’attitude pleutre de leurs évêques, qui ont décidé d’inventer une Inquisition pour leurs épiscopes. Non, il s’agit du Pape, qui veut faire le ménage dans l’Eglise. Ainsi, les évêques qui se sont rendus coupables d’avoir protégé des prêtres pédophiles pourront être jugés par une nouvelle instance judiciaire créée au Vatican par le pape François. Les 5000 évêques pourront être jugés en cas de « manquement à leur devoir professionnel », en vertu du droit canon, par cette « nouvelle instance judiciaire à l’intérieur de la Congrégation pour la doctrine de la foi » (CDF).

Le pape a ordonné la nomination de personnel supplémentaire pour ces nouvelles fonctions. François a prévu une période de cinq ans pour évaluer l’efficacité du nouveau dispositif. Ce personnel « pourra aussi être employé pour les procès pénaux dans des cas d’abus de mineurs et d’adultes vulnérables (handicapés) de la part du clergé ».

Les plaintes contre les évêques seront d’abord reçues par les congrégations pour les évêques, pour l’évangélisation des peuples et pour les Églises orientales. Mais elles auront l’obligation de les transmettre à la Congrégation pour la doctrine de la foi.

16 comments

  1. Denis F

    Mais l’instance existante ne pourrait-elle pas suffire?
    Et quelques cas doivent-ils donner lieu à opprobre général?
    François se sécularise vraiment plus en traitant le particulier et rare comme le général…
    Et puis, nos bons Evêques attaqués pour leur respect de « Summorum Pontificum » vont-ils être dénoncés à tort, encore plus facilement, par la gÔchie et la pensée prétendue libre à cervelle de moineau (pauvre petites bêtes!).
    Peut-être n’ai-je pas tout compris, mais la délation semble avoir de beaux jours devant elle jusque dans l’Eglise, désormais, ou encore plus…
    Et à quand la sanction de la Foi et du Sacerdoce alors???
    La sanction des dérives séculaires, des demi-mots, de la tiédeur, de la lâcheté, du dialogue stérile avec la Bête…?

  2. allegrovivace

    François a certainement pensé à ce que l’Eglise rencontre l’estime de l’opinion dans cette affaire, même si l’objectif visé est ailleurs. En tout cas, le chiffre d’affaires des journaux « people » et autres feuilles indifférentes à notre foi, sinon hostiles, vont connaître une belle envolée de chiffre d’affaires. En regard, pas sûr que la Justice y trouve son compte, non plus que la sainteté des personnes catholiques et non catholiques, ni l’Autorité des évêques, ni celle du Pape « glorieusement régnant ».
    Par ailleurs, à l’aune de la décadence morale générale, personne de sérieux ne conteste la bonne tenue des hommes d’Eglise et des chrétiens en général.
    Enfin, les gens honnêtes intellectuellement ne jugent pas un groupe de personnes, un courant de pensée ou une doctrine par ses sous-produits mais par ses sommets. La pléïade des saints et martyrs qui se sont succédés dans l’Eglise depuis 20 siècles témoigne au-delà du nécessaire et de l’imaginable parce que c’est
    la vie du Christ continuée.

    Ne dit-on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions ?

  3. Perret

    Il y a cependant des évêques qui ont protégé des prêtres pédophiles et n’ont jamais été inquiétés. N’était-ce pas le cas d’un évêque gauchiste français très médiatisé ? En outre, si le clergé français est globalement respecté, il n’en va pas de même dans d’autres pays. Et le Vatican lui-même est concerné. N’oublions pas le scandale qu’à été, à la fin du règne de Jean-Paul II (qui n’en a probablement rien su), le gigantesque cocktail payé par le P. Maciel lorsque le secrétaire du pape, Mgr Stanislas Dziwisz, devint, après des années de manoeuvres reptiliennes, archevêque.
    Surtout, la pression pseudo-judiciaire est telle, aux Etats-Unis, contre l’Eglise, où des prêtres innocents sont salis à vie car les évêques sont contraint de payer même si rien n’est prouvé ni prouvable, qu’il est important de continuer à démontrer une réelle volonté de lutter contre la pédophilie. C’est une guerre de la communication qui est menée contre l’Eglise et dire que l’on pourrait juger avec les tribunaux existant n’est pas contre attaquer efficacement : il faut communiquer comme on envoie un missile de nos jours.

  4. jejomau

    L’opinion serait super contente si on avait un Tribunal pour juger et mettre au rencart les évêques modernistes…. AINSI QUE les Jésuites également ….

  5. Cassianus

    Par cette décision maladroite, le Pape François ne que fera donner plus de consistance à l’idée fausse et si chère aux anticléricaux que l’Eglise se vide à cause de ses immoralités. L’abandon massif de la pratique religieuse dans nos pays d’ancienne chrétienté est un phénomène qui a sans doute de multiples causes et il n’est pas impossible que des scandales sexuels ou autres, tapageusement orchestrés par la presse christianophobe, aient contribué à déconsidérer l’Eglise dans quelques esprits faibles. Mais il faudrait se demander tout de même pourquoi la grande dégringolade des cinquante dernières années est intervenue à notre époque où la moralité des clercs est globalement beaucoup plus élevée qu’aux temps de la plus grande splendeur catholique, tandis que, parallèlement, les exigences morales des populations qui font ce qu’on appelle l’ « opinion publique », n’avaient cessé de s’amoindrir… Car enfin, c’est en ce temps de laxisme moral généralisé, en ce temps où des grands de ce monde peuvent afficher leur vie dissolue sans s’attirer la réprobation de leurs sujets que l’on va mettre en procès toute l’Eglise pour de rarissimes attentats à la pudeur commis par une proportion infime de prêtres ou d’autres personnes consacrées.

    Le Pape François serait, il me semble, mieux inspiré d’examiner plutôt si la décadence politique de l’Eglise (l’affaiblissement de son influence sociale) n’aurait pas quelque chose à voir avec les innovations introduites par le Concile de Vatican II. N’est-il pas frappant que l’Eglise se soit retrouvée vilipendée avec tant de hargne par les « medias » justement quand elle multipliait les démonstrations de petitesse et de confusion rougissante devant le Monde, que maintenant elle ne voulait plus fuir, mais au contraire rattraper ?

  6. soleily

    Je suis surprise, mais pas choquée par cette annonce. Je trouve que c’est une attitude extrêmement courageuse pour rappeler, puisque à l’évidence il en est besoin, à quel point l’agression sexuelle de personnes fragiles, fait des dégâts irrémédiables. Trop nombreux sont ceux qui l’ont oublié… Et que personne ne l’oublie dorénavant !
    Signaler son inquiétude par rapport à l’attitude équivoque d’un prêtre n’est pas de la délation, c’est un devoir élémentaire. Et, bien sûr, gare à celui qui jase, qui médit à ce sujet…
    Quand au pape François, il est certain qu’il ne juge pas l’Eglise en fonction de ces brebis égarées (trop nombreuses)… Il ne manque pas de vénérer les saints et d’en célébrer de nouveaux. L’image qu’il donne de l’Eglise est belle et vient toucher des gens qui, auparavant ne daignaient même pas la regarder.
    Que l’Esprit Saint nous éclaire, que le Christ nous garde dans son amour et nous conduise à la tendresse du Père.

  7. Hervé Soulié

    Cela laisse un peu perplexe.
    Bien sûr, le Pape fait ce qu’il juge bon de faire, bien sûr, l’enjeu des abus de religieux sur des mineurs est considérable…
    Mais imagine-t-on saint-Pierre créant un tribunal pour éventuellement traduire et juger ses frères évêques, y compris les autres apôtres ?
    J’ai peine à imaginer cela.

  8. Pauvre pécheur que je suis

    La punition extrême peut-être aussi grave que le crime lui-même. Je crois que ce tribunal est plus une question de ramener certaines personnes vers l’éducation dans le chemin de la vie du Christ qu’un tribunal punitif…

    Les Apôtres ne mentionnent-ils pas que cela prend des témoins pour juger l’action de certaines personnes du peuple dans la communauté ?

    Ce tribunal ne veut-il pas sensibiliser la responsabilité de nos mentors en autorité dans la problématique de ce que l’Église vit ?

  9. Yves

    Les deux premiers commentaires de cet article sont effrayants!
    Il y a quelques brebis galeuses parmi le troupeau des pasteurs? Surtout silence, cachons les (et protégeons les du même coup) pour que leur opprobre ne rejaillisse pas sur tous!
    Oui… sauf que c’est la politique qui a été suivie il y a quelques dizaines d’années, avec les résultats que l’on sait! C’est bien en jugeant elle même, de manière transparente et juste, ces propres membres coupables que l’Église pourra retrouver crédibilité sur ce point. Car tant que l’on aura quoi que ce soit à se reprocher en ce domaine (et « quoi que ce soit » commence avec 1 prêtre pédophile), alors on ne sera pas crédible sur le sujet.

    Aujourd’hui, il reste, je l’espère, peu de cas dans l’Église. Mais il y en. Ils doivent être traités. Sans complaisance. Ce nouvel outil pour y parvenir est une bonne chose.

  10. Gilberte

    Aux USA beaucoup d’ecclésiastiques accusés de pédophilie ont été reconnus innocents, d’autres ont dû payer car incapables de prouver leur innocence, on ne sait plus qui est coupable, qui est innocent; peut-être que ce tribunal évitera les abus

  11. Daniel

    Je suis sidéré par ceux qui pensent que le système actuel suffit et que cela va donner des occasions de critiques aux anti-catholiques et que le Pape suit servilement le courant de ces derniers.
    Nul part il est dit que le tribunal fera de la pub sur les cas soumis, je pense que le principe de la présomption d’innocence sera suivi, ainsi que celui du secret de l’instruction.
    Une bonne « épée de Damoclès » au dessus de la tête devrait donner à réfléchir à ceux qui seraient tentés de perpétuer le système de l’omerta contre lequel Benoit XVI a lutté.
    On parle de ceux qui ont protégé des auteurs d’actes réprouvés par la loi des nations, pourquoi refuser une telle justice à l’Etat du Vatican ? Et protéger ne veut pas dire « n’a pas fait jeter en prison ou pendre » le coupable, mais par exemple l’a laisser en situation de continuer.
    Je pense qu’il y a un recouvrement entre Evêques « progressistes » et laxistes de ce point de vue, on se débarrassera d’eux en faisant d’une pierre deux coups.
    Par contre, quand on voit les accusations publiques et motivées contre des prélats homosexuels ACTIFS, c’est à dire qui vivent en couples homosexuels et que le Pape connait, on peut se poser une question …

  12. Denis F

    Désolé aussi de vous sidérer, mais jamais je n’ai eu l’intention de favoriser l’ennemi!
    Dans « mon » système actuel, je tiens bien évidemment compte de Sa Sainteté Benoît XVI, et c’est bien pour cela justement que je suis contre des justices d’exception, qu’elles soient papales,ou civiles, militaires, totalitaires,…
    D’ailleurs, je vous rejoins TOTALEMENT concernant progressisme et laxisme!

    Je ne suis pas un spécialiste pour pouvoir dire quand et pourquoi l’Eglise a créé de nouveaux tribunaux ou de nouvelles branches à la Curie, ou ailleurs.
    Je trouve juste que les créer dans ce cas, aujourd’hui, c’est cautionner la saleté de tous…

    Et, à mon humble avis, c’est fournir à vos « anti-catholiques » justement un terreau propice.
    Mais ce n’est que mon humble petite opinion.

    Pour le reste, je n’y connais rien aux prélats « ACTIFS » dont vous parlez, mais Le Pape a-t-il besoin d’un nouveau tribunal pour les juger, les déchoir, les excommunier?
    Si tel devait être le cas, DIEU me pardonnerait alors de ne plus me sentir lié à sa prétendue église!!!

    Quoi qu’il en soit, soyez assez bon pour m’expliquer davantage en quoi je me trompe…

    Car pour ce qui est de la communication des cas jugés, notamment, il ne peut y avoir de fuite que s’il n’y a QU’UNE SEULE personne concernée…
    Or, il y en a au moins toujours deux…
    Dont le puni, revanchard!
    Et les autres…

  13. pm

    Mais je croyais que la pape avait : « Qui suis-je pour juger » ?
    Cela semble bizarre de juger les évêques, que le pape les recadre semble normal et même nécessaire si cela nuit à l’Eglise du Christ encore faut-il que le pape soit et reste dans la Tradition de l’Eglise !

    Quant à établir un tribunal pour juger, il serait bon de créer des instances pour donner des conseils à des personnes laïques qui transgressent publiquement les commandements de Dieu. Par exemple aider les couples mariés catholiques lorsque l’un quitte le foyer.
    Au regard du mariage chrétien il serait utile de les obliger à se réunir (comme dans le divorce administratif) et leur faire « revoir leur copie », leur rappeler ce qu’ils ont promis et les aider à avancer et à vivre pleinement leur union dans la responsabilité de chacun. Un service d’Eglise serait le bienvenu surtout actuellement avec la recrudescence des divorces.
    Peut-être faut-il aussi envisager cela pour les évêques mais aussi surtout se donner la peine de nommer des évêques compétents et qualifiés pour administrer et sanctifier le peuple de Dieu !

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