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Une belle chasuble pour le cardinal Barbarin

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Dans leur couvent des pentes de la Croix-Rousse à, les sœurs de Saint-Charles ont découvert en rangeant le meuble de la sacristie, fin 2015, une chasuble en soie rouge et en fil d’or, au centre de laquelle brille un sublime agneau brodé, plus vrai que nature, et incroyablement doux au toucher.

Cet ornement liturgique était accompagné d’un vieux morceau de papier indiquant son appartenance au cardinal Fesch, oncle de Napoléon et archevêque de Lyon de 1802 à 1839. Aucune trace n’a été trouvée dans les archives de cette congrégation spécialisée dans l’éducation, et fondée en 1680 à Lyon par le prêtre Charles Démia. Impossible de savoir comment cette chasuble s’est retrouvée ici.

La chasuble de Mgr Fesch a été offerte pour Noël au cardinal Barbarin. Les religieuses expliquent :

« On la trouvait si belle qu’on a voulu lui faire plaisir, plutôt que de la remettre à un musée ».

L’archevêque de Lyon l’a déposée dans sa chapelle privée. Pour une célébration extraordinaire ?

Source : Le Progrès

15 comments

  1. toto

    Au mois cette chasuble a échappé à l’hystérie cléricale post-vaticanesque et progressiste qui vendait aux antiquaires, mettait au musée, ou pire, détruisait le mobilier liturgique, les vases sacrés et les ornements déclarés « témoins d’une époque révolue »

  2. karr

    Une très belle chasuble avec une histoire,je suis heureux que le Primat des Gaules la trouve également à son goût,cela change des ornements qui pendouillent de tous les côtés,des aubes prénatales aux cols baillants et aux manches ridiculement démesurées.

    • ctesiphon

      Ouais, mais quand même, toute révérence gardée envers le successeur de saint Irénée, la photo fait un peu « la poule qui a trouvé un couteau »….
      Ainsi va le temps de l’Eglise…

  3. Cette chasuble est le signe de la profonde contradiction interne du catholicisme contemporain. D’une part le cardinal se considère comme le successeur du cardinal Fesch et de l’autre il interdit rigoureusement la culture religieuse et liturgique du cardinal Fesch. Le cardinal Barbarin, ou du moins ses immédiats prédécesseurs (à partir au moins du cardinal Renard), faisaient de l’entretien de cette culture un péché gravissime (désobéissance => enfer). Le cardinal Barbarin s’y refuse avec horreur et le pape avec lui. La décoration des églises, l’architecture religieuse immémoriale sont pareillement condamnées par ceux que le Mgr Guérard des Lauriers disait être, par une formule frappante et probablement à ne pas prendre au pied de la lettre, en état de « schisme capital ».

    Selon moi, l’authentique contradiction se trouve dans la proclamation parfaitement valable de la liberté religieuse (Dignitatis humanæ), droit universel et inamissible de l’homme, et sa condamnation pratique dans l’Église. Ne parlons pas de la liberté de la culture et du reniement cynique de la beauté comme valeur universelle au profit des idées claires cartésiennes dans le monde du mystère dépassant la raison.

    Selon DICI Paul VI a déclaré en effet:

    “La réponse semble banale et prosaïque, dit-il, mais elle est bonne, parce qu’humaine et apostolique. La compréhension de la prière est plus précieuse que les vétustes vêtements de soie dont elle s’est royalement parée. Plus précieuse est la participation du peuple, de ce peuple d’aujourd’hui qui veut qu’on lui parle clairement, d’une façon intelligible qu’il puisse traduire dans son langage profane. Si la noble langue latine nous coupait des enfants, des jeunes, du monde du travail et des affaires, si elle était un écran opaque au lieu d’être un cristal transparent, ferions-nous un bon calcul, nous autres pêcheurs d’âmes, en lui conservant l’exclusivité dans le langage de la prière et de la religion ?”

    L’expression claire ? À l’occasion du mystère de l’Eucharistie ? Elle aboutit à la mise au musée, ou parfois à la déchèterie des admirables monuments laissés par nos pères dans la foi et l’interdiction de la pratique religieuse immémoriale. Cela, au moins, c’est clair.

    La confusion est extrême. Et elle aboutit à ce que tout soit remis en cause, sauf… ne pas remettre en cause la culture religieuse du cardinal Fesch…

    Liberté pour la culture religieuse immémoriale ! Liberté pour le missel de saint Pie V ! Liberté pour la beauté et la tradition dans la liturgie !

  4. balanine

    Pourvu qu’il ne la vende pas sur le « bon coin » !!!!

    Oui il serait excellent qu’il puisse célébrer la Sainte Messe extraordinaire avec cette belle chasuble.

        • Denis F

          El quand il déclare pouvoir prononcer la « chahâda », sans être apostat, lui, vous croyez qu’ils comprennent et parlent l’araméen, les musulmans?

        • L’araméen n’était certainement pas la langue liturgique. Sans doute l’hébreux (langue morte à l’époque) et le grec ancien langue dans laquelle la dernière partie de l’Ancien testament était écrit.

          Le latin était la langue véhiculaire (La Palestine était gouvernée par les Romains).

          L’hébreu le grec et le latin, les langues de la « forme extraordinaire ». Comme il y a deux mille ans…

  5. Gilberte

    L’abbé Fesch fut, en Corse, un des premiers ecclésiastiques à prêter le serment à la constitution civile du clergé en 1790. l’abbé Fesch se livre ensuite en tant que laïc défroqué à un trafic lucratif sur les fournitures militaires, favorisé par son neveu le général Bonaparte, il se montre à l’opéra et au théâtre en compagnie des sœurs de Bonaparte et accumule une fortune qui sera l’une des plus grosses de France. En 1802, il est nommé archevêque de Lyon par la grâce de Bonaparte et sacré par le légat
    Etat civil de Mgr: d’abord prêtre jureur, défroqué, richissime sans scrupule, réconcilié avec l’Eglise, tout cela à l’insu du Pape et du légat, il passera l’Empire en nommant lui-même les évêques auprès de Napoléon, et s’enfuira à Rome après les cent-jours( d’après Adrien Loubier: « le concordat de 1801)

    On comprend que la chasuble soit belle!!, si elle peut faire le bonheur des catholiques tant mieux

    • Le portrait du cardinal Fesch est beaucoup trop sévère. Ce fut un homme juste et vertueux et de plus un homme de goût. Il y eut un froid entre son neveu et lui parce qu’il reprochait à Napoléon sa politique brutale envers le pape.

      (Voir wikipédia sur le cardinal Fesch).

    • toto

      @Gilberte
      Merci pour ce nécessaire rappel historique sur l’oncle de Napoléon. La mainmise du pouvoir temporel sur les hommes d’église a toujours été une catastrophe. Cette chasuble devrait être offerte à un prêtre de la Tradition qui dit la messe de toujours, codifiée par St Pie V. Ou offerte à Mgr Schneider qui dit cette messe.
      Le rouge
      Couleur liturgique qui évoque le sang ou le feu. Elle est utilisée le dimanche des Rameaux, le Ven­dredi saint, le jour de la Pentecôte et aux messes en l’honneur du Saint-Esprit, en la fête de la sainte Croix, aux fêtes des Apôtres et évangélistes, et aux fêtes des saints martyrs.

    • Denis F

      Alors, s’il célèbre la Sainte Messe ainsi, qu’il cesse de jouer un double jeu-JE!
      Et qu’on le voie, dignement, dans cette chasuble!!!
      Sans compter qu’il devrait clarifier ses positions un peu plus, favoriser davantage la forme extraordinaire, cesser de HARCELER les bons curés, etc.

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