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Une maison pour les ex-prostituées dans le diocèse de Meaux

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L’évêque de Meaux, Mgr Jean-Yves Nahmias, a inauguré dimanche matin la Maison Magdalena, dédiée à la réinsertion des prostituées et travestis du bois de Boulogne,  à Ecuelles, au sud de Fontainebleau.

Depuis un peu plus d’un an, le diocèse a mis cet ancien prieuré, jadis occupé par des bénédictines, à disposition du père Jean-Philippe Chauveau, prêtre de la communauté de Saint-Jean rattachée au diocèse de Nanterre.

Marie-Pierre, responsable de ce lieu a été éducatrice chargée du suivi de prostituées dans l’ouest de Paris pour l’association des Captifs pendant huit ans, cadre dans la prévention. Elle déclare au Parisien :

« Je connais le père Jean-Philippe depuis 1998. Je l’ai rencontré au Bois de Boulogne, quand il a commencé à venir écouter les prostituées. C’est un public qui est difficile à réinsérer. Il faut qu’elles aient une grande volonté pour le faire. Elles vont quitter leur monde à elles, pour venir vivre à la campagne. Ce n’est pas évident. Le plus dur sera d’enraciner le désir de s’en sortir, de vivre autre chose. Mais nous avons des possibilités de réinsertion. »

Jessica, 21 ans, a débarqué du Pérou en février.Elle se prostituait au bois de Boulogne, avant de rejoindre la maison Magdalena :

« Mes parents m’ont chassée de chez eux quand j’avais 14 ans. Après j’ai dû me débrouiller seule. Je me suis prostituée. A mon arrivée en France, j’ai continué au bois de Boulogne. Mais beaucoup d’hommes sont brutaux et n’ont aucun respect pour nous ».

« Lui, il a su trouver les mots. Et comme je crois en Dieu, cela m’a beaucoup aidée. On a longuement parlé. Il y a quelques semaines, j’ai fait partie d’un groupe de prostituées qu’il a emmenées en pèlerinage à Lourdes. Après, il m’a proposé d’être une des trois premières pensionnaires de la Maison Magdalena. »

« C’est une véritable chance pour moi. Au Pérou, notre église ne m’aurait pas tendu la main comme cela. Maintenant, le bois de Boulogne c’est fini. Je veux reprendre ma vie en main et trouver du travail dans la mode ou la coiffure. Je sais qu’ici, nous aurons l’occasion de faire plein de choses, avec un encadrement adapté. »