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Analyse – Réenchanter l’école, le grand projet de l’enseignement catholique

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« Réenchanter l’école » est le programme de modernisation de l’Enseignement catholique pour les années à venir. Comme le cardinal Ricard le souligne dans la préface du document explicitant cette démarche, l’anthropologie chrétienne est une richesse éducative. Le président du conseil épiscopal pour l’Enseignement catholique constate le renouveau et l’actualité de cette anthropologie dans un monde en déroute.

Quels chemins offrir aux enfants et aux jeunes de ce temps ? Non pas ceux de l’air ambiant, des idéologies ou démagogies stériles ! Les métamorphoses rapides de notre monde, le désarroi et les incertitudes des professeurs et parents, les errances et échecs d’un certain nombre de politiques ou de pédagogies, les doutes et inquiétudes des jeunes eux-mêmes, appellent une réflexion sérieuse et renouvelée, engagée et adulte sur l’éducation et l’école.

La question est bonne et la réponse que semble vouloir donner ce réenchantement prend bien en compte les points les plus importants de la dignité humaine, notamment la responsabilité qui, si nous suivons les propos du secrétaire général de l’Enseignement catholique, pourrait devenir la pierre d’achoppement du réenchantement.

C’est en tout cas ce qui revient à tous les niveaux de l’entretien que Pascal Balmand accorde à l’occasion de son invitation au réenchantement. Si, de fait, nous pouvons nous réjouir de voir revenir en force (au moins dans le discours) des pans entiers de l’anthropologie et donc de la formation, nous sommes plus inquiet de la compréhension faite par les penseurs du réenchantement de cette anthropologie chrétienne.

Pas une seule fois dans cet entretien, ni sur le site du réenchantement Dieu n’est abordé. Or il est impensable de faire de l’anthropologie chrétienne un pilier, sans l’enraciner en Dieu, comme nous l’avons dit à plusieurs reprises. Un point de « détail » alimente notre inquiétude. La notion d’autorité du secrétaire de l’Enseignement catholique se noie dans une « fraternité » avec les élèves et un rapport d’entraîneur entre le chef d’établissement et le corps enseignant.

Au nom de la responsabilité, l’autorité est diluée dans une mauvaise interprétation de l’initiative responsable et de la participation.

L’autorité a Dieu le Père pour source et non la fraternité du Christ. L’autorité qui n’est pas de l’arbitraire autoritariste, est constitutif de la paternité et même de la dignité humaine, car si elle exprime la justice et la charité elle est un élément incontournable de la construction de la personne humaine.

Un enseignement catholique digne de ce nom, ne peut mettre sous le boisseau Dieu et particulièrement sa paternité et son autorité. Si la société est aujourd’hui déliquescente c’est bien parce que les opposants à Dieu s’attaquent à sa spécificité même de père. Or aujourd’hui, les jeunes hommes ont besoin de redevenir des pères, tout comme le monde  a besoin de retrouver sa virilité.