Fillon, une victoire catho, un vote inutile ?

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Nous aimons d’ordinaire faire le tour de l’actualité internationale catholique, pour donner à nos lecteurs une vue d’ensemble de cette incroyable effervescence qui anime l’Eglise et ses fidèles. Cette semaine eut pu être tout particulièrement consacrée à la clôture de l’année de la Miséricorde, aux multiples initiatives caritatives, ou au dernier consistoire. Mais pour une fois, c’est bien l’actualité française qui retient notre attention, puisque les catholiques viennent de se trouver propulsés sur la scène médiatico-politique nationale avec le score inattendu de François Fillon.

Sans revenir sur la volte-face des médias et des sondeurs dans les jours précédant le vote, afin sans doute de ne pas perdre encore plus de crédibilité avec la sortie des urnes d’un candidat qu’ils n’auraient pas vu venir, il y aurait pourtant bien des choses à dire du point de vue catholique. La première chose qui frappe l’observateur, c’est que cette population catholique que l’on annonce partout en déclin et moribonde vient de faire une percée sans complexe dans l’aire médiatique. Et, finalement, les catholiques apparaissent comme les grands vainqueurs de cette primaire, même si les journalistes exagèrent le trait espérant nuire à celui qui n’est pas leur poulain.

Pourtant, Fillon, avec ses 44 %, est décrit comme la victoire de la droite catholique. Et Alain Juppé doit être bien persuadé de cela puisque sa première grande interview consiste à faire de l’œil aux amis du pape François. Comment expliquer que les catholiques soient ainsi courtisés et en même temps agités comme un épouvantail ? Courtisés, ils l’ont été depuis le début par François Fillon qui pourtant déclarait ne pas être le candidat des catholiques. Le ralliement de Sens Commun en a fait le noyau dur du camp Fillon alors assez peu soutenu par ailleurs. Mais cela ne suffit pas à expliquer ces yeux doux faits aux catholiques. Jean-Frédéric Poisson, avec une campagne radicalement ancrée dans les valeurs chrétiennes, a forcé Sens Commun et François Fillon, inquiets de perdre des voix de ce côté-là. La Manif pour tous a également appuyé la dynamique Poisson dans le sens d’une exigence de plus grande clarté sur la famille, la filiation et autres enjeux portés par les conséquences des lois sociétales de la gauche au pouvoir.

 

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