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Tribune – L’influence de l’Eglise en déclin ?

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Dans un article un rien capillotracté, Jean-Luc Pouthier (enseignant à Sciences Po et à l’Institut catholique de Paris) explique pour Le Monde que les catholiques ne comptent désormais pour rien dans l’espace politique national.

Utilisant une analyse chiffrée, il constate qu’il y a moins de chrétiens dans l’hémicycle, oubliant simplement de prendre en compte que s’ils sont numériquement moins nombreux, l’éclatement des convictions des parlementaires, fait des chrétiens et des franc-maçons, les derniers pôles de convictions de nos élus.

Analyste de bibliothèque, sans doute, Jean-Luc Pouthier, ne doit pas avoir connaissance de tout ce qui se passe dans les couloirs dorés de nos Chambres nationales ou dans les bars des palais Bourbon et Luxembourg.

Raisonnant avec des cadres datés, ceux des IIIème et IVème républiques, notre enseignant, n’intègre pas les derniers basculements de la stratégie politique. La politique française n’est plus celle de deux blocs, mais d’infimes luttes d’influences. On ne compose plus un programme politique pour l’avenir, on sélectionne des mesurettes populaires, assez disparates, pour satisfaire les multiples communautés. Cet éclatement a deux conséquences majeures pour le chrétien. D’une part la jurisprudence Jospin tétanise les politiques qui savent qu’on peut perdre une élection à moins de 200 000 voix. Les catholiques sont courtisés comme les autres. Il leur manque juste le courage d’utiliser leur force qui dépasse de beaucoup les 200000 voix. Seconde conséquence, les catholiques n’entrent pas dans la parcellisation communautariste. S’ils sont minoritaires, ils ne sont pas pour autant une minorité. Ils ont vocation à donner Dieu au monde et pas seulement à leur « tribu ». Ce point, viscéralement ancré dans leur foi et donc leurs critères de discernement politique, les rend insaisissables au politique actuel, car inclassables et difficilement achetables avec une petite mesure communautaire. Alors concrètement les politques préfère « faire sans » et neutraliser, ce qui les occupent beaucoup. il n’est qu’à regarder le mal qu’ils se sont donnés pour faire fi du million de marcheurs.

Ce qui complique les choses, en revanche, c’est la culture catholique, empreinte de joue gauche, de fausse charité et d’enfouissement. Une mauvaise interprétation de ces trois points essentiels du discours social chrétien, paralyse la population catholique et la transforme en moutons au milieu des loups. De ce fait, ils n’impressionnent pas et sont tenus pour quantité négligeable, comme le montre l’échec (apparent) des manifs pour tous.

Mais il faut se méfier de l’eau qui dort, car un nouveau souffle est en train, peu à peu, de limer ces vielles cordes et donner des ailes inattendues aux catholiques.

Quand ce souffle aura eu raison de la peur, des scrupules et du confort (toutes armes aiguisées par le démon), l’influence des catholiques sera d’autant plus importante que leur socle de conviction est inébranlable et par nature destiné au bien commun.

Nous avons de réels capacités d’action, de vrais apports pour le monde. Il manque aux catholiques de prier l’Esprit Saint pour leur donner ce don de force qui encouragera l’audace qui nous manque.

Avec la manifestation prévue le 16 octobre, se pose la question stratégique : qu’allons-nous faire de cette démonstration de force ?