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Décryptage – Syrie – La moitié des chrétiens est partie

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Pour le journal La Croix, le P. Nawras Sammour , décrypte les besoins de la population et l’état d’esprit négatif sur place.

 

Extraits

Plus le conflit se prolonge, plus le fatalisme et l’indifférence négative s’installent dans le cœur des gens. On s’occupe du moment, de l’immédiateté directe, on ne s’occupe plus de ce qui va venir après. Les gens ont tendance à lâcher prise et à désespérer. C’est un état d’esprit négatif : bâtir un avenir maintenant ne veut pas dire grand-chose. Quand la jeune génération s’approche de la fin des études, la seule question qui se pose, c’est, pour la plupart, quand est-ce qu’on va quitter le pays ?

 

Selon un rapport de l’ONU, 83 % de la population syrienne vivait au-dessous du seuil de pauvreté en 2015, contre moins d’un tiers avant la guerre.

La capitale économique du pays a tout perdu. Les deux secteurs de la ville reçoivent des obus, des mortiers ou des missiles. Les affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés de l’opposition semblent liés à de nombreux facteurs. Personne ne souhaite qu’Alep tombe entre les mains de groupes terroristes. La seule solution est politique et cela passe par une entente au niveau international.

On estime qu’un peu plus de la moitié des chrétiens a quitté le pays. Des lieux traditionnels de présence chrétienne remontant jusqu’aux débuts du christianisme commencent à perdre leur population. Personne ne sait quel sera l’avenir des 30 000 chrétiens qui restent aujourd’hui à Alep, une ville qui a marqué l’histoire du christianisme oriental.

 

Même avec toute la nostalgie du monde, si leurs enfants ont commencé à s’intégrer ailleurs, il leur sera très difficile de faire un pas en arrière

Les chrétiens qui restent en Syrie, notamment à Damas, dans la vallée des chrétiens et sur le littoral, forment un petit groupe. La communauté chrétienne peut essayer de donner un sens à cette présence, en particulier à travers l’engagement social. Mais la recherche d’une solution à la crise dépasse largement ses capacités. Les chrétiens ont besoin du soutien de la communauté internationale, des différentes églises dans le monde,