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Une observation sur le célibat des prêtres: la continence ecclésiastique remonte aux premiers temps de l’Église

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À l’occasion d’un article sur les commentaires de Mgr Gänswein à l’égard des actes et propos du pape François, un fidèle lecteur nous fait part de ses observations. Il aborde la question du célibat des prêtres. Pour l’auteur, la continence ecclésiastique remonte bien aux premiers temps de l’Église. Elle n’a pas été imposée tardivement, contrairement à une vision répandue, mais erronée. Elle constitue clairement une règle apostolique, non un ajout extérieur et postérieur à l’Église apostolique.

Il est navrant que beaucoup, y compris en plus haut-lieu dans la hiérarchie épiscopale, professent l’idée selon laquelle la continence ecclésiastique aurait été imposée au Moyen Âge. Au passage, cette perspective a même été défendue dans des manuels de théologie antéconciliaire. En outre, les conciles de l’Antiquité tardive et du Haut Moyen-Âge affirment régulièrement l’obligation de continence à l’égard des prêtres. Une lecture des différents actes conciliaires serait éloquente.

La réflexion de notre lecteur:

 

Dire : « je ne crois pas que sous le pape François, il y aura un changement dans cette question du célibat » est une position faible et affaiblissante. Cela signifie qu’un autre pape, moins « conservateur », pourrait le faire.

Or les études les plus récentes (Cocchini, Stickler, Heid, Touze) montrent qu’il se pourrait bien que la règle de la continence ecclésiastique (et non du célibat) vient des Apôtres. Certes jusqu’au XIIe siècle on admettait des prêtres mariés, mais à la condition qu’avec leur épouse ils s’engagent à vivre « en frère et sœur ». Si l’on revenait donc à un clergé marié dans l’Église latine, serait-on prêt à rappeler cette règle de toujours ? On l’a oubliée parce qu’elle s’est fusionnée (et qu’on la confond de ce fait) avec le célibat, mais cela revient à « dresser une haie autour de la Torah », et non à supprimer la règle, qui reste donc une tradition, et une tradition sans doute apostolique, comme l’affirmait déjà le Concile d’Elvire (215), le premier texte qui en parle. Si au IIIe siècle on tient sans sourciller que c’est une règle apostolique, c’est que l’opinio juris qui précède le texte écrit est bien plus ancienne. C’est selon cette herméneutique de la continuité que l’Écriture elle-même doit être interprétée.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’à la même époque (XIIe s.), on revalorise le mariage comme sacrement et l’on décide de renoncer à un clergé marié (mais engagé à la continence) pour n’appeler aux Ordres que des candidats célibataires (et tenus à le rester), tandis que l’Orient dans le même temps (suite aux désordres des invasions arabes) aura renoncé et à cette règle de la continence qui était la leur aux origines, et à la règle de l’indissolubilité du mariage en admettant quoi qu’on en dise le divorce, contrairement à la parole expresse du Seigneur. Comme dirait le pape François, « Tout est lié ».

11 comments

  1. Le célibat, le mariage, la femme et le sexe ne font pas le prêtre, car la prêtrise est un don de Dieu qui n’a rien à voir avec les sentiments humains. Pourquoi les hommes ont tendance à s’enfermer dans des lois qui se retournent finalement contre eux, et ne savent plus quoi en faire? La prêtrise chrétienne est issue de la prêtrise juive où l’on demandait aux prêtres de se marier avec des femmes vierges ou avec des veuves; le prophète Ezéchiel précise que la veuve doit être seule d’un prêtre. Par ailleurs, les apôtres furent mariés: le mariage de Pierre est nommément cité dans le Nouveau Testament. La lettre à Diognète (2e siècle) précise que les chrétiens se mariaient comme tout le monde. Enfin, Jésus n’était pas un prêtre mais un laïc, car la prêtrise était héréditaire et ne concernait que la tribu de Lévi (Aaron en fut le premier); Jésus était de la tribu de Rois, tribu de Juda; le sacerdoce qu’on lui attribue est par analogie avec le sacerdoce du Roi Melchisédech. En 306 au Concile d’Elvire, il était demandé aux prêtres mariés de s’abstenir la veille de la célébration eucharistique; les messes n’étaient pas célébrées chaque jour; en 325 à Nicée, les pères conciliaires refusèrent d’imposer le célibat à tous les prêtres; c’est en avril 1139 au 2e concile du Latran que le célibat sera imposé au clergé sous Innocent II. Bref, en parlant du célibat, il faudra tenir compte des autres confessions chrétiennes où les prêtres sont mariés et qui célèbrent les mêmes mystères de la vie du Christ: sa vie, sa mort et sa résurrection. Leurs célébrations sont aussi valides que celles faites par les prêtres célibataires; un prêtre marié vaut un prêtre célibataire. Il ne faudra pas aussi en parler au hasard sans tenir compte de l’actualité marquée par l’immoralité ambiante au sein du clergé catholique. Être prêtre c’est être honnête avec soi-même, avec Dieu et avec le peuple de Dieu. Cela n’a rien à voir avec le célibat ni avec le mariage, mais avec la Foi. Si on ne croit pas, on peut être célibataire ou marié, mais on ne sera jamais un bon prêtre selon le cœur de Dieu: témoin du Christ dans le monde et dans les sociétés.

  2. oscar1948

    Le prêtre, représentant le seigneur Jésus doit vivre comme Notre-Seigneur a vécu. Devant l’avancée de Satan c’est-à-dire l’esprit du monde, nous assistons à une remise en cause de beaucoup de principes cardinaux en vue d’affaiblir le peuple de Dieu.

  3. Je suis toujours surpris que des commentateurs catholiques soient sectaires au point d’ignorer complètement les Écritures en se référant uniquement à la tradition ou à des spéculations plus ou moins sans fondement. Qui est votre maître et Seigneur, celui sur qui la foi chrétienne repose ??????

  4. Kevin

    Que les prêtres se marient !!! .. comme çà ils pourrons aussi divorcer …. comme trois couples sur cinq …
    Et se remarier … et faire des enfants de plusieurs lits … comme c’est la mode maintenant ! (Ils pourront aussi tant qu’à faire dire la messe et distribuer la communion ?!)

    Et pourquoi pas épouser le parrain d’un de ses fils … son « micheton », … comme a fait mon voisin en abandonnant sa femme et ses trois enfants !
    Ce « genre » de « couples » çà aussi c’est très « in » … on en voit autant que des champignons après la pluie ! La pub des médias et du gouvernement socialiste fonctionne à fond … pour le « bien » du « peuple » … vive la démocratie !
    Ils pourront en plus faire les « pédés » car il y a aussi des hommes mariés qui le sont.

    Messieurs les séminaristes, soyez des hommes car il y en aura de moins en moins, occupez vous de l’Amour du Christ et de son Eglise et d’instruire et défendre le peuple de Dieu. Si vous le faites correctement …. vous n’aurez pas le temps … de penser à autre chose ! ….

  5. « Vivre comme le Christ » est louable mais qui peut vraiment vivre comme Lui au regard de l’immoralité ambiante au sein du clergé catholique? Pourquoi c’est calme dans d’autres confessions chrétiennes: orthodoxes, protestants, anglicans, épiscopaliens…??? Saint Paul est réaliste sur l’imitation du Christ lorsqu’il déclare: « Je préfère que tout le monde soit comme moi (célibataire), mais si on n’est pas capable de l’être, vaut mieux se marier que de brûler… ». Ne cherchons pas ailleurs l’auteur du mal dont souffre l’Eglise catholique: cet auteur c’est l’Eglise catholique elle-même! Le charançon qui ronge le haricot se trouve à l’intérieur de la graine. Pourquoi accuser Satan, l’esprit du monde, les médias, les réseaux sociaux? Le monde a justement besoin de témoins du Christ qui attestent qu’il est vraiment vivant et qu’ils sont déjà eux-mêmes ressuscités avec lui par leur bon témoignage de vie. Dit-on que « les contemporains écoutent volontiers les témoins que le Maître ». Or, les prétendus témoins, prétendus représentants du Christ excellent dans l’immoralité: pédophilie, mariage pour tous au sein du clergé, détournement de fonds au Vatican, les coups bas au sein de l’épiscopat…Comment voulez-vous que le peuple de Dieu ne soit pas affaiblis? Rousseau disait dans  »Emile »:  »L’auteur du mal dont tu souffres c’est toi… ». Heureusement que l’Eglise chrétienne dans son ensemble est une œuvre divine, sinon elle serait morte depuis longtemps si ça ne dépendait que des hommes…

  6. Chantal

    Le Seigneur Jésus est le Premier Prêtre (La Cène)
    Jésus est Dieu infiniment parfait.

    Ne remettons pas tout en cause.

    Le repentir et la pureté acquis sont requis pour passer par « La Porte étroite » dont nous parle l’Evangile

  7. Pinier Françoise

    L’auteur de l’article a parfaitement raison d’affirmer que la continence ecclésiastique remonte très vraisemblablement aux temps apostoliques et qu’on en trouve de multiples témoignages dans les conciles et les écrits spirituels (contrairement à l’idée contraire, très répandue dans les médias.)

    Moi-même, j’avais eu la « puce à l’oreille » en tombant par hasard, dans les « Dialogues » de saint Grégoire, sur un passage où il loue un prêtre parce que ce dernier évitait même de rencontrer sa femme (chose qui lui était permise), de peur de chuter en tombant dans un mode de relation avec elle qui lui était défendu depuis son ordination.

    Le concile d’Elvire est effectivement (le premier texte dont nous disposions ?) très clair sur la question (et sur les sanctions destinées à éviter les abus et le relâchement en la matière). On lutta aussi plus tard contre l’usage des femmes « subintroductae » – sous-introduites -, c’est-à-dire, introduites officiellement dans la maison des clercs et y demeurant pour des tâches domestiques, mais dans la pratique introduites pour des causes moins avouables…

    Je viens de terminer quatre tomes d’une histoire ecclésiastique destinée à l’enseignement dans les séminaires français au XIXème siècle. Extrêmement nombreuses sont les mentions historiques de cette question de la règle de la continence (des évêques, prêtres, diacres et autres clercs), notamment dans les conciles et synodes. Ces réunions d’évêques essayaient de remédier aux abus qui s’étaient introduits dans le clergé à différentes époques, souvent du fait d’ailleurs du pouvoir politique, content d’avoir à disposition des prêtres peu vertueux, simoniaques et « mondains », plus facilement manipulables et plus facilement séparables du successeur de Pierre. (Comment ne pas penser à la révolution française qui s’est empressée d’abolir les voeux religieux et de pousser les prêtres à se marier ? Comment ne pas penser au développement foudroyant du mariage des prêtres – et des religieux – dans la mouvance luthérienne, encouragée par les princes allemands du XVIème siècle ?)

    Au Vème siècle, on peut citer par exemple le conciliabule de Barsumas, nestorien intrigant, qui, pour plaire au roi de Perse, et attirer des candidats, fit décréter qu’il serait désormais permis aux clercs, aux évêques et même aux patriarches de se marier et en donna l’exemple ! Barsumas fut excommunié par le métropolitain de Séleucie mais le métropolitain courageux sera martyrisé… Et Barsumas fera périr 7700 catholiques…

    Le conciliabule « in Trullo », sous l’instigation de Justinien II (VIIème siècle) autorisera le « mariage des prêtres » pour mieux subordonner la puissance spirituelle au pouvoir civil.

    L’hérésie des Nicolaïtes (du diacre Nicolas d’Antioche, – mentionné dans les Actes des Apôtres – dont la tradition dit qu’il a mal terminé) était considérée dans l’antiquité comme la première atteinte à la continence des clercs.
    Citons aussi Vigilance, hérétique gaulois, un prêtre qui condamnait le célibat ecclésiastique (Saint Jérôme luta contre cette hérésie.)
    Enfin, dans les textes anciens attestant la continence demandée aux prêtres (et aux autres clercs) à leur ordination, citons le concile de Nicée (325), et les décrétales de saint Sirice et de saint Léon…

    Mais la décadence des mœurs ecclésiastiques, dans des mesures et des régions variables, est non moins régulièrement avérée ,. Et de fait, l’être humain est pécheur… et la persistance dans le choix du don total au Christ demande un combat spirituel de tous les instants, impossible à mener avec tiédeur.
    Bref, sans le Feu (et la grâce) de l’Esprit-Saint, un tel choix est inexplicable et intenable. Mais avec lui, il met le feu au monde, comme le Christ l’a escompté… Le Feu de l’Amour divin…
    Voilà pourquoi le Mauvais a une telle rage contre la chasteté et la continence des prêtres.

    • sygiranus

      Merci de ce commentaire éclairé.
      Espérons qu’il coupera court aux vaines déclarations de certains qui ne voient que les apparences et choisissent dans celles-ci, celles qui confortent leur esprit de dénigrement pharisaïque.

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