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Si Andorre légalise l’avortement, son archevêque, coprince, abdiquera

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Le site hispanophone ReligionDigital annonçait lundi comme certaine l’abdication de l’archevêque d’Urgell, capitale d’Andorre, si la principauté devait légaliser l’avortement. Mgr Joan Enric Vives se refusera en tout état de cause à apposer sa signature sur une telle loi.

Andorre est un des derniers Etats d’Europe à ne pas avoir légalisé l’avortement, à l’instar de Malte ou de l’Etat du Vatican. Si ce pays possède un Parlement et élit son président, le pouvoir y est partagé historiquement entre deux coprinces, le président de la République française et l’archevêque d’Urgell, dont la signature est nécessaire pour la promulgation des lois.

Le 6 septembre dernier, le président andorran Antoni Marti a été reçu par le pape François où il a été question des « bonnes relations » entre les deux pays et, selon Religion Digital, il a déclaré à l’issue de la réunion le débat sur la loi d’avortement était désormais très avancé. Et que la loi soit votée l’an prochain.

Il est certain qu’à ce moment-là Mgr Vives abdiquera, et probable que sa charge reste alors « en suspens », affirme Religion Digital.

L’archevêque serait alors pressenti pour succéder au cardinal Sistach comme archevêque de Barcelone. Et le Vatican en profiterait pour reconnaître à Andorre le droit de voter ses lois en toute indépendance, ayant bien posé qu’aucun ecclésiastique ne puisse être accusé d’avoir avalisé l’avortement légal sous quelque forme que ce soit.

Resterait alors l’épineuse question du successeur de Mgr Vives. Il ne prendrait pas possession de son siège avant l’entrée en vigueur de la loi – mais reprendrait-il sa charge de coprince ? Les experts s’interrogent. Mais la réponse est simple : ce serait de toute façon une principauté de carton-pâte.

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Réseau Riposte catholique

 

 

7 comments

  1. Rajoy fait-il un bon calcul ? Je me trompe peut-être mais je suppose que les voix catholiques qui lui manqueront lors des prochaines élections ne seront pas compensées par les voix de la Gauche car celle-ci est viscéralement anti-chrétienne et le sectarisme de ces gens-là les empêchera toujours de voter pour la droite.
    Par ailleurs, la Droite qui, comme en France, est loin d’être chrétienne, suppute que les voix catholiques lui sont acquises de toute façon et donc qu’elle ne perdra aucune voix…
    J’ai l’impression qu’on tourne en rond et qu’il n’y a aucune issue à tout cela de mon point de vue.
    Une chose est sûre : les peuples ont les gouvernements qu’ils méritent puisque ce sont eux qui les élisent, et on sait que les peuples européens et américain sont très majoritairement hostiles à ce qu’enseigne l’Eglise dont son divin Fondateur a dit : » quand le Fils de l’homme reviendra sur Terre, trouvera-t-il encore la Foi ?  » Voilà où nous en sommes…

  2. Frère PIO

    A la lecture de cet article doit on conclure que le Pape est favorable à l’adoption de cette loi? « Et le Vatican en profiterait pour reconnaître à Andorre le droit de voter ses lois en toute indépendance, ayant bien posé qu’aucun ecclésiastique ne puisse être accusé d’avoir avalisé l’avortement légal sous quelque forme que ce soit. » Qu’est ce à dire? Qu’ils peuvent voter tranquillement leur loi sur l’avortement à partir du moment où le coprince (l’ARCHEVËQUE) n’est pas impliqué? C’est cela les bonnes relations?

  3. vindocinencis

    Andorre semble resté catholique (son hymne qui fait référence à Charlemagne luttant contre les Sarrasins, culte de la Sainte Vierge ND de Merixel).
    MAIS il n’y a plus de séminaire ( celui d’Urgel est supposé le remplacer), la pratique religieuse est faible.
    Ce morceau d’Europe :
    – N’appartient pas à l’Union Européenne,
    – N’est pas dans la zone euro
    Mais sa monnaie est l’euro…Il y a peu, il fut tancé par Bruxelles pour avoir voulu orner une pièce’ de monnaie de la Sainte Croix (un accord survint pour y mettre une église, élément simplement architectural comme chacun sait).
    La population est passée de 6000 (1950) à 82.000 (2010), tout immigré pouvant séjourner s’il y a un emploi. La construction d’une mosquée a récemment été refusée mais les femmes voilées sont nombreuses dans les rues (les mêmes le seraient aussi mais sans voile dans les boites de nuit…).
    L’économie y est relativement prospère : fiscalisation faible.

  4. Erick

    Je suis convaincu que le terme « abdication » est inapproprié concernant un ecclésiastique; En effet, l’abdication concerne un souverain (ou souveraine) se démettant de ses qualité et fonction de sa propre et seule autorité. Or, et a fortiori en ce qui concerne l’Eglise catholique, un évêque ou archevêque n’a pas d’enfant et, sauf cas rarissime et exceptionnel – comme une ordination après veuvage, par exemple, ne pourrait pas directement lui transmette sa charge.
    Il en est de même pour l’Eglise orthodoxe où, si le mariage est autorisé pour les simples popes, il n’est pas admis à partir du rang d’archevêque; ce qui explique pourquoi beaucoup d’entre ces derniers sont nommés parmi les moines.
    Même en prenant ce de figure cas dans une église protestante, puisque la filiation de sang est possible entre deux pasteurs, le successeur du démissionnaire (donc éventuellement son propre fils) ne pourra être désigné que par un collège de pasteurs.

    Ensuite l’évêque ou archevêque présente son souhait de renoncer à sa charge en vue de l’acceptation d’une autorité supérieure, me semble-‘il le Pape en personne. Des exemples contemporains sont connus de la notification d’un tel souhait suivi d’une demande faite, par le Pape, à l’intéressé de bien vouloir sursoir pour quelques mois à ne pas quitter sa charge, voire à l’acceptation de cette démission mais sous réserve d’assurer la charge d’administrateur apostolique dans l’attente de la désignation de son successeur. Je me demande d’ailleurs s’il ne conviendrait pas de plutôt parler de « renonciation » puisque si le prélat est allégé de sa charge, il conserve néanmoins son statut d’évêque en devenant alors évêque émérite.

    A cette occasion, je rappelle les rectifications de communiqués qui coururent dans la presse et sur la toile lors de départ de Sa Sainteté Benoît XVI lequel ne pouvant, et pour cause, attendre le moindre signe tangible de l’acceptation de sa décision par une autorité supérieure – puisque dans ce cas Dieu lui-même – établirent qu’il s’agissait d’une « renonciation » à sa charge de Primus inter Pares et non, en langue française, d’un abdication ou même d’une démission.

    Sinon en ce qui concerne la décision de Monseigneur Vives de renoncer à continuer d’assurer sa charge d’archevêque d’Urgell et de co-prince d’Andorre si venait à être adopter une loi y autorisant l’avortement, et en l’état actuel de nos informations, cette dernière décision me parait être en pleine conformité avec les préceptes du Nouveau Testament.

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