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Tribune – Ne jamais succomber aux rumeurs –

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Le 4 mars au matin, des hommes armés prenaient d’assaut la maison des Sœurs Missionnaires de la Charité d’Aden au Yémen. Après avoir tué le gardien, les assaillants massacrèrent quatre des cinq sœurs composant la communauté, et douze autres personnes. Le prêtre indien salésien, Thomas “Tom” Uzhunnalil, aumônier de la communauté, fut enlevé par les assaillants. Un mois plus tard, il nous faut admettre que l’on ignore toujours l’identité des assaillants dont aucun communiqué “revendiquant” l’enlèvement n’a été porté à la connaissance du public jusqu’au 29 mars. Autour du 20 mars, une rumeur affirmait que les ravisseurs allaient torturer, puis crucifier le Père Tom le Vendredi Saint. Elle fit le tour du monde et fut reprise par des médias “sérieux” et des blogues qui le sont moins, se recopiant les uns les autres… Je n’y ai jamais cru et je me suis abstenu de colporter de telles rumeurs sans fondement.

 

Comment le savais-je ? Tout simplement en faisant scrupuleusement mon métier de journaliste et en m’en tenant aux informations – ou à l’absence d’informations… – des parties prenantes dans cette affaire : les Salésiens de Rome ou de Bangalore, le vicariat apostolique pour l’Arabie méridionale – dont le siège est à Abu Dhabi et qui a juridiction sur le Yémen – et le gouvernement indien. Rien n’accréditait cette rumeur que je n’ai pas souhaité traiter sur L’Observatoire de la Christianophobie tout en répondant, à titre privé, à de nombreux courriels de lecteurs pour les inviter à la prière et… à la prudence.

Le Vendredi Saint arriva et passa sans que rien ne vienne confirmer la rumeur. De manière particulièrement imprudente, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, crut devoir annoncer, lors de son homélie de la Vigile de Pâques, que le Père Tom avait été crucifié… Repris par la télévision autrichienne, ces propos furent diffusés par la presse internationale. Il me fallut, de nouveau, répondre à de nombreux courriels et mettre en garde des blogues amis contre cette information. On vit même un blogue francophone, se prenant pour une agence de presse, annoncer le lundi 28 mars à 14 heures que le Père Tom avait été crucifié, puis, quatre heures plus tard, qu’il ne l’avait pas été… Nos savons dé­ sormais de source sûre, et depuis le 2 avril, que le Père Tom est vivant, et que sa libération peut être considéré comme « imminente » selon la Conférence des évêques catholiques de l’Inde. La leçon à tirer de cette affaire, c’est que les médias l’ont traitée avec une légèreté incroyable. Ce n’est pas notre manière de procéder à L’Observatoire de la Christianophobie et à Christianophobie Hebdo. Et je crois que nos lecteurs l’apprécient.

 

Daniel Hamiche

Source Christanophobie Hebdo.

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