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Il faut lire Richard Millet

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L’écrivain franco-libanais Richard Millet, déjà auteur chez Pierre-Guillaume de Roux éditeur de Fatigue du sens, couronné par le Prix des Impertinents 2011, sort ce mois-ci chez le même éditeur  trois nouveaux livres dont un récit « Intérieur avec deux femmes » (142 pages, 16,90€)  et deux essais, « De l’antiracisme comme terreur littéraire » (96 pages, 14,90€) et « Langue fantôme suivi de Éloge littéraire d’Anders Breivik » (120 pages, 16€). Ce dernier livre a déjà fait parlé de lui puisque Cultrebox de FranceTV écrit :

Le 24 août prochain, la justice norvégienne rendra son verdict dans le procès d’Anders Breivik, auteur, le 22 juillet 2011, de l’attentat à la bombe d’Oslo et de la tuerie sur l’île d’Utoya. Soixante-dix-sept personnes, principalement des adolescents, y avaient trouvé la mort. Au même moment, l ‘écrivain Richard Millet publiera un « Eloge littéraire d’Anders Breivik » (éditions Pierre-Guillaume de Roux). Un texte d’une vingtaine de pages où l’on peut lire, entre autres propos choquants: « dans cette décadence, Breivik est sans doute ce que méritait la Norvège ».

Fin août, l’écrivain – et éditeur chez Gallimard – Richard Millet publiera « Langue fantôme : essai sur la paupérisation de la langue » suivi d’un « Eloge littéraire d’Anders Breivik » (éditions Pierre-Guillaume de Roux).

Interrogé sur ce dernier titre ouvertement provocateur, Richard Millet nous a répondu qu’il était « ironique ». Le titre, peut-être. Le texte, lui, ne l’est guère.  Si l’auteur condamne « les actes » du tueur norvégien, « soldat perdu », selon lui, « d’une guerre qui ne dit pas son nom », il approuve ses combats contre l’immigration « extra-européenne » et contre la social-démocratie.

Peu connu du grand public, éditeur talentueux chez Gallimard, écrivain à l’écriture ciselée, défenseur de la langue et de la culture françaises, Richard Millet a participé à l’âge de 22 ans à la Guerre du Liban au sein des Phalanges chrétiennes. Son refus de l’immigration, son affirmation qu’il se sent de plus en plus étranger dans son propre pays, ont déclenché de violentes attaques contre lui, le petit monde parisien se lançant alors en meute contre cette nouvelle victime médiatique.

On comprend que Richard Millet, qui reste imperturbable, dénonce une nouvelle fois dans De l’antiracisme comme terreur littéraire  cette « nouvelle idéologie internationale » qui :

se signale en France par la dictature de nouveaux dévots dont le zèle inquisitorial, l’hypocrisie, la volonté de culpabilisation sont particulièrement à l’œuvre dans le milieu prétendu littéraire, où le faux règne en maître. L’écrivain qui s’aventure encore à nommer le réel et en appelle à l’intégrité de son être comme au génie chrétien de la nation, celui-là est non seulement traité de “réac” et de “facho”, suivant la typologie héritée de la Propagande communiste, mais il est surtout accusé de “racisme” ; criminalisation de la pensée, pour laquelle il encourt l’ostracisme, la censure, le tribunal » (extraite de la quatrième de couverture).

Au terme de ce petit livre, Richard Millet ne désarme pourtant pas :

Je ne puis baisser les armes. Des voix amicales me suggèrent de cesser de m’occuper des “problèmes de société”, et de voyager, d’écrire des romans. Ne serait-ce pas me muer en brebis ?

Le livre paraîtra le 22 août prochain ; sans aucun doute l’un des livres, sinon le livre de la rentrée.

 

3 comments

  1. michèle

    Merci Mr richard millet pour votre lucidité et votre courage car il en faut sacrément pour oser écrire ce que vous écrivez
    ncore Merci

  2. Nicéphore

    Richard Millet n’a rien d’un franco-libanais, c’est un corrézien de souche qui a passé son enfance au Liban.
    Je regrette que l’écriture de romans soit passée au second plan, « Ma Vie Parmi les Ombres » et « La Confession Négative » sont des chefs-d’oeuvre et Millet certainement le dernier écrivain classique de langue française. Dans ses essais « sociétaux », si le témoignage est intéressant, cet écrivain ne montre pas toujours une grande finesse. Et la manière dont est présenté son livre sur le norvégien, dans cet article, me laisse un peu mal à l’aise. Le mieux sera de juger du contenu après lecture, bien sûr.

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