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Le Livre des mérites de la vie

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Le 28 mai dernier, le pape Benoît XVI annonçait que sainte Hildegarde de Bingen serait proclamée Docteur de l’Église le 7 octobre prochain, faisant d’elle la quatrième femme à porter ce titre.

Née en 1098, retournée à Dieu en 1179, Hildegarde de Bingen fut une bénédictine mais aussi une mystique qui a laissé plusieurs ouvrages inspirés. Elle est également connue pour avoir composer plus de 70 chants liturgiques, mais peut-être plus encore pour ses conseils en matière de santé et d’alimentation.

Les éditions bénédictines viennent de publier en traduction française (depuis le latin) l’un des derniers ouvrages d’Hildegarde de Bingen qui manquait dans notre langue. Le Livre des mérites de la vie (Liber vitae meritorum) est constitué par un dialogue des vices et des vertus, symbolisant le moment de délibération où l’homme doit choisir entre le bien et le mal et, finalement, entre la foi ou le refus de Dieu. En voici un extrait :

Ici commence Le livre des mérites de la vie, écrit par une modeste personne grâce aux révélations apportées par la lumière vivante.
Voici ce qui arriva neuf ans après qu’une vision réelle se fut manifestée à moi, simple personne, par des visions réelles pour lesquelles je travaillais avec acharnement depuis dix ans, et ce au bout de la première année après que cette même vision m’avait montré, pour que je les déchiffre, les subtilités des différents types de créatures, des réponses et mises en garde concernant un grand nombre de personnes, tant modestes qu’illustres, ainsi que l’harmonie symphonique des révélations célestes, et aussi une langue inconnue, et enfin, des lettres et autres explications ; ces visions m’accablèrent de travail pendant huit ans, alors que j’étais atteinte de nombreuses maladies et infirmités physiques. Il me faut raconter ces visions. À l’âge de soixante ans, j’eus une vision puissante et merveilleuse pour laquelle j’ai travaillé plus de cinq ans. Donc, l’année de mes soixante et un ans, c’est-à-dire en l’an 1158 suivant l’Incarnation de notre Seigneur, alors que régnait la tension au sein du Siège Apostolique et que Frédéric Ier était empereur du Saint-Empire romain germanique, j’entendis une voix venue du ciel me dire : « Dès l’enfance, au moyen de visions réelles, tu as été instruite par l’Esprit du Seigneur, non pas physiquement, mais spirituellement ; à présent tu dois raconter ce que tu vois et entends. Puisque, dès tes premières visions, certaines te sont apparues telles du lait, et que d’autres t’ont été dévoilées telles une délicate et douce nourriture, pendant que d’autres encore se sont manifestées à toi telles une nourriture consistante et parfaite, par conséquent, témoignes-en, en te fiant à Moi et non à toi, et écris-les, en te fiant à Moi et non à toi. ».

Alors, je pris ma plume, comme peut en témoigner cet homme que, comme je l’ai déjà dit dans des visions précédentes, j’ai secrètement recherché et trouvé, et comme peut l’attester la jeune fille qui m’aide.

Alors, j’entendis à nouveau une voix venue du ciel qui m’a parlé et qui m’a enseigné ceci.

 Le Livre des mérites de la vie, Hildegarde de Bingen, traduction du latin par Lys-Marie Angibeaud, éditions Bénédictines, 288 pages, 28, 99€

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