rafael-gambra

Le Silence de Dieu

Download PDF

Pour la première fois en France, semble-t-il, vient d’être traduit un livre du philosophe espagnol Rafael Gambra (1920-2004), à l’initiative de l’équipe de la revue Catholica, menée de main de maître par Bernard Dumont. Il était prévu à l’origine aux éditions de L’Age d’Homme qui l’affichent toujours sur leur site

Ce livre, au titre sobre et puissant – Le Silence de Dieu –  (Artège, 142 pages, 14,90€) paraît d’ailleurs dans une collection des éditions Artège qui, sous le titre incolore de « Philosophie politique »,est tout simplement dirigée par Bernard Dumont, son fils Gilles et Christophe Reveillard. La ligne éditoriale de la collection est ainsi formulée :

« La philosophie politique nourrit la réflexion sur la manière d’assurer le bien commun. Du constat de la confusion entourant les principes et des conflits qui en résultent est né le besoin de clarifier les concepts et de provoquer de véritables débats de fond ».

Y aura-t-il débat de fond, comme l’attendent les directeurs de la collection ? Faisons confiance, à ce sujet, à l’expérience et aux habitudes du premier d’entre eux pour que, ici ou là, soient suscitées des rencontres et des échanges.

Ancien combattant de la Guerre civile espagnole, professeur de philosophie à l’université de Madrid, carliste et proche de Mgr Lefebvre, membre de la Cité catholique dans sa version hispanisante et de la revue Verbo qui lui est liée (d’une grande tenue intellectuelle) Rafael Gambra est notamment connu en Espagne pour ses livres, Breve historia de la Filosofía  et La historia de la filosofía en esquemas.

L’ouvrage que propose les éditions Artège est d’un abord plus facile pour le grand public bien que d’une argumentation très serrée. Écrit en 1967, il entre en discussion avec les intuitions d’auteurs contemporains (Saint-Exupéry, Ionesco, Kafka, Koestler) et offre une analyse de l’effondrement contemporain de la société à laquelle la philosophie classique serait capable de répondre et, au-delà, l’Église catholique.

Rafael Gambra, malgré le diagnostic sévère qu’il dresse de l’effondrement occidental, n’en estime pas moins qu’il serait dangereux de verser dans le désespoir :

« car l’eschatologie concrète fait partie des secrets de Dieu, et bien que nous devions admettre la possibilité de la fin du monde, et même les signes qui l’annoncent, nous n’avons pas à compter sur elle ni à la situer nécessairement à notre époque, étant donné que, créatures de Dieu, nous avons notre mission à remplir au temps qu’il nous a imparti dans sa souveraine liberté. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *