Chartreux

Les Chartreux

Download PDF

Je me demande si, en cette fin de semaine, nous ne pourrions pas prendre un peu de hauteur en mettant nos pas le temps d’une lecture dans ceux des chartreux. Je sais : l’ambition n’est pas mince tant les chartreux apparaissent comme les professionnels parmi les professionnels de la contemplation dans le cristallin de la plus pure solitude. Sans viser si haut, si grand et si parfait, un livre nous invite en tous les cas à emprunter les « chemins vers le silence intérieur ». Il s’agit là du sous-titre à un petit livre (110 pages, 10€, au format de poche, chez Parole et Silence) titré trop largement Les chartreux.

Deux parties dans ce livre, la première consacrée aux « difficultés de la contemplation » ; la seconde, aux « conditions de la contemplation ». L’auteur ? Non pas un, mais plusieurs, ce qui explique certainement le titre du livre. Et pas n’importe qui, mais les grands noms des spirituels de cet ordre aussi connu (de nom) qu’énigmatique, pour nous autres, hommes du XXIe siècle.

On y trouve, bien sûr, saint Bruno, à l’origine de cet ordre, mais aussi les Guigues I et II, Adam Scot (à ne pas confondre avec Duns Scot), Denys le Chartreux, le bien nommé ou plus près de nous François Pollien, décédé en 1936 ou Louis-Marie Baudin, qui retrouva Dieu et la paix éternelle dix ans avant le frère Pollien. Beaucoup d’autres encore dont une femme, Marguerite d’Oyngt, décédée en 1310 et les enigmatiques qui se cachent derrière l’appellation « un chartreux ».

Pas d’introduction dans ce livre, peu de notes (très peu, vraiment), une plongée directe, sans préparation, sans avertissement, dans les textes de ces grands spirituels qui avaient renoncé à tout pour s’enfouir dans le silence à la recherche de Dieu. Un exemple, tiré du célèbre Amour et silence :

 

Il faudrait consentir une bonne fois à être mis de côté, s’abandonner. Notre malheur ne tient qu’à un fil, et ce fil c’est nous qui le tenons : nous ne voulons pas nous lâcher. Céder à Dieu ce qu’il demande, totalement, radicalement, prononcer un Amen sans réserve, ce serait la délivrance.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *