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Cardinal Ratzinger, il n’y a qu’une Église du Christ

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Le 6 août 2000, le cardinal Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, publiait une déclaration retentissante qui mit en émoi le monde religieux et particulièrement protestant, sur  l’unicité et l’universalité salvatrice du Christ et de son Église. Dans cette déclaration, Dominus Jesus, le futur Benoît XVI rappelait qu’il n’y a qu’une seule Église et que les autres ne sont pas en pleine communion avec elle, ou ne sont à proprement parler « Église ». 

Le passage que nous reproduisons ici est un excellent remède aux dérives œcuméniques.

UNICITÉ ET UNITÉ DE L’ÉGLISE

  1. Le Seigneur Jésus, unique sauveur, n’a pas simplement établi une communauté de disciples mais il a constitué l’Église comme mystère de salut : il est luimême dans l’Église et l’Église est en lui (cf. Jn 15,1ss. ; Ga 3,28 ; Ep 4,1516 ; Ac 9,5) ; c’est pourquoi la plénitude du mystère salvifique du Christ appartient aussi à l’Église, inséparablement unie à son Seigneur. La présence et l’œuvre de salut de JésusChrist continuent en effet dans l’Église et à travers l’Église (cf. Col 1,2427),47 qui est son Corps (cf. 1 Co 12,1213.27 ; Col 1,18).48 Et comme la tête et les membres d’un corps vivant sont inséparables mais distincts, le Christ et l’Église ne peuvent être ni confondus ni séparés et forment un seul « Christ total ».49 Cette nonséparation est aussi exprimée dans le Nouveau Testament par l’analogie de l’Église comme Épouse du Christ (cf. 2 Co 11,2 ; Ep 5,2529 ; Ap 21,2.9).50

Par conséquent, compte tenu de l’unicité et de l’universalité de la médiation salvifique de JésusChrist, on doit croire fermement comme vérité de foi catholique en l’unicité de l’Église fondée par le Christ. Tout comme il existe un seul Christ, il n’a qu’un seul Corps, une seule Épouse : une « seule et unique Église catholique et apostolique ».51 De plus, les promesses du Seigneur de ne jamais abandonner son Église (cf. Mt 16,18 ; 28,20) et de la guider par son Esprit (cf. Jn 16,13) impliquent, selon la foi catholique, que l’unicité et l’unité, comme tout ce qui appartient à l’intégrité de l’Église, ne feront jamais défaut.52

Les fidèles sont tenus de professer qu’il existe une continuité historique — fondée sur la succession apostolique53 — entre l’Église instituée par le Christ et l’Église catholique : « C’est là l’unique Église du Christ […] que notre sauveur, après sa résurrection, remit à Pierre pour qu’il en soit le pasteur (cf. Jn 21,17), qu’il lui confia, à lui et aux autres apôtres, pour la répandre et la diriger (cf. Mt 28,18ss.), et dont il a fait pour toujours la “colonne et le fondement de la vérité” (1 Tm 3,15). Cette Église comme société constituée et organisée en ce monde, c’est dans l’Église catholique qu’elle se trouve [subsistit in], gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques qui sont en communion avec lui ».54 Par l’expression subsistit in, le Concile Vatican II a voulu proclamer deux affirmations doctrinales : d’une part, que malgré les divisions entre chrétiens, l’Église du Christ continue à exister en plénitude dans la seule Église catholique ; d’autre part, « que des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsistent hors de ses structures »,55 c’estàdire dans les Églises et Communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l’Église catholique.56 Mais il faut affirmer de ces dernières que leur « force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Église catholique ».57

  1. Il existe donc un’unique Église du Christ, qui subsiste dans l’Église catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques en communion avec lui.58 Les Églises qui, quoique sans communion parfaite avec l’Église catholique, lui restent cependant unies par des liens très étroits comme la succession apostolique et l’Eucharistie valide, sont de véritables Églises particulières.59 Par conséquent, l’Église du Christ est présente et agissante dans ces Églises, malgré l’absence de la pleine communion avec l’Église catholique, provoquée par leur nonacceptation de la doctrine catholique du Primat, que l’Évêque de Rome, d’une façon objective, possède et exerce sur toute l’Église conformément à la volonté divine.60

En revanche, les Communautés ecclésiales qui n’ont pas conservé l’épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique,61 ne sont pas des Églises au sens propre ; toutefois, les baptisés de ces Communautés sont incorporés au Christ par le baptême et se trouvent donc dans une certaine communion bien qu’imparfaite avec l’Église.62 Le baptême en effet tend en soi à l’acquisition de la plénitude de la vie du Christ, par la totale profession de foi, l’Eucharistie et la pleine communion dans l’Église.63

« Aussi n’estil pas permis aux fidèles d’imaginer que l’Église du Christ soit simplement un ensemble — divisé certes, mais conservant encore quelque unité — d’Églises et de Communautés ecclésiales ; et ils n’ont pas le droit de tenir que cette Église du Christ ne subsiste plus nulle part aujourd’hui de sorte qu’il faille la tenir seulement pour une fin à rechercher par toutes les Églises en commun ».64 En effet, « les éléments de cette Église déjà donnée existent, unis dans toute leur plénitude, dans l’Église catholique et, sans cette plénitude, dans les autres Communautés ».65 « En conséquence, ces Églises et Communautés séparées, bien que nous les croyions souffrir de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L’Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d’elles comme de moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Église catholique ».66

Le manque d’unité entre les chrétiens est certes une blessure pour l’Église, non pas comme privation de son unité, mais « en tant qu’obstacle pour la réalisation pleine de son universalité dans l’histoire ».67

15 comments

  1. merci à notre si cher Benoit XVI d’avoir parlé si clairement lorsqu’il n’était encore que le Cardinal Ratzinger, et d’avoir toujours cherché à annoncer la Vérité toute entière lorsqu’il était le Pape… Nous avons grand besoin, aujourd’hui, plus que jamais qu’on nous parle dans notre Eglise simplement et sans équivoque, et qu’on ne nous fasse plus de ces homélies sans consistance, qui sont un méli-mélo de bons sentiments dit dans un flou qui se voudrait artistique…

  2. Erasmusminor

    Ratzinger n’a jamais été un grand théologien – un besogneux professeur tout au plus compilant sans grande inspiration des éléments mal compris – et là, il est encore plus mauvais que d’habitude ! Super…

    • toto

      Tout le monde sait que les seuls « théologiens » valables sont Luther et Calvin. Luther qui disait que faire de la théologie était une infamie, car il était blasphématoire d’essayer de comprendre Dieu. Jusqu’au jour ou Mélanchthon (alias Philipp Schwarzert) lui fit remarquer que sans théologie, point d’église et que s’il voulait « réformer » l’église il fallait la remplacer par « son » église avec « sa » théologie: d’où fondation en catastrophe de facultés de théologie luthériennes dont les efforts principaux furent de contester la théologie de saint Thomas. On voit les résultats: jamais l’Eglise catholique n’a été aussi corrompue par les erreurs protestantes que depuis Vatican II. Et jamais elle n’a été aussi mal en point.
      Je suppose qu’en 2017, Luther sera porté aux nues. Mohammed nous mettra tous d’accord d’ici là, probablement.

    • yr

      Qui êtes vous pour juger l’érudition et la qualité du Pape émérite ? Vous êtes bien le premier que je lis qui le discrédite et le qualifie de professeur besogneux, tout le monde dans l’Eglise catholique lui reconnaît sa grande érudition et ses compétences.
      Oubliez vous que Jean Paul II l’a attaché à son service ?
      Plus de 30 années au Vatican il va de soi que ce n’est pas parce qu’il était un petit professeur besogneux qu’il a été appelé au service de cet autre grand pape, il professait depuis longtemps déjà en Allemagne !
      Benoit XVI est assurément un grand théologien et l’histoire de l’Eglise lui reconnaîtra cette qualité.

  3. coeurunis

    Comment un texte aussi fondamental rédigé par la Congrégation de la doctrine de la Foi en 2000 peut-il être mis autant aux oubliettes et contredit, aujourd’hui ?
    Car l’unité des chrétiens, objectif numéro 1, semble vouloir se faire par des synthèses doctrinales qui n’excluent personne, qui ne froissent personne et qui ne sont plus basées sur la Vérité mais sur un consensus neutre et insipide.
    Le but recherché n’est plus la Vérité selon Jésus Christ, mais la réussite de  » l’unité » à n’importe quel prix! L’Église risque d’y perdre son âme.
    « Quel dommage!  » dirait le Curé d’Ars!

  4. Daniel chaudron

    « Les fidèles sont tenus de professer », « on doit croire fermement comme vérité de foi catholique ».
    Ces rappels avaient du bruit dans le Landerneau œcuménique (notamment chez les protestants).
    Fini le relativisme, fini le subjectivisme, fini la récré!!

  5. karr

    Nous ne remercierons jamais assez la divine Providence de nous avoir accordé un tel Pape,cette déclaration est claire,il y a quelques décennies elle n’aurait pas même été nécessaire,pourquoi avoir éprouvé le besoin de remettre cela en doute?
    L’Eglise Catholique Romaine est pleinement l’Eglise fondée par notre Seigneur Jésus Christ,une,sainte,catholique et apostolique.Elle est pleinement le Corps Mystique du Christ Sauveur.
    Cela ne signifie pas que nous devions rejeter nos frères séparés,bien au contraire le dialogue entre l’Eglise Romaine et ces Communautés ecclésiales doit être maintenu si nous souhaitons véritablement en toute charité et fraternité l’unité des chrétiens puis de tous les hommes que Jésus est venu sauver en une seule et même Eglise .
    Je ne vois pas ou le problème peut se poser,il y a toujours des esprits chagrins qui cherchent des problèmes ou il n’y en a pas,ces cinquante dernières années nous avons pu voir ou cela nous a mené!

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  7. L’Église est une et pourtant depuis le règne de Paul VI l’Église semble condamner l’Église. Elle condamne un missel édité par un pape.

    Il y en a même, des théologiens catholiques du XXe siècle qui ont condamné doctrinalement les prières éditées par saint Pie V !

    Par exemple ici:

    « Les formules employées s’appliquent à un sacrifice, elle parlent d’hostie immaculée, de calice du salut, de sacrifice, etc. Or, l’hostie immaculée, c’est Jésus, ce n’est pas le pain que nous présentons sur l’autel en vue du sacrifice. »

    Il est toujours problématique de critiquer un texte comme s’il avait été écrit pas un demeuré, surtout si un pape l’a édité et que des générations et des générations de théologiens n’y ont pas vu malice. Il faudrait croire qu’au XXe siècle un théologien favorable à Paul VI découvre l’évidence… du caractère idiot de la prière éditée par saint Pie V.

    Cette critique découvre que des théologiens méprisaient les prières éditées par saint Pie V et qu’ils furent enthousiastes des prières de Paul VI.

    Ne parlons pas de l’architecture, de la décoration des églises, de l’orientation des autels qui semblent condamner la pratique immémoriale ou en tous cas très ancienne de l’Église et des papes.

    Alors l’Église est-elle unique dans le temps ? Ou y a-t-il eu schisme ? Y a-t-il deux Églises se succédant ?

    Il faudra tout de même répondre à cette question un jour. On ne s’en tirera pas en faisant des comparaisons en disant par exemple: de même que saint Pie V… de même Paul VI…, car les prières et la liturgie approuvées par un pape sont inérrantes et autorisent en conséquence les fidèles à les prononcer et à les vivre. D’autre part, saint Pie V fut historiquement le premier pape éditeur et, dans cet acte d’édition, il engageait son infaillibilité valable, hier, aujourd’hui et demain.

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  9. Erasmusminor. Comment pouvez vous affirmer que Benoist XVI n’est pas un théologien? Je pense contrairement à vous qu’il l’a été et( l’est toujours d’ailleurs) qu’il l’était avant d’être Pape puisqu’il rédigeait les textes de Jean-Paul II.
    Vous faites du « mauvais esprit » et vous manquez cruellement de bon sens et de charité, les chrétiens qui vous lisent et n’ont pas vos connaissances critiques et votre « haut niveau intellectuel » peuvent prendre votre commentaire comme « parole d’évangile »… je vous laisse, avec votre liberté personnelle, réfléchir sur le bien fondé de votre prose.
    Je suis plutôt le chrétien catholique qui réunit, qui ouvre les bras à ses frères afin qu’ils retrouvent le chemin du Christ miséricordieux, qui communient dans le même amour fraternel, dans la même Foi.
    Ne soyez pas aigri cela vous ronge et vous empêche d’être heureux. Nous avons tellement de points communs comme chrétiens surtout face à des sectes mortifères à qui nous devons affirmer notre force et pas nos divisions…

  10. Jean

    Une seule Église du Christ signifie Église chrétienne, c’est-à-dire communauté de celles et ceux qui ont adhéré au Christ. Voilà tout! Cela ne veut dire  »Église catholique ». Jésus n’a pas laissé les étiquettes  »catholiques »;  »protestants »;  »anglicans »,  »orthodoxes », etc. Bref, il n’ y a qu’une seule Église, c’est l’Église chrétienne.

    • Oui Jean vous avez raison un seul DIEU, un seul Jésus-Christ fils de DIeu sur terre, Nous devons nous réunir pour augmenter notre foi commune. Plus de division entre les chrétiens et ce sera notre unité qui fera reculer la montée de l’islam et sa domination sur tout le monde occidental.

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