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La désinformation est à l’œuvre dans l’affaire des 796 bébés inhumés sans sépulture

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L’épiscopat irlandais a accueilli la tempête médiatique avec beaucoup de prudence. Les révélations autour des conditions de décès et d’inhumation de 796 bébés dans un couvent-orphelinat des Sœurs du Bon Secours à Tuam, en Irlande, ont beaucoup choqué la société irlandaise. Craignant que cette nouvelle affaire ne soit qu’un nouveau prétexte pour s’attaquer à l’Eglise catholique qui en Irlande – déjà très affectée par les affaires de pédophilie, réelles ou supposées – les évêques irlandais ont répondu avec beaucoup de mesure. Jouant la transparence, les archevêques de Tuam et Dublin ont annoncé leur intention de collecter toutes les données possédées par leurs diocèses au sujet des couvents où venaient accoucher les filles mères, en butte à l’opprobre de la société.

Néanmoins, il appert que la presse à scandale, trop contente de tenir un scoop, s’est efforcée de tordre les propos d’une historienne locale pour faire d’une triste mais banale histoire un scandale abominable. Le chiffre de ces 796 bébés est considérable, mais il faut le rapporter sur les nombreuses décennies au cours desquelles les Sœurs du Bon Secours ont tenu leur établissement, le mettre en lien avec le sous-financement des orphelinats, la pauvreté générale de l’Irlande avant les années 1960, les mauvaises conditions d’hygiène tenant davantage à des méthodes défectueuses qu’à la bonne volonté des religieuses, qui étaient d’ailleurs elles-mêmes fort jeunes. En bref, le taux de mortalité de l’orphelinat de Tuam n’a rien de choquant si on le compare à celui des maternités publiques, par exemple.

Concernant l’inhumation, l’idée – avancée sans rougir par les médias – de bonnes sœurs jetant avec mépris des cadavres de bébés dans une fosse septique n’a aucun fondement et est profondément révoltante. Les bébés n’ont naturellement pas été enterrés dans une fosse septique, mais dans une fosse commune. Le procédé est des plus communs, surtout dans les périodes de fort dénuement ou d’épidémie. Enfin, un responsable de la communication de l’Eglise catholique d’Irlande a indiqué que les bébés avaient été recouverts d’un linceul, ce qui démontre bien qu’ils ont reçu un service funéraire adéquat.

Quant à eux, les évêques ont réclamé que les enfants puissent être identifiés autant que possibles, qu’ils soient enterrés avec davantage d’égards, et que la liste de leurs noms soit inscrite, afin qu’on ne les oublie pas et qu’on prie pour eux.

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