danielange

L’adresse du Père Daniel-Ange aux évêques

Download PDF

Le père Daniel-Ange, prêtre, professeur réputé de théologie, et déjà auteur l’année dernière d’un formidable « coup de gueule » au sujet de la théorie du genre, vient de publier une tribune adressée aux évêques de France, que nous relayons :

Nous, pasteurs, prêtres, évêques, petits bergers d’un peuple confié à nos cœurs de pères, serons-nous interpellés par les questions que nous pose paisiblement et non sans humour, cette nouvelle génération baptismale ?

Étrange  : Vous ne cessez de pousser vos fidèles à s’engager résolument en politique, à être actifs dans la société, à s’immerger dans les combats du monde, à s’investir dans la construction d’un monde plus juste et fraternel, à se responsabiliser dans l’actualité [1].

Et voici des jeunes adultes par centaines de mille, prenant à bras le corps les conséquences d’un projet prométhéen de révolutionner l’humanité, allant jusqu’à se présenter aux élections secouant le monde politique. Et devant une réponse aussi massive à vos appels, vous n’en exulteriez pas de reconnaissance ?

Vous ne cessez de lancer des appels — parfois désespérés — aux jeunes, à leur créativité, générosité, dévouement.
Et voilà des jeunes par milliers se donnant sans compter, se dévouant jour et nuit, ne calculant ni leur temps, ni leurs forces, ni leurs sous [2]. Et vous feriez la fine bouche ? « Ah  ! mais ce n’est pas à ce genre de jeunes et d’actions que nous pensions.  »

Vous ne cessez d’appeler à évangéliser tous azimuts, de crier l’Évangile par la parole et par l’action.
Et voici la plus fantastique des évangélisations. L’Évangile de la vie, de l’amour, de la famille, et de leur indicible beauté, clamé à tout vent, répercuté dans les grands médias, posant la question à une multitude. Et vous vous posez toutes sortes de questions sur leurs motivations, leur financement, leurs intentions…

Vous ne cessez de nous pousser à sortir de nos chapelles et cocons douillets, pour partir vers les banlieues de l’Église.
Et voici un gigantesque courant débordant de loin l’Église, mobilisant des gens qui ne mettent jamais les pieds dans une église et, à travers les mass-media, réveillant le simple bon sens humain d’une multitude de non-croyants. Et au lieu d’en exulter, vous semblez vous inquiéter de ces débordements incontrôlables.

Vous nous exhortez inlassablement à nous ouvrir aux pauvres, marginaux, faibles, vulnérables.
Et voici tout un peuple qui a compris que les plus pauvres, faibles, vulnérables, sont les tout-petits à qui la vie est arrachée, les enfants qu’on déstabilise et scandalise en les a- ou dé-sexualisant. Et qui sont prêts à se battre pour les protéger, les sauver.
Et vos cœurs paternels n’en seraient pas émus ?

Vous nous exhortez à nous insurger contre la violence, la torture, l’injustice, l’intolérance.
Et voilà tout un peuple qui se lève pour défendre l’enfant contre des adoptions dé-structurantes, des éducations sexuelles violant leur innocence, des théories falsifiant leur intelligence, des adultes abusant de leur confiance, brisant leur bon sens, torturant leur conscience.
Et aussi, pour sauver tant de petits de la première des tortures, des injustices, exclusions et des violences  : la pré-natale.
Comment n’en bondissez-vous pas de fierté ?

Vous ne cessez de nous ouvrir à l’œcuménisme, au dialogue interreligieux.
Et voici des baptisés, orthodoxes, protestants, évangéliques, anglicans, et catholiques se serrant les coudes, en une formidable fraternité dans les mêmes comités, groupes, réseaux et jusque sur places et boulevards. Et de plus, des juifs, des musulmans, qui s’y joignent en nombre. Tous soudés pour une même et unique cause.
Et vous semblez indifférents !

Vous nous incitez à respecter les sciences humaines, à nous en inspirer. Et voici nos psys, scientifiques, médecins, de tous bords, de tous pays qui s’érigent contre une opération de sabotage de l’humanité en tant que telle et qui courageusement se mouillent pour soutenir un même combat pour la Vie !
Comme vous devriez en être heureux !

Vous nous encouragez à nous investir dans le social. Mais nous vous posons la question : qu’y a-t-il de plus social que de préserver la société en tant que telle de la désespérance meurtrière, engendrée par les attaques incessantes contre la vie, minant de l’intérieur le sens même de l’existence ?
A quoi cela sert-il de travailler à la promotion matérielle d’une société, si l’on y encourage le suicide jusqu’à l’assister, même pour les enfants ?
A quoi cela rime-t-il d’œuvrer à la paix entre les peuples, si dans ces mêmes peuples, on laisse faire la première des guerres, celle des plus forts contre les plus sans-défense, les plus innocents qui soient ? Pourquoi supprimer la peine de mort et l’introduire dans nos hôpitaux et maisons de retraite ? Pourquoi donc se dévouer et pacifier une société, si tout est fait pour engendrer des psycho-pathologies sociales, une société d’une violence inouïe, parce qu’on aura détruit systématiquement depuis l’enfance, tous ses repères et balises ? Parce que les enfants qu’on pervertit aujourd’hui seront les dépravés de demain qui n’auront d’autres cris pour dire qu’ils existent, que la violence.
Et vous n’en seriez pas débordants de reconnaissance au Seigneur ?

Vous nous suppliez de soutenir massivement l’Union européenne.
Et voilà tout un peuple qui justement, veut sauver l’Europe de cette idéologie libertaire et liberticide qui est la destruction par déstructuration systématique des valeurs même qui l’ont fait exister. Qui veut lui rendre ces racines chrétiennes sans lesquelles elle n’existerait même pas. Qui veut lui insuffler un idéal, un souffle, sans lesquels, elle agonise. Surtout, qui veut rendre à cette vieille dame « fatiguée de vivre, qui semble donner congé à l’histoire  » (Benoît XVI), tout simplement le sens de la vie à recevoir et à transmettre, qui veut la sauver de cet hiver démographique virant vite à l’enfer économique, à force de berceaux changés en tombeaux, faisant de l’Union Européenne un paquebot coulant sous la ligne de flottaison, à pic, pendant qu’on boit du champagne sur le pont.
Voilà donc un peuple qui se lève précisément pour sauver la société de demain, c’est-à-dire nos futurs enfants et petits-enfants.
Se lever ainsi pour défendre le plus petit et le plus faible, n’est-ce pas en vérité : l’humanitaire à son maximum, le social au top, l’évangélisation en sa fine pointe, la générosité n° 1 ? D’un mot : la charité à son sommet.

Mes si chers pasteurs, que voulez-vous donc ? Nous réalisons vos appels, vos désirs, vos rêves dans tous ces différents domaines. Magnifiquement. Généreusement. Mais, évidemment, de manière non attendue, non prévue, non programmée, non calculée. Donc déroutante, dérangeante, déstabilisante. (Mais notre Pape ne vient-il pas de demander aux fidèles de déranger leurs pasteurs ?)
Mais franchement, que faut-il de plus pour vous faire danser avec nous, avec nous descendre dans la rue, rire et pleurer avec nous, être persécutés et triompher avec nous ?

Quand nous jouons de nos guitares, nous n’entendons pas — ou si peu — vos chants  ! Quand nous sanglotons sur tant d’aberrations, nous ne voyons pas — ou si rarement — couler vos larmes  ! Vos larmes de pères, de pasteurs, au moins de frères et d’amis. « Où sont vos larmes ? » demandait notre pape François à ses prêtres de Rome.
Quand nous étions — innocents — molestés, en garde à vue ou en prison — et que le monde s’en alarmait, quand êtes-vous venus nous visiter, nous réconforter, simplement nous aimer, d’un mot, prendre la défense de ceux qui sont vos enfants, même un peu terribles et troublions. Mais n’est-ce pas le propre de cette jeunesse que vous dites aimer ?
Où donc étiez-vous quand votre peuple battait le pavé pour simplement sauver l’Homme ? Nous vous attendions. Nous vous cherchions. Nous avions tant besoin de votre présence. Car votre présence, mais ça compte beaucoup pour nous ! Et quel réconfort quand certains se manifestaient, courageux bergers voulant « sentir l’odeur de leurs brebis  » (Pape François)

Ne manquez pas le rendez-vous de notre génération [3]. Ne passez pas votre chemin sans nous voir.

Pasteurs si chers, cette souffrance des tout-petits de votre peuple, de leurs parents horrifiés, l’entendez-vous parmi tant d’autres cris et larmes, dont vous vous faites par ailleurs si bien l’écho ? Une parole forte, intransigeante, unanime de la part de l’épiscopat pourrait réconforter, encourager tous ceux qui luttent désespérément contre cette hydre tentaculaire et planétaire en train de noyauter les mondes de la politique et de l’éducation. D’autant plus que réagir sans tarder peut encore éviter le pire  : l’extension annoncée à toute l’Éducation nationale pour septembre. Après, il sera trop tard. On se mordra les doigts, d’avoir été lâche, quand on pouvait encore crier.

Les différentes Conférences épiscopales se prononcent les unes après les autres. Pourquoi la nôtre serait-elle à la traîne, alors que les ravages sont déjà patents chez nous ?

Pourquoi auriez-vous moins de courage que tant de nos maires revendiquant l’objection de conscience par rapport au mariage gay, certains étant prêts même à la prison ? Quels exemples ! Silence rime-t-il avec connivences et timidité avec lâcheté ?
Entendrez-vous les appels qui vous sont de partout lancés ?

Nicolas qui, du fond de sa prison lance à tous  :
« […] Depuis ma cellule de Fleury-Mérogis, j’ai pu mesurer l’ampleur incroyable des réactions de soutien  : des milliers de lettres, une chaîne ininterrompue de solidarité et de prières. Si c’était à refaire  ? Je ne renierais rien de ce combat qui garde tout son sens. Plus que jamais, nous avons à affirmer qu’aucun enfant, né ou à naître, n’est destiné à devenir un bien de consommation. Quand un enfant grandit privé d’emblée d’un père ou d’une mère, faut-il juger anodin ce déni de ses origines ? Quand une future mère signe un contrat pour abandonner l’enfant qu’elle porte, faut-il se réjouir du succès de la transaction ? Quand plus de 600 enfants sont légalement tués dans le ventre de leur mère chaque jour en France, faut-il se féliciter de l’efficacité de nos hôpitaux ?

Nous ne pouvons pas rester les bras croisés devant la violence de ces situations qui portent atteinte à la dignité humaine. Soyons créatifs, ayons l’audace d’inventer de nouveaux modes d’action. Ne soyons ni des indignés frileux ni des rentiers du ressentiment  ! Osons aller à contre-courant. Dans une société égalitariste où chacun exige toujours davantage de droits sur mesure, il est urgent de réaffirmer la primauté du bien commun. Nous le devons aux générations futures.  » Nicolas Bernard-Buss, Étudiant et prisonnier politique [4]  »

Notes

[1] Innombrables documents. Encore le 3.10.11, la CEF  : «  Les catholiques n’entendent pas être des citoyens interdits de parole dans la société démocratique. En exprimant ce qu’ils pensent, ils ne vont pas à l’encontre de l’intelligence et de la liberté de jugement de ceux qui ne partagent pas leur foi  ».

[2] Par exemple  : pour la pétition des 700 000 au CESE, 3 semaines de travail non stop. Ou les Veilleurs « gaspillent  » des heures précieuses même en période d’examens, parfois relayés par parents et grands-parents.

[3] «  L’Église de France traîne une mauvaise conscience. Elle regrette d’avoir « perdu » la classe ouvrière au cours du XXe siècle… Mais aujourd’hui, elle pourrait bien avoir perdu sa propre jeunesse  ! La cécité d’une partie des évêques à ne pas lire ce que leur vocabulaire appelle pourtant les « signes des temps » est accablante. Depuis des mois, en effet, des catholiques de base, jeunes ou vieux, essentiellement des familles, se sont mobilisés, par centaines de milliers face à des évolutions de société voulues par le pouvoir socialiste. Cependant, certains prélats, et non des moindres, font mine de ne pas voir ce mouvement… Une partie des évêques a certes compris et accompagné cette indignation massive en encourageant ouvertement la résistance, et en allant même manifester en personne. Mais une autre, dont l’actuelle direction de l’épiscopat français, est restée sur la réserve. En considérant que l’enjeu — la survie ou la disparition de la cellule familiale composée d’un homme et d’une femme et de ses enfants — ne valait pas ce dérangement. Certains évêques, plutôt bienveillants pour le gouvernement socialiste, ne voulaient pas gêner son action, considérant la question du mariage homosexuel comme un débat de société mineur. Seul problème  : en composant avec le politiquement correct, ces évêques perdent leur crédit chez une partie des catholiques, surtout chez les jeunes, qui, loin d’être « réacs » sont devenus d’authentiques « rebelles ». Des insoumis « intérieurs » qui n’entrent dans aucune catégorie politique, encore moins celles de l’extrême droite. Mais qui comprennent mal pourquoi la hiérarchie catholique est si réticente à s’engager franchement sur les grands sujets de société. (…) La jeune génération des catholiques français a inventé de nouveaux moyens de mobilisation, aiguillonnée par un gouvernement qui a commis l’erreur d’enfiler des gants de boxe pour lutter contre un judoka  : en clouant violemment au sol ces jeunes cathos, il a éveillé en eux une conscience citoyenne.  » Jean-Marie Guennois, « Cathos et rebelles », in Figaro Magazine, 18.04.14.

[4] Agenda 2014, Éd. Terra Mare, p. 97 et suivantes

19 comments

  1. Petit

    Une petite correction : le P. Daniel-Ange n’est pas dominicain.
    Merci de nous partager ce message extraordinaire de ce prêtre au coeur de feu !

  2. Courivaud

    Excellente réaction.

    Nous comptons sur « riposte catholique » d’adresser sobrement ce texte à :

    – La Croix, organe officieux des « évêques de France »
    – la Porte Latine
    – le « Rouge et le Noir », Infos médias actualités » (à moins que ceux-ci l’aient déjà réceptionné et diffusé)

    …. et à l’ambassade du Saint-Siège en France (mais peut-être le RP Daniel-Ange l’a-t-il déjà fait)

    Merci pour ce Dominicain, merci pour « Riposte catholique » qui a « réceptionné » et diffusé ce texte sur son site

  3. Jean-Pierre Delmau

    Comment remercier le Père Daniel-Ange de cette supplique ? Comment la relayer dans nos paroisses ?
    Mais lorsqu’on prétend que 70% du clergé catholique est socialiste, faut-il s’étonner d’un silence et d’une inertie, qui n’est alors que cohérente ?
    Et s’agissant du soutien ouvertement demandé à l’Union européenne, le jour n’est plus loin où le scandale de son objectif (la disparition progressive de la démocratie au profit d’un gouvernement mondial) jettera un froid, puis la panique. David Rockefeller, grand manitou de la finance mondiale et des coulisses de l’UE, a déclaré devant de Groupe de Bilderberg le 5 mars 2005 en Allemagne : « Le monde… est mieux préparé pour progresser (sic) vers un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et des banquiers du monde est sûrement préférable à l’autodétermination nationale ayant eu cours aux siècles passés… » Il avait déjà dit en février 1999 dans un article de Newsweek : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire ».
    L’Eglise est-elle bien prudente de cautionner de tels projets ?

  4. Romanos

    Du TRÈS GRAND « Daniel-Ange ». Un écrit prophétique admirable qui fera date.
    Tout est dit sur la couardise de présumés pasteurs, dérangés par la force tranquille et le courage de certains de leurs diocésains ! (cf. Comme pouvait l’être les dirigeants des grandes centrales syndicales qui n’avaient rien vu venir en 1968 !).
    Remarquons qu’au Proche-Orient, les chrétiens vivent, au mieux, dans un « état de dhimmitude subie ». En France, paradoxe tout à fait remarquable, l’Eglise, et d’abord son clergé, ont fait le choix de vivre dans un « état de dhimmitude librement consenti », choix le plus souvent imposé à leurs fidèles (jamais consultés), au motif qu’il ne faut pas « faire de vagues » et risquer de contrarier le pouvoir athée en place dans toutes ses composantes : culturelles / éducatives / médiatiques / sociales / économiques et, bien entendu, politiques.
    Ici, il est clair que « MISSION rime avec DÉMISSION. En conséquence, les églises se vident. « Ils ont des yeux et pourtant ils ne voient pas ! » « Ils ont des oreilles et pourtant ils n’entendent pas ! » … .
    Au fait, pour combien de hiérarques le port de la « Légion d’Honneur » à la boutonnière (cf. Un hochet athée, avec 5 branches, pour ne pas être assimilé à une décoration d’inspiration chrétienne, sur instruction personnelle de Bonaparte) ne prime-t-il pas sur celui de la croix pectorale de leur charge épiscopale ? Y répondre serait tout bonnement accablant, les prémisses de l’apostasie étant déjà bien présentes. Hélas

  5. BRAVO BRAVO BRAVO ! Pas un mot n est a enlever de ce texte.Ces paroles devraient etre envoyees a tous les journeaux magazines et chaines de televisions.Ne perdons pas espoir.L esperance est une vertu.La VERITE triomphera.

  6. Puyg

    Bravo Père Daniel Ange , que vos jeunes de votre œuvre Jeunesse Lumière a Pratlong puissent prendre le relais de vos paroles lors de leur semaines d’évangélisation au contact des habitants des villes et villages visites pour que la Vérité éclate aux yeux de tous
    Bravo pour l’essaimage de votre école d’évangélisation qui voit des filles s’ouvrir .

  7. PAGUE Jean

    Bonsoir,

    On aime bien ce genre de papier qui rompt d’avec le discours humaniste et solidaire qui est le nouvel Evangile. Le père Daniel-Ange laisse entendre que l’Eglise couvre de son attentisme les dérives dites « sociétales ». Selon lui, l’Eglise ne rue pas assez dans les brancards. Ne gueule pas assez fort contre les forces de subversion.
    Ce n’est pas le style de la maison, mon père. L’Eglise de France est légaliste. Elle est toujours du côté du manche, quelque soit le pouvoir en place puisque, on le sait, « tout pouvoir vient de Dieu ». Une formule pratique qui a couvert bien des compromissions au fil des siècles. Le souci constant de l’Eglise est de paraître en phase avec l’idéologie du moment et non de se voir accusée de vouloir restaurer l’ordre moral, bref de pencher à droite. Cette « mauvaise conscience » que pointe le père Daniel-Ange que l’Eglise traîne comme sa casserole maréchaliste.
    Autres temps, autres mœurs. Aujourd’hui, il faut le dire, c’est la presse catho qui donne l’air et la partition aux évêques et non l’inverse, comme autrefois. Du temps où La Croix portait sa croix, quand La Vie s’illustrait catholique.
    Il faut nuancer un chouia. On se rappelle que Mgr Vingt-Trois, cardinal-archevêque, s’était personnellement impliqué dans cette affaire contre le projet gouvernemental du « mariage pour tous » et ses vices associés, PMA, GPA… D’autres prélats aussi. Toute l’Eglise, quoi. Mais pas sa presse qui fit entendre plusieurs sons de cloche moins rigoristes.

    Et maintenant ? « On » attend des événements. « On » attend de voir si la mobilisation contre cette chienlit libertaire, héritière de l’autre, se confirmera comme une émanation populaire (au sens politique) de la France profonde, la France des clochers et des mairies du terroir, et non comme la manifestation des « forces obscures » (suivez son regard) que dénonçât Manuel Valls soucieux de complaire à l’aile gauche de son parti. Oui, politique, car désormais c’est le politique qui définit ce qui est moral et salutaire pour l’âme du bon peuple qu’on n’ose plus dire chrétien.

    Il est bien de se faire le héraut d’une jeunesse qui s’enthousiasme (de theos : dieu) ou s’ « indigne » avec le vent qui passe. Pour le pape, pour une rock-star, pour n’importe quoi. Est-ce qu’une manif – politiquement mal identifiée – fait reculer un gouvernement atteint d’égalitarite ? Plus sûrement, une politique de gribouille, de mauvais sondages, un ras-le-bol général, à quoi est venue s’ajouter l’hostilité inattendue de six ou sept millions de musulmans qu’on dit « modérés ». Une communauté que n’emballent pas les fantaisies « progressistes » de mesdames Taubira, Belkacem, Filippetti et autres féministes de choc. Une pression qui ne manquera pas de s’affirmer dans l’avenir. Pour la liberté ou son déclin à l’ombre des minarets.

  8. jpr

    Merci, Père Daniel-Ange, de tenter de réveiller de leur torpeur (et de leurs peurs) tant de ceux qui devraient être des pasteurs en première ligne pour défendre leurs brebis et qui ne font que hurler avec les loups, plus soucieux de leur propre image dans les médias et de ne pas paraître rétrogrades que de proclamer la Vérité à temps et à contre-temps.

  9. France

    Je contresigne!
    Merci, au Père Daniel-Ange d’avoir si bien exprimé ce que pensent nombre de catholiques désespérés par le silence assourdissant de trop nombreux clercs dont on se demande, s’ils ne mettraient pas leurs croyances politiques au-dessus de leur foi tant ils entendent sans entendre. Les croyants sincères, eux, sont blessés de ce que le Christ et la Parole soient si rarement et si mollement défendus par ceux-là même qui sont supposés être les successeurs des Apôtres. Ayant fait le constat de l’abandon de leurs « pasteurs » – pas tous Dieu merci !- , nombre de ces croyants convaincus ont perdu confiance en l’Eglise et sont devenus ce qui est dénommé par ceux-ci, des « non-pratiquants » ; mais, pour autant, ils n’ont perdu la foi. D’autres, nombreux, en lien spirituel avec Rome, et en lien direct avec des membres du clergé séculier ou non, travaillent assidument à refonder, chacun selon ses compétences, une France catholique.
    Réjouissons-nous !
    Dieu bénisse le Père Daniel-Ange, ceux des Evêques qui osent le Christ et tous ces obscurs catholiques qui œuvrent pour leur foi!
    Le Père sera-t-il enfin entendu de ceux à qui il s’adresse?…
    Du moins, il le sera de beaucoup de laïcs. Et Dieu fera le reste !

  10. Nous devons nous battre sur tous les fronts, c’est ce que fait le Père Daniel depuis des lustres, je prie pour que des hommes et des femmes se lèvent et s’unissent pour témoigner de la Force de nos convictions de défense de la Vie selon les principes évangéliques qui nous mènent à un véritable amour des autres de Dieu et de toute la création : Créer, Créateur et créature. Cela amènera un retournement, mais trop sont encore assis dans leurs petites certitudes et confort intellectuel. La Vie spirituelle suppose de se bouger, de marcher, et d’aller de l’avant. Certains (sinon beaucoup sont encore statiques).

  11. zézé

    Merci mon Père de cette « adresse »… Vous avez dit ce que nombre de personnes ont pensé et écrit sur différents sites, le peu de regard de ces prélats vers ceux qu’ils envoient « au front ».

  12. Michel Cliche

    Un très beau texte dixit : «On se mordra les doigts, d’avoir été lâche, quand on pouvait encore crier. »

    En manipulant la vraie définition de l’Amour sur le droit à la vie pour ensuite la déformer, et en tolérant même les erreurs des uns et autres religions, on finit même par les cautionner…

    Prions avec le chapelet et montrons notre foi, car c’est important de porter la Croix selon les Évangiles…

  13. toubib16

    Je m’empresse de faire suivre cette admonestation à mon « évêque » F.M Mgr Dagens d’Angoulême.
    En effet, pour lui, nous défenseurs du mariage traditionnel et de la famille qui descendons dans la rue, nous sommes des « catholiques intransigeants ».
    Par ailleurs, il a écrit que « nous n’avions pas le même Dieu ».
    Cela me rassure d’un côté d’avoir confirmation que je n’ai pas le même Dieu que lui.

  14. Françoise Pinier

    Le texte du Père Daniel-Ange est parfait et mériterait d’être médité longuement.

    Quant à moi, je ne ressens malheureusement plus l’espérance qui l’anime (encore ?) par rapport à nos évêques pris globalement. Je me demande s’il fait semblant d’être naïf…
    Pleine d’amertume, je pense à cette parole du Seigneur « Est-il un des prophètes que vos pères n’aient pas persécuté ? »
    Oh ! Je ne vise même pas par là des hérésiarques et autres brebis broutant sur des terres peu orthodoxes, non ! Je pense par exemple à des personnes comme (sainte) Jeanne d’Arc, (saint) Louis-Marie Grignon de Montfort, (saint) Pio de Pietrelcina, sans même parler de Mélanie Calvat, la voyante de Notre-Dame de la Salette, calomniée, incomprise et rejetée par l’épiscopat français de son temps jusqu’à nos jours… et des centaines d’autres serviteurs du Christ. Que de prophètes Dieu n’envoie-t-il pas, dans sa miséricorde, pour « ouvrir les yeux des aveugles » !… Chacun a sa grâce propre pour nous toucher. Si peu sont écoutés… Au mieux, on essaie de les acheter avec des honneurs et on ne retient de leur message que le strict minimum.

    N’admettrait-on que les « prophètes » qui disent que tout est parfait dans le meilleur des mondes et qu’aucune conversion n’est nécessaire pour être sauvé ? Ce serait contredire le Christ lui-même qui affirme « Si vous ne vous convertissez pas, il vous arrivera pire encore. » Et dans l’Ancien Testament : « Les faux prophètes disent « Paix Paix ! » mais il n’y a pas de paix. »

    La persécution (le mot n’est pas trop fort) dont est victime l’admirable (et incontestablement fervent) Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, désormais réduit au silence par absence de ministère confirme mon propos. Pourtant ce n’est pas quelqu’un qui vide les églises et fait fuir les baptisés ou les chercheurs de Dieu !

    Il est vrai qu’à l’époque de Jésus aussi, les maîtres en religion et autres scribes et théologiens (sans même parler de la caste sacerdotale, peu portée sur la spiritualité, puisqu’elle ne croyait qu’à la vie terrestre) ont été les derniers à se convertir… quand ils se sont convertis. « Je Te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux savants, et de l’avoir révélé aux tout-petits »

    Cela n’empêche pas mon espérance pour la société où nous sommes. L’Esprit-Saint agit manifestement à travers tous ceux qui se lèvent de plus en plus en « témoins », en martyrs… Mais qu’on attende surtout pas de voir les évêques à notre tête pour suivre le Christ ! Beaucoup d’épiscopes semblent ici appliquer à la lettre cette parole du pape François disant que l’évêque suit son troupeau !!! Et plaise à Dieu que ce soit le troupeau du Christ qu’ils suivent et non la majorité électorale mondaine !
    On trouvera sans doute mes propos irrespectueux. Mais c’est en conscience que je parle et « Dieu ne fait pas acception des personnes ». Au contraire « les puissants seront jugés puissamment » est-il écrit. Les évêques de Jésus-Christ auront à rendre compte des âmes qui se seront perdues par leur faute, dans la mesure où ils n’auront pas accompli leur devoir d’état. Ils auront à rendre compte du Sang de Jésus-Christ.

    « Des chiens muets incapables d’aboyer » disait sainte Catherine de Sienne.

  15. Rovillain

    Le père Daniel Ange a du courage car il est tellement plus facile d’aller dans le sens du vent .Je suis infirmière et j’ai passé ma vie à me battre et cela me fatigue alors je les comprends . Notre témoignage de croyant est un combat et il n’est jamais fini mais avec Jésus ,la victoire est remporté .
    Nos prêtres ne veulent pas déplaire , ils ont peur , s’attiédissent , pensent qu’ils vont juger les hommes alors que c’ est les actes que l’on désapprouve mais que l’homme peut toujours être pardonné par Dieu.
    Ce manque de courage entraine un départ de nos églises là où la parole évangélisatrice manque au nom du copain copain -rien n’est grave ,tout est permis ,la société l’a dit …
    il faut prier pour nos prêtres qui ont donné leur vie à Jésus et demander à Marie de les aider à accueillir la vie comme elle l’a fait ,sans peur et avec l’Esprit Saint .
    Quand je pense que dans nos diocèses la « pastorale familiale » privilégie le choix à l’avortement (alors que les femmes n’ont aucune autre alternative devant l’IVG médicamenteuse rapide) plutôt que d’accepter de s’associer pour aider les femmes enceintes en difficulté .
    Nos prêtres sont proches des manifs syndicales mais pas de ceux qui respectent la vie , ce sont des hommes ,qu’il faut accueillir comme cela . Dieu seul les jugera et il les aime quand même .
    La bataille est dure ,elle porte et portera des fruits que nous ne verrons peut être pas A LA GRACE DE DIEU !

  16. Pingback: Le coup de gueule du père Daniel-Ange aux évêques | "La voix de Dieu" Magazine -

  17. Pingback: Le berger fuit lorsqu’il se tait | Riposte-catholique

  18. CEDRIC

    je ne remercie pas le Père Daniel-Ange pour ce plaidoyer qui prouve une fois de plus que les hommes qui sont grands aux yeux des autres hommes, sont bien petits aux yeux de Dieu : comment peut-on à ce point louper le Christ ? Il suffit pourtant de lire l’Evangile, d’avoir des oreilles pour sa parole et ce qui nous est rapporté de sa vie : lui qui vivait sous l’occupation romaine, il ne s’est pas préoccupé de politique, il n’est venu qu’annoncer l’Evangile de Dieu, c’est tout. Mais il est certain qu’il est moins exigeant de s’engager dans la société que de nous aimer les uns les autres, d’aimer nos ennemis et de faire la vérité. Le Christ l’a dit : mon royaume n’est pas de la terre, alors, tournons-nous vers lui qui est la Vérité et vivons dès maintenant pour l’éternité comme il l’a fait lui-même. Tout ce que nous faisons qu’il n’a pas fait lui-même, est de trop, un signe de la confusion dans laquelle nous sommes et de notre éloignement de Dieu : tout ce que nous faisons qu’il a lui-même fait, cela seul vaudra pour l’éternité et apportera la joie à nos frères.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *